De nombreuses écoles, collèges ou lycée portent son nom, et pourtant, lorsque l'on évoque le nom de Rostand, c'est spontanément à Edmond, son père, que l'on pense… Qui était Jean Rostand ?

Jean Rostand - 1951
Jean Rostand - 1951 © AFP

Et pourtant, écrivain, moraliste, biologiste, historien des sciences et académicien français, Jean Rostand fut l'une des figures du XXe siècle.  

Jean Rostand s'est installé à Ville d'Avray en 1922. C'est là qu'il crée son propre laboratoire indépendant dans les années 1930, la fortune familiale lui permettant de se tenir à l'écart des structures universitaires qu'il trouvait beaucoup trop contraignantes.  Tout au long de sa carrière il s'intéresse aux origines de la vie. Il étudie pour cela la biologie des batraciens, la division à partir d'un gamète femelle non fécondé (parthénogenèse), l'action du froid sur les œufs et accompagne de nombreuses recherches sur l'hérédité.

Prolixe, il publie aussi bien des essais philosophiques que scientifiques. C'est un vulgarisateur. Il s'efforce de faire connaître la biologie auprès d'un large public (il reçoit en 1959 le prix Kalinga de vulgarisation scientifique) et d'alerter l'opinion sur la gravité des problèmes humains qu'elle pose.

La science a fait de nous des dieux, avant même que nous méritions d'être des hommes

Jean Rostand était aussi pacifiste. Il milita contre l'armement atomique. Également féministe, il contribua avec Simone de Beauvoir, Christiane Rochefort et quelques autres, à créer le mouvement féministe Choisir la cause des femmes.

Jean Rostand dans sa maison de Ville d'Avray - 1970
Jean Rostand dans sa maison de Ville d'Avray - 1970 © Getty

Les dimanches de Ville d'Avray

Jean Rostand accompagnait régulièrement sa femme et son fils François à la messe, mais les laissait à la porte et attendait leur sortie en discutant avec les passants. Jean Rostand était agnostique.

Si les chrétiens étaient tous aussi préoccupés de Dieu que je le suis, ils seraient tous des Saints.

Puis, le dimanche après-midi, il recevait. La porte de la maison de la rue Pradier restait ouverte aux amis, voisins, collègues, mais aussi aux simples passants.

Zabou Breitman fut l'une de ces visiteuses du dimanche. Elle le raconte à Zoé Varier dans Une journée particulière:

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