Retrouvez le meilleur de "Boomerang" cette semaine : Augustin Trapenard recevait Caroline Fourest pour son film "Sœurs d'armes", Jeanne Cherhal pour son dernier album "L'an 40", Mario Vargas Llosa, M Pokora en tournée dans le cadre de son "Pyramide Tour" et Bulle Ogier qui vient de faire paraître "J’ai oublié".

"Les émotions sont les seules à savoir vous relier aux autres et à vous-mêmes" (Caroline Fourest)
"Les émotions sont les seules à savoir vous relier aux autres et à vous-mêmes" (Caroline Fourest) © Getty / Tatjana Kaufmann

Joséphine Dumoulin a préparé le best-of de Boomerang de cette semaine, à partir des entretiens d'Augustin Trapenard :

12 min

Best-of de Boomerang du 11 octobre 2019

Par Joséphine Dumoulin

Caroline Fourest

À l'occasion de la sortie de son premier film "Sœurs d'armes", la journaliste, essayiste et féministe est venue se confier auprès d'Augustin Trapenard.

Dans cette époque tout est sans arrêt renversé : on est passé des sociétés d'honneur et de l’héroïsme à une société où finalement on ne trouve sa place qu'en fonction de son statut de victime. Mais le comble c'est que les dominants arrivent à se faire passer pour des victimes. 

Ce que subissent les femmes c'est la matrice de toutes les persécutions

On nous a appris que le féminin était quelque chose qui devait être discret, passif et que de passer à ce point-là à la puissance et l'action ça demande une déconstruction. 

La création c'est un exorcisme qui soude comme les émotions sont les seules à savoir vous relier aux autres et à vous-mêmes

Aujourd'hui la crise identitaire, le mal être que l'on traverse, on ne va pas le résoudre avec des livres et des débats, alors que le cinéma nous permet justement de franchir ces frontières, d'aller à travers un personnage, d'aller regarder en soi. 

Réécoutez l'émission

Jeanne Cherhal

Elle vient de sortir son sixième album "L’An 40" : Son piano, sa voix, son corps ne font qu'un au micro de Boomerang : 

On est quand même hyper conditionnés et entourés de diktats, on vit dans une société d'images où on est censées être performantes à tous les niveaux, on se doit d'être parfaites physiquement, professionnellement, dans l'amour, dans le couple, du point de vue des enfants...

Sur tous les plans il faudrait que l'on soit parfaites

Il y a encore plein de combats à mener. Je vois par exemple cette loi contre le féminicide qui n'est pas encore passée, je trouve cela complètement aberrant, je trouve qu'il faut mettre en avant la bonne énergie et la place qu'ont les femmes aujourd'hui. 

Quand je vois des jeunes femmes de 19-20 ans s'emparer de la cause féministe, je trouve cela magnifique !

Une chanson, c'est à la fois un instantané, ça parle souvent de l'air du temps, de ce qu'on vit et c'est une manière d'exprimer un sentiment, de sublimer ce qu'on vit au quotidien. 

Tout le corps entre en jeu quand on joue au piano. Longtemps je l'ai un peu vécu comme une forme de confrontation, quand je réentends des choses que j'avais faites lorsque j'avais une vingtaine d'années, je trouve qu'on sent une espèce de tension, une fougue, une lutte, je me sentais peut-être trop rigide. Aujourd’hui, j'ai l’impression de me sentir beaucoup plus cool.  

Réécoutez l'émission

Mario Vargas Llosa

Le célèbre écrivain péruvien est venu partager sa magie de l'écriture, du Brésil, de l'Europe et du Pérou : 

Le nationalisme est une maladie qui a produit des catastrophes, comme les deux guerres mondiales. Et ce qui est incroyable après de telles expériences désastreuses, c'est que les nationalismes soient une réalité de la vie politique d'aujourd'hui.

L'histoire n'est pas écrite, tout peut changer.

Nous pouvons orienter l'histoire mais cela dépend de notre participation avec les forces du bien

La création artistique, c'est déjà un acte de rébellion contre le monde

Les images sont merveilleuses grâce à la grande révolution technique mais ce sont les idées finalement qui sont importantes et qui durent, opèrent sur la réalité sociale. 

Réécoutez l'émission

M Pokora

Le chanteur repart de plus belle avec son "Pyramide Tour" : 

Quand je monte sur scène et que je vois les gens sourire, heureux, danser, que je vois leurs yeux briller, communier quand bien même peut-être ils ont des soucis, je me dis que pendant deux heures j'ai de la chance de les faire sortir de leurs bulles du quotidien. C'est une grosse victoire pour moi. Je suis un diversiteur. 

Le truc que j'ai dans ma tête avant de monter sur scène c'est "là dans la salle, il y en a qui ont sacrifié leur sortie du mois pour venir me voir et c'est pourquoi je me dois de ne pas les décevoir et de leur vendre du rêve. 

Ça a toujours été très physique pour moi tout ce que j'ai fait : je me lève et je travaille. 

Je m’entraîne tout le temps tout le temps car si je dois monter en scène demain je serai prêt

Réécoutez l'émission

Bulle Ogier

L'actrice française vient de publier "J’ai oublié" et offre un texte sensible et puissant, l'histoire d'une femme qui se souvient avant tout : 

Réécoutez l'émission

Je ne regarde pas de séries, je vais très peu au cinéma, très peu au théâtre, ce qui est contraire à mes habitudes car depuis 2016, mes séries c'est le "New York Times", le "Washington post", "le Vox" qui parlent des catastrophes possibles que va occasionner Trump, s'il va détruire la planète ou s'auto-détruire. Ça prend toute la place car j'ai peur pour notre démocratie... 

Je pense qu'en ce moment on est en train de traverser une nouvelle révolution avec #Metoo. Ça va être difficile mais ça va se faire. 

On décide de ne pas se taire et c'est fantastique qui puisse y avoir de nouveau cette avancée pour les femmes

Pour moi, toute activité est extrêmement fatigante, incertaine, je suis très paresseuse : Là où je pensais rester une demi heure je reste bloquée toute l’après midi parce que je me perds, je ne retrouve plus les rues. J’accepte mal les effets du temps.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.