Replongez dans les meilleurs moments de "Boomerang" cette semaine : Augustin Trapenard recevait l'actrice Renée Zellweger, le romancier Fabrice Humbert, le chef-cuisinier Cyril Lignac, la romancière Anne-Marie Garat et la comédienne et femme de théâtre Macha Méril.

Enfant en train de lire
Enfant en train de lire © Getty / Juana Mari Moya

Pablo Cotten a préparé spécialement pour vous le best-of de Boomerang de la semaine à partir des entretiens d'Augustin Trapenard : 

12 min

Le Best-of de Boomerang du vendredi 28 février 2020

Par Pablo Cotten

Renée Zellweger

La comédienne a reçu l'oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans "Judy" où elle incarne la légendaire Judy Garland devenue une star planétaire grâce au Magicien d’Oz et l’interprétation de la célèbre chanson "Over the rainbow".

►►► Renée Zellweger était sur la scène de Boomerang 

RZ : "Notre métier, c'est de raconter des histoires et pour bien raconter une histoire, il faut en avoir vécues soi-même - et avec le temps on ne peut que se bonifier, forcément. Nous sommes des artistes interprètes, donc idéalement, le comédien a quelque chose à apporter pour nourrir les mots sur la page, même entre les lignes et il faut parfois se les approprier à partir de ce qu'on comprend du personnage. 

En tant qu'actrice je connais et je comprends le gouffre qui existe entre la perception qu'ont les spectateurs de la personne et la vérité d'une vie. C'est ça qui m'a fascinée. 

J'essaie juste de trouver la vérité du personnage dans une situation donnée, Judy apparaît comme étant très vulnérable, surtout à ce moment particulier de sa vie. Ce qui rend les gens intéressants, à mon avis, ce sont les complications. Les gens les plus doués sont parfois très complexes, pleins de facettes, difficiles à comprendre. Je pense que c'est ce qui nous fascine".  

Fabrice Humbert

L'écrivain vient de publier son huitième roman, Le monde n’existe pas dans lequel le lecteur part à la rencontre d'un journaliste qui enquête sur un meurtre impliquant le héros de son adolescence. 

►►► Fabrice Humbert était l'invité d'Augustin Trapenard

FH : "Mon premier attrait, c'est vraiment pour les histoires. Je suis un écrivain narratif. 

J'ai une fascination pour les grands narrateurs

Je trouve qu'il n'y a pas d'art plus difficile que la narration parce qu'elle tient un charme inexplicable qui m'a protégé du réel pendant très longtemps. Les livres m'ont protégé du réel pendant trop longtemps, en tous cas pendant toute mon enfance et mon adolescence. Je ne parlais quasiment pas, j'étais dans les livres.

Cyril Lignac

Dans Histoires de goûts, son dernier livre, il partage son parcours plein de saveurs. 

►►► Cyril Lignac est venu nous confier ses recettes de la vie gourmande

CL : "Aujourd'hui, on a des produits qui arrivent du monde entier, souvent aux frontières de notre pays. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas bien ailleurs. Mais si déjà on peut essayer de valoriser un peu plus notre filière agricole pour que nos enfants puissent comprendre l'agriculture, s'en nourrir et aussi, à travers les écoles, essayer de démontrer qu'aux portes de chez nous, on a des hommes et des femmes qui se lèvent le matin, qui pêchent, qui élèvent, qui cultivent et finalement, c'est l'enjeu de notre métier de cuisinier. 

On a une chance incroyable d'avoir ce patrimoine agricole et d'avoir de bons produits qui viennent de chez nous. 

On est, en France, le pays de la gastronomie mais avant tout de l'agriculture.

Anne-Marie Garat

La romancière signe son 26e livre, La nuit atlantique dans lequel une femme revient dans sa vieille villa isolée sur la dune isolée dans une petite station balnéaire de Gironde, non sans un certain nombre de souvenirs. 

►►► Anne-Marie Garat était au micro de Boomerang

A-M.G : "Il faut absolument que je vois les choses, que je sois dedans et même plus encore que de les voir de manière sensorielle, il faut que je sente à la fois le sable, le vent, les odeurs d'un lieu (et même d'un lieu que je ne connais pas puisque j'avais écrit de l'Alaska sans y être allée).

Vous entendez sans doute à mon accent que je ne cherche ni à perdre ni à garder. Je suis de là, évidemment, c'est mon paysage natal, à la fois les bords d'estuaire et cette langue de terre du Médoc, bouleversée, remaniée de point de vue du point de vue géologique et qui donne le paysage d'aujourd'hui, mais que ni Hugo ni Stendhal au XIXe siècle n'ont vu tel que nous le voyons, c'est-à-dire que dans cette temporalité-là, c'est un paysage qui bouge.

La plus haute invention humaine, c'est l'artefact, c'est le langage de l'art dans lequel tout peut être dit, énoncé, représenté, y compris les pires terreurs. Mais qui, en même temps, nous rend le monde plus intelligible et finalement, nous sauve". 

Macha Méril

Dans Vania, Vassia et la fille de Vassia, l'actrice française retrace le destin d'une famille issue de l'immigration russe. C'est en même temps un hommage qu'elle rend à ses souvenirs familiaux marqués par l'exil.

►►► Macha Méril était l'invitée d'Augustin Trapenard

MM : "Le fait de pouvoir exprimer, avec des mots, des choses justement qui posent problème, qui nous embarrassent, qui nous gênent, c'est ça la littérature. C'est pour ça que j'écris très simplement. 

Moi, j'écris comme Maupassant, je pense qu'il faut être lisible par tout le monde. Je pense que c'est ça ma petite trouvaille littéraire. J'écris simplement mais en même temps, je pense qu'il faut tout mettre dans un livre. Il faut mettre le passé, le futur… Il faut mettre ce qu'on a envie d'exprimer dans l'immédiat. C'est ça qui est extraordinaire dans la littérature parce que c'est une façon de rendre la vie, qui est invivable, un peu lisible".

MM : "Michel Legrand, non seulement c'était un génie musical, mais c'était aussi un homme formidable. Alors quand il est parti… Au seuil de ce grand saut, la personne qui part est sur une espèce de sommet et autour de lui, on est tous au meilleur de soi-même. Maintenant qu'il est parti, je ne suis plus la même qu'avant. Celle que vous avez en face de vous n'est pas du tout celle qui s'est débattue à travers le cinéma, le théâtre, la Nouvelle Vague. Je suis une autre personne maintenant, grâce à lui . Cette force-là, je la tire du malheur. Il faut savoir que le malheur est une énergie, comme le reste. Maintenant, il faut que je fasse l'éloge de Michel à travers les siècles".

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