Lundi 25 mai s'ouvre la 9ème édition desAssises Internationales du Roman, à Lyon et en Région Rhône-Alpes, conçues et organisées depuis 2007 par la Villa Gillet et Le Monde, en partenariat avec France Inter et en co-réalisation avec Les Subsistances.Chaque année, elles réunissent aux Subsistances des écrivains, journalistes, artistes, chercheurs, scientifiques et penseurs du monde entier, pendant une semaine. En offrant de croiser les regards, les débats, tables rondes et entretiens auxquels ils prennent part proposent un éclairage original sur des questions littéraires mais aussi plus largement sur des enjeux de société.LesAssises Internationales du Roman sont un lieu de création littéraire et l’occasion de mettre en œuvre sur toute l’année des projets en collaboration avec des publics scolaires et universitaires, mais aussi avec les librairies et les bibliothèques partenaires dont certaines accueillent des rencontres avec des auteurs. Le Monde des Livres poursuit avec enthousiasme en 2015 l’aventure des Assises Internationales du Roman , initiée il y a 9 ans par Le Monde et la Villa Gillet. Ces Assises correspondent parfaitement au souci du Monde d’orchestrer la rencontre entre romanciers et lecteurs et d’inscrire la littérature à même la vie.Depuis plus de quarante ans, le supplément littéraire du Monde tente d’embrasser le plus largement possible la diversité de la production éditoriale, aussi bien pour la littérature française et étrangère que pour les essais et les documents. Il fait ses choix en toute indépendance, avec la volonté de fournir à « l’honnête homme » une information fiable. Un parti pris d’exigence et de qualité, mais aussi de plaisir, sans cesse animé par le désir d’éclairer.

Subsistances AIR 2014
Subsistances AIR 2014 © Assises Internationales du Roman

Quelques rencontres

" Enracinée dans la tradition de son île natale de Shikoku et en même temps nourrie de littérature et de philosophie occidentales, puisant dans la vie de son auteur tout en se trouvant tournée vers la fiction, la fable, le mythe, l’oeuvre de Kenzaburô Ôé témoigne de l’existence d’un Japon méconnu : celui des marges, de la périphérie, celui des exclus et des révoltés, en lutte avec le pouvoir au nom des valeurs politiques et morales de la démocratie. Longue méditation sur les catastrophes individuelles et collectives auxquelles l’humanité se trouve confrontée, et qui ont notamment pour nom Hiroshima ou Fukushima, son oeuvre a fait de Ôé l’un des plus grands romanciers de son pays mais également l’une des principales consciences de notre temps. "Philippe ForestKenzaburô Ôé fait partie d’une génération d’écrivains fortement marqués par la guerre. Engagé dans le combat antinucléaire, fervent militant pour la démocratie, il déclare, en recevant le Prix Nobel de littérature en 1994, qu’il écrit « sur la dignité des êtres humains ». DansL’Écrivain par lui-même , l’auteur nous propose une traversée sensible de son oeuvre, dont les thèmes font écho aux différentes étapes de sa vie : l’enfance à la campagne, la maladie de son fils et ses combats politiques.Philippe Forest enseigne la littérature française et a commencé sa carrière d’écrivain avecL’Enfant éternel (Gallimard), prix Femina du Premier Roman 1997. Ont suivi plusieurs romans, souvent marqués par le thème de la perte d’un enfant. L’Enfant fossile , inspiré par le squelette d’un Néandertalien, poursuit cette réflexion : en faisant le lien entre passé et présent, l’auteur interroge la disparition et la fugacité de nos existences.

