Revivez les plus beaux moments des premiers invités de l'année 2021 dans Boomerang. Augustin Trapenard recevait la romancière Sandrine Collette, la comédienne Lætitia Dosch, l'éminent journaliste Bernard Pivot, le danseur étoile Paul Marque et le chanteur français Pascal Obispo.

"Les mots écrits, c'est ce qui nous sauve" Sandrine Collette dans Boomerang
"Les mots écrits, c'est ce qui nous sauve" Sandrine Collette dans Boomerang © Getty / portishead1

Réécoutez le premier mix du best-of de Boomerang de l'année 2021 réalisé par Anouk Roche

10 min

Le Best-of de Boomerang du vendredi 08 Janvier 2021

Par Anouk Roche

Pascal Obispo

Le chanteur lance, à 56 ans, sa propre application "Obispo All Access". Il est l'un des chanteurs les plus populaires en France et a marqué la variété de la chanson française dans les années 1990 et 2000. Pascal Obispo était au micro de Boomerang

PO : "J'ai toujours désintellectualisé le concept de la composition, c'est-à-dire qu'une mélodie simple, c'est un premier jet, je peux composer une trentaine de chansons en un week-end, ça tient à une envie de faire de la musique, de se procurer du plaisir, d'entendre des mélodies qui ne sont pas forcément nouvelles, mais qui sont dans votre ADN musical et que vous mélangez comme une espèce de bonne sauce.

Il nous manque le public, on a envie de retrouver le public. J'existe sur scène. C'est vrai qu'écrire des chansons, c'est bien, mais s'il n'y a pas le public ce n'est pas pareil... Léo Ferré disait "Je rentre sur scène comme dans ma salle de bains". C'est un peu ça. 

Je sais que les gens viennent pour passer un bon moment et je fais tout pour pour leur donner du plaisir

🎧  RÉÉCOUTEZ - La carte blanche de Pascal Obispo 

Sandrine Collette

La romancière fait paraitre son dernier livre "Ces orages-là" récompensé notamment par le Prix du Livre France Bleu. Un thriller qui nous plonge dans l’incapacité d’une femme maltraitée à tourner la page, longtemps sous emprise d'un homme qui a utilisé ses failles contre elle-même. Sandrine Collette était l'invitée d'Augustin Trapenard

SC : "Je ne suis pas un auteur intellectuel, je suis très instinctive, donc quand j'écris, c'est une image qui me vient. Ce que j'écris, c'est l'image, et l'écriture s'adapte d'elle-même. C'est assez étonnant, l'écriture prend le rythme. Quand je parle des saisons qui passent, ça va être beaucoup plus long, c'est beaucoup plus lent parce que l'écriture, au moment où vous avez les doigts sur les touches, ça fait des petites phrases, ça fait des petits points, ça fait des choses pas tout à fait finies et le rythme vient tout seul. En cela, j'ai beaucoup de chance.

Écrire, c'est vital, c'est-à-dire que si on m'empêche d'écrire, je meurs vraiment.

Je fais partie de ces gens qui ne sont pas doués pour l'oralité, qui ne sont pas doués pour la communication. Les mots écrits, c'est ce qui nous sauve et moi, je me sens vraiment de ce clan-là. Je me suis mise à écrire très très jeune, très petite, comme on est beaucoup à le faire, parce que dans l'écriture, on peut faire ce qu'on veut". 

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La seule différence, c'est que je ne le fait pas en sept jours. Mais c'est une expérience très, très troublante de se dire que, réellement, on a créé un monde". 

Bernard Pivot

Il est sans doute le plus éminent journaliste français ayant incarné la culture à la télévision, élu meilleur chroniqueur littéraire en 1966 à 31 ans, célèbre animateur des émissions "Apostrophes" et "Bouillon de culture", il faisait paraître cette semaine son nouveau livre "... mais la vie continue". Il est venu se confier dans Boomerang

BP : "C'est un tabou l'amour après 80 ans parce que l'amour est réservé aux corps jeunes, aux corps vaillants tandis que les vieux, c'est moins agréable. Je suis étonné d'ailleurs que des régimes autoritaires n'interdisent pas les vieux de faire l'amour. 

