Le Disquaire Day, ce samedi, est l'occasion pour les disquaires indépendants d'être projetés sur le devant de la scène. Le retour en force du vinyle n'y est pas pour rien.

Les disquaires font désormais plus de 80% de leur chiffre d'affaires sur le vinyle
Les disquaires font désormais plus de 80% de leur chiffre d'affaires sur le vinyle © AFP / Guillaume Souvant

Les aficionados du disque vinyle vont parcourir les rayons des disquaires indépendants, ce samedi, à l'occasion du Disquaire Day. Cette journée d'animations, créée en 2011, est une initiative du Club action des labels indépendants français (Calif), une association créée en 2002 par des éditeurs phonographiques pour développer un réseau de disquaires indépendants.

Alors que le Disquaire Day, qui se repose beaucoup sur le marché du disque vinyle, apparaissait comme un acte de résistance en 2012, il est devenu le symbole d'un retour en force de ce format que beaucoup considéraient comme condamné (ou restreint aux DJ). En 2016, selon les chiffres du Syndicat national des éditeurs phonographiques (Snep), 1,7 million de vinyles ont été vendus : c'est plus du double de 2015. Si cela ne représente toujours que 7,6% du marché total des ventes de disques physiques, c'est une augmentation considérable.

93% des vinyles achetés chez des indépendants

Le nombre de platines vendues est lui aussi en forte hausse, avec 150.000 ventes, soit 17% de plus qu'en 2015 - et ce sont les jeunes qui sont les plus gros consommateurs de ce "nouveau" support : ils représentent 48% des acheteurs. Mais le plus intéressant, c'est que 93% des références de vinyles sont vendues non pas dans les grandes chaînes de produits culturels, mais chez les disquaires indépendants.

Cette année, ils sont plus de 230 à participer à l'opération. C'est plus que l'an dernier, où ils étaient 210. Petit à petit, le nombre de disquaires repart à la hausse (même si l'on est loin des quelque 3.000 commerces que l'on trouvait partout en France à la fin des années 70, avant l'émergence du CD).

Bon pour l'économie du disque

Le retour du vinyle et la bonne santé des disquaires sont quasi-inséparables : en 2015, il représentait 80% du chiffre d'affaires de ces commerçants, contre seulement 30% en 2011. Et ce n'est pas seulement parce qu'il se vend plus de vinyles, mais aussi parce que ceux-ci sont plus chers que les CD.

Et cette bonne santé du marché ne profite pas qu'aux distributeurs : les fabricants aussi s'en tirent bien. Selon le site CultureBox, le dernier fabricant français de vinyles, MPO, a triplé sa production de vinyles entre 2010 (3,7 millions de disques produits) et 2015 (10 millions). Une aubaine pour cette entreprise qui en profite pour développer de nouveaux formats, comme un "compact vinyl", mêlant une face CD et une autre vinyle.

Articles liés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.