De nombreux romanciers américains de la jeune génération mettent en scène des personnages aux contours incertains. Tiraillés entre des injonctions sociales, personnelles et amoureuses parfois contradictoires, ces personnages se cherchent, hésitent et flottent entre différentes identités. Ce trouble identitaire est-il le miroir d’une société américaine hétérogène, en quête de repères ? Comment garder l’irrésolution comme possibilité de définition de soi ?Avec Nickolas Butler,David Samuels etAdelle WaldmanRetour à Little Wing , prix Page / America 2014, est le premier roman deNickolas Butler. D’une touche délicate et précise, presque musicale, l’auteur fait des grandes étendues du Midwest la toile de fond d’une réflexion sur l’amitié, l’amour et le passage du temps. Soumis au rythme des saisons, quatre jeunes trentenaires se retrouvent à l’heure des bilans, de la nostalgie et du doute, après avoir choisi des parcours singulièrement différents, tout en restant unis par leur attachement indéfectible à leur ville natale.David Samuelsest journaliste et écrivain, éditeur du Harper’s Magazine et contributeur duNew Yorker et de The Atlantic . Figure incontournable du journalisme littéraire américain, il est l’auteur de deux livres. Le plus récent, Mentir à perdre haleine , reconstitue l’épopée fascinante de James Hogue, qui a réussi à infiltrer Princeton et le prestigieux Ivy club, confrérie élitiste de l’université.À travers les interviews de ceux qui ont été séduits par la personnalité pétillante de cet escroc, l’auteur dresse le portrait fascinant d’un homme sans identité.Reporter et chroniqueuse, Adelle Waldman publie un premier roman très remarqué : La Vie amoureuse de Nathaniel P. , qui décrit avec finesse et ironie les errances de son personnage principal. Nate Piven, écrivain en vogue évoluant au sein de l’élite littéraire de Brooklyn, est aussi un jeune amant grisé de son succès auprès des femmes. Dans cette comédie de moeurs aiguisée, l’auteure compose avec brio le portrait d’un mâle moderne imparfait et narcissique, à la vie amoureuse agitée.

Laclasse.com est l’Espace numérique de travail des collèges du Rhône et de la Métropole de Lyon.Le Centre Erasme, laboratoire des usages numériques de la Métropole de Lyon, accueille des artistes au sein des Classes culturelles numériques, permettant à tous les établissements du territoire de mener un projet en ligne à travers des rencontres en classe.À l’occasion de la 7e édition des AIR , Maylis de Kerangal, les équipes d’Erasme et de la Villa Gillet ont imaginé un jeu littéraire collaboratif inspiré de l’écriture des cadavres exquis des surréalistes. L’aventure littéraire s’est poursuivie en 2014 avec Léonora Miano.Cette année, 260 collégiens (4e, 3e et 3e professionnelle) écrivent 11 nouvelles avec Joy Sorman, auteure en résidence sur laclasse.com .Tous les élèves participants se retrouvent aux Subsistances pour parler de cette aventure sous forme de jeux littéraires et pour fêter l’édition des nouvelles écrites ensemble. Quelles aventures les collégiens auront-ils réservées au personnage principal de cette histoire ? Jusqu’où poursuivra t-il la filature, commencée à l’intérieur d’un bus, des six femmes surgies d’on ne sait où ?

Dans la continuité de la journée d’étude qui aura lieu à la Villa Gillet le 27 mai 2015, les équipes MARGE, Costech, Cemtiet EnsadLaborganisent une soirée de performances qui viennent illustrer les liens entre les diverses formes de littérature numérique et une présence scénique. Images, voix, musiques et corps sont convoqués pour incarner une littérature « contextuelle », hors du livre.Au programme :François Bon & Dominique Pifarély pour Fictions du corpsJerome Fletcher & Adam Loveday-Edwards pour The Cussive VoiceLucile Haute & Alexandra Saemmer (Collectif Hyperfiction.org) pour Conduit d’aérationAlexandra Saemmer pour Böhmische DörferLucile Haute pour Image fantômeSerge Bouchardon & Pierre Fourny pour La Séparation

Que faire lorsque les rêves de révolution sont rattrapés par le réel ? Comment raconter les lendemains de la révolte, lorsque le rêve laisse place à la désillusion et à l’ordinaire ? Trois auteurs écrivent sur ce passage difficile de l’illusion révolutionnaire au désenchantement de la démocratie. Que reste-il alors des slogans et des utopies ? Entre le rationnel et le subjectif, quel regard porte l’écrivain sur l’histoire de la révolte ? La littérature peut-elle transcender le quotidien banal du temps post-révolutionnaire ?Avec Geneviève Brisac , Lídia Jorge etDana SpiottaGeneviève Brisac est l’auteure d’une oeuvre considérable, très souvent récompensée. Son dernier roman, Dans les yeux des autres, s’intéresse au Paris mouvementé des années 70 à travers l’histoire de deux soeurs révoltées, n’ayant pas du tout la même vision de l’engagement. Déroulant sur vingt ans une histoire qui les mènera jusqu’au Mexique, Geneviève Brisac nous parle de rébellion, de désir, de désillusion, d’amour et de rancoeur dans ce roman incroyablement vivant et sensible.Depuis Le Rivage des Murmures (Métailié, 1989), sur la guerre coloniale en Afrique, Lídia Jorge a écrit une dizaine de romans. Le dernier, Les Mémorables, met en scène une jeune journaliste préparant un documentaire sur la révolution des OEillets de 1974, qui revisite l’illusion révolutionnaire mais également ses désillusions. Entre grande histoire et intrigue personnelle, l’auteure offre un roman poétique sur la politique et sur les utopies démocratiques d’une époque désormais révolue.Romancière, lauréate de plusieurs distinctions dont la célèbre bourse de la fondation Guggenheim, Dana Spiotta raconte, dans Eat the document , le parcours, depuis les années 70, de Mary Whittaker, militante opposée à la guerre du Vietnam qui a dû changer d’identité. Dana Spiotta écrit le roman symphonique d’une Amérique passée en trente ans d’un idéalisme fervent au cynisme le plus affiché, brossant un subtil et puissant tableau du déclin de tous les radicalismes.

