En quinze éditions, j’ai toujours considéré Arles comme une scène théâtrale à l’échelle d’une ville, destinée à propulser les photographes sous les projecteurs, à leur tendre des micros (parfois des mégaphones !), à échanger avec leurs publics. Avec la scénographie d’Olivier Etcheverry et les équipes de Nicholas Champion, nous créons des décors pour leurs oeuvres dans des sites merveilleux que nous inventons grâce à plus de 70 constructeurs, peintres, éclairagistes, serruriers, constateurs, accrocheurs, transporteurs… pour la plupart formés au théâtre et au cinéma.Avec Aurélien Valette, les équipes d’Olivier Koechlin, Valentin Bardawil et Claudine Maugendre, nous inventons des spectacles pour scénariser en live, en musique et en ligne des parcours de photographes dans les nuits arlésiennes.Autour de Claudine Colin et de son bureau de presse, ou d’Agnès Benichou et du protocole, règnent pendant les dix jours d’ouverture une ambiance de Première, comme lors des fêtes merveilleuses qu’organisent Anne Igou ou nos partenaires pour remercier artistes et journalistes venus de loin, seuls moments VIP de ce festival résolument ouvert à tous.L’exposition d’un photographe à Arles est une performance au sens où il s’agit de montrer son oeuvre, de l’exposer avec justesse et de lui faire passer un cap inhabituel pour beaucoup, celui de la confrontation publique, de la simple visite d’exposition jusqu’aux 2 000 spectateurs du théâtre Antique en passant par les nombreux débats, les stages et les passionnants colloques montés par Françoise Docquiert. L’équipe de production des expositions, aujourd’hui Julie Héraut et Safia Belmenouar encadrées par Aurélie de Lanlay, prépare à distance et dans les moindres détails la venue à Arles de photographes de toutes origines.....François Hébel, directeur des Rencontres d’Arles.

Inédits

David Bailey, Mick Jagger, 1964. (avec l’aimable autorisation de l’artiste )
David Bailey, Mick Jagger, 1964. (avec l’aimable autorisation de l’artiste ) © Rencontres Arles

Bailey’s Stardust - Exposition présentée à l'église Saint-Anne. Pendant plus de 50 ans, David Bailey a photographié pour les plus grands magazines de mode, réalisé des films publicitaires et des longs-métrages primés, et mené à bien plusieurs projets personnels et éditoriaux. Cette exposition rassemble des portraits que l’artiste a sélectionnés pour leur résonance particulière ou leur valeur affective. De Londres à New York en passant par la Papouasie-Nouvelle-Guinée, qu’il s’agisse de photographies de mode ou de reportages pour diverses revues, les portraits de Bailey sont criants de vérité. Affranchi des conventions stylistiques, l’engagement qui lie l’artiste à son sujet est palpable sur la pellicule. Bailey’s Stardust offre un panorama des multiples sources d’inspiration de Bailey. Acteurs, écrivains, musiciens, réalisateurs, designers, mannequins, artistes et personnes rencontrées en voyage : qu’il s’agisse de célébrités ou d’anonymes, il les a tous rendus inoubliables.Extrait du texte de présentation de l’exposition.

Denis Rouvre, Karine Loubardo, Île-de-France. (Avec l’aimable autorisation de l’artiste)
Denis Rouvre, Karine Loubardo, Île-de-France. (Avec l’aimable autorisation de l’artiste) © Denis Rouvre

Identités , territoires de l'intime - Exposition présentée à l'église Saint-Blaise. De la Bretagne à la côte basque, de la Vendée à l’Alsace, Denis Rouvre a fait depuis deux ans un tour de la France, celle des villes comme des campagnes, emmenant dans sa roue des Français qu’il a photographiés et interrogés, produisant une installation sur la question de l’identité qui mêle images et voix. À l’heure de la mondialisation et, simultanément, de la tentation sectaire du repli, il a demandé à chacun d’entre eux qu’est-ce qu’être français aujourd’hui. Denis Rouvre a rencontré des centaines de femmes et d’hommes, il a vu dans ces personnages ordinaires des héros extraordinaires et les a éclairés sur fond noir, comme dans les portraits de la Renaissance, leur conférant ainsi la noblesse de ceux qui sont maîtres, parfois sans le savoir, de leur royaume. Il a donné la parole à tous ces Français que l’on ne consulte pas d’habitude, ces anonymes dont le corps, les postures, les mots, tantôt offensifs, tantôt hésitants, définissent une géographie à échelle humaine, un territoire où l’homme se tient debout, quelles que soient les frontières.Natacha WolinskiAmitié éternelle - Exposition présentée au Bureau Des Lices. Amitié éternelle est un photo-roman composé de photographies et d’archives, qui se lit comme une bande dessinée.Il entremêle la grande et la petite histoire, l’amitié entre les peuples – de la Chine et l’Albanie communistes des années 1970 – et l’amitié indéfectible entre deux hommes. Le roman débute en Chine par l’arrivée de trois photographes de propagande chargés de mettre en scène le bonheur de l’homme nouveau albanais et de faire disparaître les figures des ennemis du régime. Tout est vrai dans cette histoire, le photo-roman émane d’une recherche menée avec l’anthropologue Gilles de Rapper sur les conditions de production des photographies de famille et de propagande dans l’Albanie communiste. L’exposition Amitié éternelle présente à la fois des planches de ce livre publié aux Éditions Xavier Barral en mai 2014 et les documents originaux, livres, magazines, photographies de familles et archives d’État, collectées au cours de l’enquête, qui ont nourri la fiction.Anouck Durand