L'écriture est essentielle parce que sans écriture, il n'y a pas de livre.

Très souvent dans mes rêveries, je pense à des écrivains qui sont en train d'écrire, qui sont devant leur ordinateur ou bien qui sont avec leur plume. D'ailleurs, mes rêves ont changé : quand je rêvais du temps de l'émission "Apostrophes", j'imaginais les écrivains en train d'écrire avec leur stylo, etc. Et maintenant, ils sont devant leur ordinateur. 

Le rêve change, mais la finalité du rêve est la même. Je suis rêveur depuis que je ne travaille plus. L'intérêt, quand on est retraité, quand on a du temps devant soi, c'est de s'asseoir, de rêver à ceci ou à cela, à n'importe quoi. C'est un plaisir inouï qu'on n'a pas quand on a une vie familiale, une vie professionnelle, on n'a pas le temps, on n'a jamais le temps de rêver. Est-ce que je médite ce que je philosophe ? Je ne sais pas…"

Je suis plutôt un rêveur des confins.

Lætitia Dosch

Nouveau visage du cinéma français, la comédienne est à l'affiche de Passion Simple, un film réalisé par Danielle Arbid qui signe là une nouvelle interprétation du roman d'Annie Ernaux paru en 1992. Lætitia Dosch était aux côtés d'Augustin Trapenard

LD : "Moi, je crois qu'il faut y aller à fond les bananes car ça n'arrive pas tout le temps une passion dévoreuse qui prend toute la place, qui fait tout oublier où on peut passer des journées chez soi à penser à ça sans rien faire ou plus rien n'a d'importance à part ça. 

Je voudrais revenir sur une critique : Annie Ernaux, hier, m'a montré des critiques de l'époque, mais c'était plus encore que le simple fait que la femme soit soumise, c'est peut-être plus critique qu'on ne pourrait le faire aujourd'hui : qu'une femme considère l'homme finalement comme un objet littéraire et nomme ses parties, sa queue, son sperme… Je vous prie de m'excuser, mais qu'une femme puisse se permettre ça, c'est ça qui avait choqué aussi à l'époque.

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J'ai quand même un pincement au cœur. Par moments, je désespère que ça ne réouvre pas. C'est complètement idiot car bien sûr que ça va rouvrir ! 

J'étais muette pendant des années, je n'ai pas parlé ou presque pas du tout. Et peut-être que ce silence m'a permis de lire ce qui se passait chez les autres dans leur corps et de sentir qu'il y avait quelque chose de fort qui se passait que je ne pouvais pas dire. C'est toujours de penser qu'un texte, c'est une tentative de dire quelque chose qu'on n'a peut-être pas réussi dire dans son intégralité".

Paul Marque

Il a tout récemment été nommé danseur étoile de l’Opéra national de Paris le 13 décembre 2020 à l’issue de la représentation du ballet La Bayadère. Paul Marque était l'invité de Boomerang

PM : "J'ai mis longtemps à comprendre que la danse est censée être facile.  On est censé montrer que la danse est facile, même si, en réalité, ça ne l'est pas du tout. Et j'ai la chance d'avoir des prédispositions physiques qui font que je peux montrer des choses assez facilement, alors que ce n'est pas du tout facile. Mais je ne montrais pas assez que j'étais en tension, que j'étais en train de travailler. Du coup, j'ai mis beaucoup de temps à comprendre parce que on me disait que je ne travaillais pas alors que je travaillais deux fois plus, jusqu'au moment où j'ai compris que ce n'était pas tellement la quantité de travail, mais la façon dont je travaillais qu'il fallait que je change. 

On le sent quand il y a des gens qui nous regardent et c'est pareil sur scène : on a beau ne pas voir les spectateurs, on a des projecteurs en contre-jour, la salle est plongée dans le noir, on ne voit pas les gens, mais on les sent, on sent leur énergie. On sent leur approbation ou au contraire leur désapprobation. On les entend, on entend les bruits. C'est assez déroutant d'avoir un spectacle, mais de ne pas avoir de public".

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