Temple du photojournalisme et reflet des soubresauts qui ont agité le monde cette année, le festival se tient jusqu'au 15 septembre à Perpignan. Reportage dans l'exposition d'Olivier Coret consacrée au mouvement des "gilets jaunes".

Le photographe indépendant Olivier Coret a immortalisé le mouvement des "gilets jaunes". Ses photos sont exposées au festival "Visa pour l'image", à Perpignan.
Le photographe indépendant Olivier Coret a immortalisé le mouvement des "gilets jaunes". Ses photos sont exposées au festival "Visa pour l'image", à Perpignan. © Radio France / Alexandra Ackoun

La photo date du 1er décembre 2018. Ce jour-là, la mobilisation parisienne tourne à l’affrontement violent entre manifestants et forces de l’ordre. À deux pas de l’Arc de Triomphe, sur l’élégante avenue Kléber, huit voitures sont en feu : "À certains moments, je ne savais pas quoi photographier, il se passait tellement de choses ! Je me disais : je fais quoi ?" se souvient, amusé, Olivier Coret.

À 47 ans, le photographe indépendant à la grande silhouette en a pourtant vu d’autres. Vingt ans de terrain l’ont conduit à couvrir de nombreux conflits.

Des "gilets jaunes", il a tout suivi, tout capturé depuis le premier jour. Pour lui cela a commencé en Picardie :

"Au début du mouvement, ce qui m’a le plus surpris c’était la diversité des manifestants. Il y avait de tout : des jeunes, des vieux, des gens d’extrême-droite, d’extrême-gauche et les revendications étaient variées."

En prenant de l’ampleur, les rassemblements s’installent dans la capitale et  deviennent violents. "Janvier, février, mars : il y a eu beaucoup de casse". Sans complaisance à l’égard des uns ou des autres, Olivier Coret se contente de documenter.

Des visiteurs devant les photos d'Olivier Coret.
Des visiteurs devant les photos d'Olivier Coret. © Radio France / Alexandra Ackoun

Sélectionné parmi 150 propositions 

Sa sélection cette année à Visa pour l’Image l’étonne encore, lui qui n’y était pas venu depuis quinze ans avec une exposition sur la barrière de séparation israélienne.  "Jean-François Leroy [NDLR : le directeur du festival] peut décider de monter deux, voire trois expositions sur un même sujet, sur la Syrie ou le Yémen mais sur les gilets jaunes ! Il y en a deux cette année, ça aussi ça montre que le mouvement a été très important et très suivi à l’étranger", explique un peu timidement le photographe, qui semble presque s’excuser d’être là.

Le photographe indépendant Olivier Coret a immortalisé le mouvement des "gilets jaunes". Ses photos sont exposées au festival "Visa pour l'image", à Perpignan.
Le photographe indépendant Olivier Coret a immortalisé le mouvement des "gilets jaunes". Ses photos sont exposées au festival "Visa pour l'image", à Perpignan. © Radio France / Alexandra Ackoun

"Partout où l'on manifeste, on le fait en gilet jaune !"

Le directeur de Visa pour l’Image, qui a reçu plus de 150 propositions de reportages sur le sujet, ne dit pas autre chose : "De l’Argentine au Japon, la Russie, l’Amérique du Sud, l’Afrique, les "gilets jaunes" ont été à la Une de tous les magazines du monde. Donc c’est un événement d’importance et à Visa on traite tous les événements importants. On le voit encore dans l’actualité de ces jours-ci, c’est devenu un symbole, à Hong-Kong, en Égypte, partout où on manifeste, on le fait en gilet jaune !"

Le photographe Olivier Coret, au festival Visa pour l'image.
Le photographe Olivier Coret, au festival Visa pour l'image. © Radio France / Alexandra Ackoun

L’exposition d’Olivier Coret "Les gilets jaunes" est à voir au Couvent des Minimes à Perpignan jusqu’au 15 septembre.

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