Séverine, "L'équipage"
Séverine, "L'équipage" © Radio France / S Lavoué

Des hommes et des femmes nous regardent. Cadrés à la taille, leur visage se détache d’un fond noir.

Stéphane Lavoué travaille l’image en accentuant la densité, en donnant à sa photo un côté sombre. Ses photos rappellent la peinture, parfois même, dans le mouvement d’une écharpe blanche ou la texture de la peau, on devine un écho à la peinture flamande.

Jeunes, vieux, femmes et hommes, un chien dans les bras quelquefois, ces visages sont souvent marqués par le vent, le soleil, la pluie ou l’alcool. Ce sont des bretons, des bigoudens, dans le Sud Ouest du Finistère, photographiés dans des bars de la commune de Penmarch, au Sud-Ouest de Quimper (C’est la région d’origine de la compagne du photographe). Elle et lui, amoureux de cette région, ont voulu faire connaître ces bigoudens qui confessent pour leur lieu de vie, un goût quasi inexplicable.

Stéphane Lavoué leur demande de nous regarder et Catherine Legall leur donne la parole. On se promène avec un casque sur les oreilles et un ipod entre les mains, en allant d’un portrait à un autre. Expérience inédite que des visages à qui l’on donne le droit de parler.

Jennifer est jeune, encore. Des yeux ronds, malicieux, elle confesse un amour pour sa « pointe », comme elle dit, en pouvant être critique, tout de même, sur "le côté glauque" de l'endroit, l'hiver.

Beaucoup de bigoudens d’adoption, devenus amoureux sur le tard de Penmach admettent qu’il faut du temps pour être accepté, mais à présent, ils se sentent bien dans leur commune. Séverine, documentariste a fait de Penmarch « son » pays. Les yeux verts et le visage radieux, adoubée sans doute parce qu’elle a compris les marins de Kerity, elle les compare à des cowboys, habitants du far west.

Il n’est question dans cette exposition d’images et de paroles que d’amour fou. L’amour d’un coin de Bretagne beau et désert, en dépit de sa rudesse, de son hiver si long de fin octobre à février, en dépit des accidents, des deuils qui frappent de nombreuses familles (les pêcheurs sont majoritaires) et malgré la nuit qui commence tôt: à 19 heures, tout est fermé.

"L’équipage" questionne surtout le sentiment de l’identité, qu’est ce qui fait qu’on se sent d’un endroit ou d’une autre ? Peut-on le définir ? Quel est ce sentiment d’appartenance à un lieu, à une communauté ?

"L'équipage", Stéphane Lavoué et Catherine Le Gall

Vannes, festival "Photo de mer", jusqu'au 1er mai, à côté de l'Eglise Saint-Patern.

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