PORTFOLIO. Le photographe Arnaud Février vient de publier un travail photographique sur un club de cheerleaders d'Ivry-sur-Seine. Rafraîchissant !

Les filles en l'air, un reportage d'Arnaud Février sur l'équipe de cheerleaders "Gravity" d'Ivry-sur-Seine
Les filles en l'air, un reportage d'Arnaud Février sur l'équipe de cheerleaders "Gravity" d'Ivry-sur-Seine © Arnaud Février

Loin de l’image fantasmatique des cheerleaders à l’américaine, entre pompons et filles faciles, le club Cheer Time Ivry est né d’une volonté de casser ces préjugés. Le photographe Arnaud Février les a découvertes en feuilletant un journal local d’Ivry-sur-Seine, alors qu’il cherchait un projet personnel à réaliser dans sa ville. « Des cheerleaders en France, c’est surprenant ! On a l’image des cheerleaders américaines, un peu sulfureuses, alors que ce sont de vraies athlètes qui s’entraînent dur pour réussir leurs compétitions, » se souvient Arnaud Février.

Sèche-cheveux. Gymnase Auguste Delaune, Ivry-sur-Seine
Sèche-cheveux. Gymnase Auguste Delaune, Ivry-sur-Seine © Arnaud Février

Lorsque le photographe contacte Déborah Chaplice, présidente et fondatrice du club de cheerleading d’Ivry, Cheer Time Ivry, celle-ci croit d’abord à une erreur. Surprise, elle n’était pas habituée à ce qu’on s’intéresse ce genre d’activité. Elle pense d’abord qu’un projet photographique n’est pas possible, par manque de temps pendant les entraînements, mais peu à peu Arnaud Février parvient à obtenir sa confiance et surtout celle des membres de l’équipe Gravity, qu’il va suivre pendant toute l’année 2016.

Arrivée au gymnase de la compétition. Les chaussures sont protégées jusqu'au tout dernier moment.
Arrivée au gymnase de la compétition. Les chaussures sont protégées jusqu'au tout dernier moment. © Arnaud Février

La confiance, c’est justement l’un des ingrédients primordiaux pour ce sport peu commun. C’est d’ailleurs tout le travail du coach d’arriver à faire en sorte que le groupe soit soudé, pour vivre ensemble autant les joies que les déceptions. Cette activité peut même s’avérer dangereuse : Arnaud Février a assisté un jour à la chute d’une « fly » (le nom donné aux filles en haut de la pyramide). Résultat : un pied cassé. La discipline exigeante, mêlant gymnastique au sol et acrobatique, danse et synchronisation, est régie par la Fédération française de football américain. En 2015, deux garçons ont rejoint l'équipe, prouvant que le cheerleading n'est pas un sport réservé aux filles.

Ultime entraînement.
Ultime entraînement. © Arnaud Février

Comme tout travail au long court, le but du photographe est de se faire oublier et de trouver la bonne distance : « J’apportais les photos en fur et à mesure. Elles étaient contentes, parfois, elles ne se trouvaient pas biens, pas dans de bonnes positions.» Les filles comprennent peu à peu que si Arnaud Février ne cherche pas des images sans aspérité, parfois il peut capturer des grimaces de douleurs. Mais sa démarche documentaire est bienveillante. Il n’utilisera jamais, par exemple, les deux clichés de la chute de la « fly».

Zoulaïha réconforte Eva après une mauvaise chute.
Zoulaïha réconforte Eva après une mauvaise chute. © Arnaud Février

Arnaud Février aussi sait faire le grand écart : d’ordinaire, ce photographe de 47 ans réalise plutôt des images pour de grands groupes industriels comme Dassault Aviation, Bouygues, Carrefour… Il est passé de l'aéronautique et des chantiers aux jeunes sportives passionnées d'Ivry-sur-Seine :

J’avais envie de sortir de ma zone de sécurité en cherchant d’autres émotions.

Les filles de l'air, le journal, dans son enveloppe "faite main".
Les filles de l'air, le journal, dans son enveloppe "faite main". © Arnaud Février

Le travail prend la forme d’un journal papier, enveloppé d’une belle enveloppe très girly, faite à la main et tamponnée «Cheerleader». Pourquoi avoir choisi cette forme originale pour publier ce projet ? « J’adore les journaux. J’ai appris la photographie dans des journaux comme Libération, à l’époque de Christian Caujolle. J’aime l’histoire du papier qui boit les couleurs. J’avais aussi envie de travailler avec la graphiste Louise Demerdjibachian dont j’aime beaucoup le travail », explique Arnaud Février. Le texte en début de journal, tel un édito, est signé Adrien Vernhes.

Nola, Sorya, Cristelina et Camille. Buvette. Gymnase Auguste Delaune, Ivry-sur-Seine.
Nola, Sorya, Cristelina et Camille. Buvette. Gymnase Auguste Delaune, Ivry-sur-Seine. © Arnaud Février

Fils de Christian Février, fondateur du magazine Voiles et Voiliers, Arnaud a parcouru un temps la mer, aux côtés de son padre, avant de couvrir la situation à Gaza avant les années 2000, ou encore de participer aux premiers convois humanitaires à Bagdad, en Irak. Il se spécialise ensuite dans le portrait au sein de l'agence MPA et se dirige vers le corporate à partir de 2008. Ses inspirations ? Les explorateurs de couleurs Ernst Haas et Alex Webb.

► Feuilletez le journal "Les filles de l'air", sur le club Gravity d'Ivry-sur-Seine :

► ECOUTEZ AUSSI | Cheerleaders : qui es-tu pom pom girl ?

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.