Lucien Clergue, Nu de la mer, Les Saintes-Maries-de-la-Mer, 1957. (avec l'aimable autorisation de l'artiste
Lucien Clergue, Nu de la mer, Les Saintes-Maries-de-la-Mer, 1957. (avec l'aimable autorisation de l'artiste © Rencontres Arles

Parade

Les hommes et les femmes de Lucien Clergue - Exposition présentée à l'atelier de la Chaudronnerie, parc des Ateliers. À 80 ans, Lucien Clergue déborde d’énergie. Pour cet anniversaire, nous avons voulu mettre un peu d’ordre, ramener la lecture de sa photographie à l’essentiel et faire le tri dans les histoires qu’il raconte avec faconde pour les accompagner.Ses nus qui font sa célébrité côtoient des scènes fragiles où il projette ses propres meurtrissures à travers des scénettes d’enfants dans les ruines, des cadavres d’animaux, des dessins abstraits et éphémères sur le sable. La violence comme la passion sont bien réelles dans ses photos de corridas ou les juxtapositions qu’il réalise dans les musées. Sa pratique de la photographie, intuitive au début, est justifiée, alors qu’il a à peine vingt ans, par les paroles et les mises en perspectives des maîtres que Lucien se choisit : Picasso, Cocteau, Saint John Perse… Ils lui apportent caution, contacts, et assurance. Cette audace qui lui permet de les rencontrer est celle qui l’aide sans cesse à se propulser, mais aussi à créer un rendez vous sans pareil : les Rencontres internationales de la photographie. Premier festival au monde consacré à la photo, parenthèse annuelle généreuse, créée à une époque où l’échange comme la créativité se débrident. Les femmes sont présentes dans toute l’oeuvre de Lucien, de la souffrance et des encouragements de sa mère aux modèles qu’il aime nommer comme des partenaires de talent, au soutien constant de sa femme Yolande, à ses deux filles qui elles aussi ont posé pour lui, comme l’ont fait, à une certaine époque, plusieurs collaboratricesdes Rencontres de la photographie… C’est à travers ces hommes et ces femmes qui ont été des rencontres déterminantes de son parcours que nous avons voulu que Lucien Clergue se raconte dans une exposition mise en scène de façon radicale, où son récit accompagne une sélection stricte de son oeuvre.François Hébel.

Présence d'une génération perdue - Exposition présentée à l'église des Frères Prêcheurs. Lorsque Raymond Depardon a photographié la France des villages et des quartiers pendant cinq ans, il était difficile que son objectif ne croise pas régulièrement des monuments aux morts tant ils font partie du paysage au coeur des villes.

Raymond Depardon, Languedoc-Roussilon, Pyrénées-Orientales, Céret
Raymond Depardon, Languedoc-Roussilon, Pyrénées-Orientales, Céret © Rencontres Arles

Les Rencontres présentent pour la première fois ces photos à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale. Rien n’y fait, ni les envolées lyriques de certains de leurs sculpteurs, ni les belles lumières et les couleurs de Raymond : ces monuments sont un condensé de cimetière, une cicatrice désagréable dans des paysages souvent bucoliques.On voudrait que l’imposition de cette mémoire fasse réfléchir lors des soubresauts de l’humanité. Délicatement, avec la profondeur de son image grand format, Raymond Depardon semble nous inviter à regarder de nouveau ce que nous ne regardions peut-être plus avec la même gravité. Avec cette lumière très particulière, il sublime avec pudeur et simplicité cet hymne à une génération perdue, cette douleur latente que le temps ne doit pas atténuer, pour empêcher une répétition de l’histoire.François Hébel

Nuits de la photographie

Formule unique au monde où une personnalité fait face à 2 500 personnes, les projections nocturnes présentent le travail de photographes ou de spécialistes de la photographie accompagnées souvent par des concerts. Chaque soirée est un vrai spectacle sous les étoiles, en deux parties, qui fait l’objet d’une création unique dans le cadre exceptionneldu théâtre Antique d’Arles . Début des soirées à la tombée de la nuit à 22 h 15 précises, durée variable selon les soirs entre 1 h 30 et 2 h 30. En 2014, les horaires et lieux de projection varient d’un jour à l’autre en fonction de la Coupe du monde de Football. Placement libre.

Exposition des téléphones Bell – Exposition universelle de New York, Opératrices 1-19, 1939. Par « Press Dept. 140 West St., New
Exposition des téléphones Bell – Exposition universelle de New York, Opératrices 1-19, 1939. Par « Press Dept. 140 West St., New © Rencontres Arles

Visites d’expositions Durant la semaine d’ouverture, les photographes exposés présentent leurs oeuvres aux festivaliers. Du 14 juillet au 21 septembre, une équipe de photographes-médiateurs proposent quotidiennement des parcours de visites à travers les différents sites d’exposition. Une approche sensible, technique et interactive du festival.Conférences et débats Lors des journées d’ouverture, des conférences et débats sont organisés rue du Docteur Fanton, invitant les photographes participant et les professionnels présents à s’exprimer sur leur travail ou sur les questions soulevées par les images exposées.Signatures de livres Des séances sont organisées rue du Docteur Fanton pendant la semaine d’ouverture en présence de la plupart des photographes participant aux Rencontres d’Arles.

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