Le célèbre poète et critique littéraire syrien était invité dans Boomerang. Pour sa carte blanche, au micro d'Augustin Trapenard, Ali Ahmed Saïd a choisi de lire un poème qu'il dédie à Apollinaire et à son amour pour la poésie.

"Les bras de l'éphémère" : le poète Adonis rend hommage à Apollinaire et à la poésie
"Les bras de l'éphémère" : le poète Adonis rend hommage à Apollinaire et à la poésie © Getty / Cavan Images

Le célèbre poète et critique littéraire syrien Ali Ahmed Saïd est venu se confier au micro d'Augustin Trapenard, à l'occasion de la sortie, prochaine, de son nouveau livre Adoniada (Seuil). Un récit intime qui prend la forme d'un long poème épique. Il est venu raconter sa première rencontre avec la poésie, comment celle-ci l'a forgé et façonné, tant cette passion incarne en lui une force de création perpétuelle, une force de préservation des vertus de l'humanité ; la meilleure des façons, à ses yeux, pour nourrir éternellement, des rapports uniques entre les mots et les hommes, pour inspirer aussi de nouvelles visions du monde, de l'espérance, de la lumière contre les ferments obscurantistes du présent, pour faire face aux blessures de la vie. 

Le poète a profité de sa carte blanche pour rendre hommage à la poésie et à l'un des plus grands poètes français, en lisant un poème qu'il a écrit à l'occasion du 100e anniversaire de Alcools (1913), un recueil de poèmes signé Guillaume Apollinaire, en 1913. Un poème qui parle du visible et de l'invisible mais aussi de l'éphémère.

"Les bras de l'éphémère"

"Un jour, en lisant Alcools, il m'est venu à l'esprit de demander au vent : 'pourrais-je en toi éprouver mes passions ?' C'était au café dans un ancien quartier de Damas en 1954, et je me préparais à faire mon service militaire. 

Subitement, il m'a semblé qu'Apollinaire me parlait et faisait voler en éclats l'appel à la prière du couchant : 

Il n'y a pas de dés dans les mains de l'Invisible. Tous les dés sont dans les mains de la Terre, me disait-il.

Ce sont les jeteurs de dés qui, dans l'antre des désirs, abolissent le corps de l'instant.

Le ciel est l'arbre le plus haut des forêts de la violence.

Mais les mots ne donnent pleine mesure qu'aux tempêtes.

Apollinaire, je te transmets le salut de ce café et celui de ce vieil arbre qui l'embrassait.

L'arbre expliquait le vent, l'ombre et les passants, sauf quand un enfant venait s'asseoir près de lui. À ce moment-là, l'arbre commençait à prophétiser car l'éternel Apollinaire ne se réveille vraiment que dans les bras de l'éphémère". 

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"Les bras de l'éphémère" : le poète Adonis rend hommage à Apollinaire et à la poésie

Par Adonis
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