Après des années de négociations, un accord a été trouvé sous l'égide du ministère de la Culture pour réduire les délais d'attente entre la sortie d'un film en salles et sa diffusion à la télé ou sur internet.

Les films bientôt disponibles plus tôt à la télé
Les films bientôt disponibles plus tôt à la télé © Getty / Rene Wassenbergh / EyeEm

Les films vont passer plus rapidement à la télévision : sur Canal Plus, ce sera entre six et huit mois après leur sortie en salle, contre 10 à 12 aujourd'hui.

Sur TF1, France 2, M6 et autres chaînes gratuites, l'attente passe à 22 mois, alors que jusqu'à présent c'était 28 mois. Ce sera même 20 mois, si le film a fait moins de 100 000 entrées.

Pour les plateformes de streaming comme Netflix et Amazon Prime, rien ne change : ce sera toujours 36 mois. Mais les plateformes de vidéos par abonnement, qui devaient jusqu'ici attendre 36 mois après la sortie en salles, pourront diffuser des films à partir de 17 mois (ou 15 mois en cas de dérogation), mais seulement si elles prennent des engagements d'investissement dans la production.

Les géants américains n'ont en effet pas voulu se plier à l'obligation de financement du cinéma français, réclamée par le gouvernement.

La location vidéo, quant à elle, sera possible au plus tôt trois mois après la sortie en salles (contre quatre mois aujourd'hui).

À l'inverse, Canal Plus restant le premier financeur du Septième art chez nous, il semblait normal que la chaîne cryptée dispose des meilleurs délais. Le groupe avait quitté la table des négociations en octobre à propos d'un désaccord quant à ses obligations de financement du cinéma français, retardant la signature de cet accord sur la chronologie des médias.

Un système qui n'avait pas été modernisé depuis 2009

Il aura fallu des années de négociations pour arriver à cet accord cinéma / médias. Il aura fallu également que la précédente ministre de la Culture, Françoise Nyssen, menace d'en passer par la loi pour que producteurs, exploitants de salles et diffuseurs acceptent de faire un effort pour trouver un compromis.

L'un des objectifs de cette modernisation est aussi de lutter plus efficacement contre le piratage. Ce nouveau cadre garantit "à tous les téléspectateurs un accès permanent aux films" et "contribue à la lutte contre le piratage en rendant plus rapidement disponibles les œuvres", salue le ministère dans un communiqué.

"Cet accord préserve la vie des films en salle, premier lieu de découverte de la magie du cinéma" et il "prend en compte l'évolution des usages, la multiplication des écrans et les nouvelles attentes du public, particulièrement des jeunes", a salué de son côté la présidente du CNC (Centre national du cinéma), Frédérique Bredin.

Pour d'autres, cet accord est encore bien timide, et surtout très tardif, pour faire face aux évolutions des pratiques de consommation, notamment des jeunes, et aux habitudes prises par beaucoup ces dernières années.  

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