Les quatre parrains de l'année de "BD 2020", l'Année de la Bande Dessinée organisée par le ministère de la Culture, viennent d'annoncer leur démission. Ils protestent contre la fermeture des librairies, et dénoncent "une décision totalement irrationnelle".

Librairie de bande dessinée à Enghien-Les-Bains
Librairie de bande dessinée à Enghien-Les-Bains © AFP / Sidney Léa Le Bour / Hans Lucas

"C'est aussi bête que les gens qui font des stocks de papier toilette", dénonce Jul, l'auteur de "Silex and the City" et l'un des parrains démissionnaires. "Les libraires se sont illustrés par leur immense responsabilité : ils ont fait le maximum, et en fin de compte on considère que leurs librairies ne sont pas de première nécessité. C'est stupide et désespérant."

Comme les trois autres auteurs désignés comme parrains de cette Année de la Bande Dessinée (Florence Cestac, Catherine Meurisse et Régis Loisel), Jul ne décolère pas contre le ministère de la Culture. Celui qui est aussi scénariste de Lucky Luke dézingue une décision qu'il juge dangereuse pour la création dans son ensemble.

"On représente un secteur qui est extrêmement divers, fait de locomotives commerciales, mais aussi de jeunes auteurs et de petites maisons d'édition. Eux, sans cette interface de la librairie, le fait de pouvoir flâner dans les rayons, découvrir, écouter son libraire, n'auront aucune visibilité."

"Évidemment, les bandes dessinées à succès vont souffrir", ajoute-t-il. "Mais avant tout, c'est juste la créativité incroyable de chaque jeune auteur ou autrice qui est vraiment mise en péril, l'équilibre des maisons d'édition les plus créatives."

Cette décision, les quatre auteurs l'ont prise parce qu'ils étaient "tous ultra en colère" sur "la dimension totalement irrationnelle" de cette décision de fermer les librairies.

L'Année de la bande dessinée avait commencé le 30 janvier 2020, en marge du 47e festival d'Angoulême, sous la houlette du ministre de l'époque, Franck Riester. Elle doit se poursuivre jusqu'au 30 juin prochain, une date de fin déjà décalée à cause du premier confinement.