Arthur H tombe dans la musique à l’âge de 16 ans lorsqu’il part l’étudier à l’Université de Boston. Il pratique une chanson française contemporaine tout aussi atmosphérique que concrète, aussi dansante que méditative, qui peut utiliser autant l’électro que la valse. « Personne ne peut damer le pion à Renart, Renart dore la pilule à tout le monde, Renart enjôle, Renart cajole, Renart n’est pas un modèle à suivre. »Le Roman de Renart

Que peuvent l’art et la littérature face au « scandale de la vérité » ? Quelles réponses et quels recours peuvent-ils offrir à ce qui perturbe ou dépasse nos capacités d’entendement ? Erri de Luca etFrédéric Boyeront tous deux, par une pratique assidue et inventive, interrogé la réalité langagière et littéraire des textes sacrés ; tous deux ont mis en évidence leur vigueur et leur puissance d’ébranlement à l’égard de nos certitudes.Écrivain, essayiste et traducteur, auteur d’une trentaine de livres,Frédéric Boyer a notamment coordonné la Nouvelle Traduction de la Bible (Bayard, 2001). Son oeuvre associe l’écriture personnelle à la relecture et la traduction de grands textes anciens. Dans Rappeler Roland (P.O.L, 2013), Frédéric Boyer interrogeait la déformation de la célèbre légende médiévale au fil des siècles et rappelait sa modernité. Il vient de proposer une nouvelle traduction et adaptation du Kâmasûtra , un rendez-vous étonnant avec la grammaire du désir, qui nous plonge aujourd’hui dans la mélancolie d’un monde perdu ou impossible.Engagé à l’extrême gauche de l’échiquier politique, ouvrier tardivement devenu écrivain, poète et traducteur, Erri de Luca est une voix généreuse, profondément sincère et spirituelle de la littérature italienne. Il vient de terminer la traduction du Livre d’Esther et puise dans la lecture des textes sacrés une véritable source d’émotions et une nourriture pour la pensée. Le Tort du soldat juxtapose deux récits : celui du narrateur, travaillant à une traduction du yiddish ; et celui qu’un vieux criminel de guerre fait à sa fille, à la table voisine. Un texte bref et percutant, qui donne à penser la mémoire complexe des grandes tragédies du XXe siècle.

Passé le temps des grandes révolutions, deux écrivains laissent la parole à une génération désabusée, dépeignant avec cynisme et humour la réalité d’un monde qui a perdu ses grandes espérances. De l’Italie berlusconienne aux coulisses des bas-fonds du rock’n’roll parisien, ces héros déchus et inconstants dérivent au gré des foules et de l’atmosphère des rues. Entre révoltes mélancoliques et asphyxie du sens de l’existence, qu’en est-il des buts que nous tentons de donner à notre quotidien ?Spécialiste du libertinage, Filippo d’Angelo a enseigné la littérature française. Son premier roman, La Fin de l’autre monde , dresse le procès de l’Italie berlusconienne. Témoin écoeuré du naufrage de sa génération, le personnage de Ludovico flirte dangereusement avec l’alcoolisme. Ce jeune trentenaire brillant et désabusé, fils d’une bonne famille, ne s’épanouit que dans la relation ambiguë qu’il mène avec sa soeur. Avec acuité et ironie, Filippo d’Angelo décrit les désillusions du temps présent dans une Italie en pleine déliquescence.Auteure de nombreux romans, Virginie Despente est aussi scénariste et réalisatrice de deux films. Son essai King Kong Théorie (Grasset, 2006) a marqué la littérature féministe. Elle vient de publier Vernon Subutex , premier tome d’une trilogie romanesque, mettant en scène un homme dont la vie bascule lorsque son ami rock star meurt dans sa chambre d’hôtel. Virginie Despentes compose le portrait dérangeant d’une communauté parisienne en mal de repères, dans une société post-rock désenchantée.Retrouvez l'intégralité de la programmation de AIR ici

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