France Inter en directdu festivalJe vous demande de sortir, le mercredi 3 juillet, de 18h15 – 19h

Quelle place le noir et blanc occupe-t-il aujourd’hui ? Réalisme ou fiction, poésie, abstraction ou pure nostalgie ?

Cette année à Arles, ce sont 50 stages et 50 expositions qui sont proposés, sur cette thématique radicale de la photographie noir & blanc. Des découvertes bien sûr, des créations inédites d’artistes consacrés, et des trésors du passé... Ceux-ci sont organisés en quatre thèmes : "Eux", "Moi", "Là", et "Album".

France Inter vous emmène au cœur des Rencontres...

Projections nocturnes

Formule unique au monde où une personnalité fait face à 2 500 personnes, les projections nocturnes présentent le travail de photographes ou de spécialistes de la photographie accompagnées souvent par des concerts. Chaque soirée est un vrai spectacle sous les étoiles, en deux parties, qui fait l’objet d’une création unique dans le cadre exceptionnel du théâtre antique d’Arles.Début des soirées à la tombée de la nuit à 22h15 précise, durée selon les soirs entre 1h30 et 2h30. Placement libre.

Découvrez ci-dessous le travail d'Hiroshi Sugimoto

Longtemps, j’ai aimé grimper sur des falaises et observer l’horizon, là où la mer rencontre le ciel. L’horizon n’est pas une ligne droite, mais un segment d’un grand arc. Un jour, alors que je me trouvais seul au sommet d’une île isolée dans des mers lointaines, l’horizon englobait tout mon champ de vision et j’ai eu un court instant l’impression de flotter au-dessus d’un vide incommensurable. […] Dans mes rêves d’enfant, je flottais souvent dans les airs. Parfois, je quittais mon corps pour l’observer pendant mon sommeil, depuis un point en hauteur près du plafond. Comme une projection astrale, peut-être, un moi éveillé coexistait simultanément avec un moi endormi. Même adulte, je m’imagine souvent lévitant dans les airs. Faut-il voir là la source de mon inspiration artistique ?....

Hiroshi Sugimoto

Arte vous propose de revoir les Nuits de la photographie. Découvrez leurs vidéos ici >

Focus sur quelques expositions

Cette année, le festival d'Arles se focalise sur la Photographie noir et blanc. Jusque dans les années 1980 la couleur est regardée avec mépris, tandis que le noir et blanc est la photographie d’art par essence. Le lent déclin du noir et blanc débute dans les années 1990 lorsque la couleur s’installe avec son lot de progrès techniques (films et tirages argentiques) et que le marché de l’art porte un intérêt soudain à la photographie, numérotant les tirages et starifiant de jeunes photographes. Le noir disparaît presque totalement après 2000, la couleur installant sa suprématie dans toutes les pratiques de la photographie avec l’essor du numérique.L’effacement du noir et blanc a entraîné avec lui l’abandon de l’album de famille et de la photo peinte. Avec la couleur sont apparus des tirages plus grands, des installations, des diffusions numériques…Le statut du photographe, qu’il soit artiste, amateur ou professionnel, sa relation au sujet, au modèle ou tout simplement à la création, sont transformés par la disparition du mystère du révélateur et de l’artisanat de la chambre noire.

 Sergio Larrain - Passage Bavestrello, Valparaiso, Chili, 1952.
Sergio Larrain - Passage Bavestrello, Valparaiso, Chili, 1952. © Sergio Larrain/Magnum Photos

Sergio Larrain - RÉTROSPECTIVE

Exposition présentée à l’église Sainte-Anne. Exposition exceptionnelle présentée à Arles en première mondiale, la rétrospective du photographe chilien Sergio Larrain retrace l’ensemble de sa carrière, des premières années d’apprentissage aux « années Magnum », des images documentaires à celles plus libres des « satori » et des dessins qui ont jalonné toute sa vie. Sergio Larrain avait un oeil très vif, libéré des conventions. « Je peux donner forme à ce monde de fantasmes quand je sens que certains résonnent en moi », écrivait-il dans son livre El Rectángulo en la Mano (1963). Cette approche à la fois sociale et poétique fait de Sergio Larrain un photographe brillant qui reste un modèle pour les générations nouvelles. »

Pieter Hugo - Annebelle Schreuders (1), 2012
Pieter Hugo - Annebelle Schreuders (1), 2012 © Rencontres Arles

Pieter Hugo - THERE’S A PLACE IN HELL FOR ME AND MY FRIENDSExposition présentée à l’atelier de Chaudronnerie, Parc des Ateliers.

Dans cette série, Pieter Hugo rassemble des portraits de lui-même et de ses amis résidant en Afrique du Sud. Par un processus numérique et en convertissant la couleur en noir et blanc, Hugo fait ressortir le pigment de la peau. Il met en avant les contradictions des distinctions raciales fondées sur la couleur de la peau et se positionne en opposition aux images retouchées des canons de la beauté dans la culture populaire. Comme le souligne le critique Aaron Schuman : « […] Ce qui nous divise à la surface est en réalité quelque chose que nous partageons tous et, comme ces photographies, nous ne sommes ni blanc ni noirs, mais plutôt rouges, jaunes, bruns, etc. ; nous sommes tous, en réalité, des personnes de couleur ».

Michel Vanden Eeckhoudt - Belgique 2011.
Michel Vanden Eeckhoudt - Belgique 2011. © Rencontres Arles

Michel Vanden Eeckhoudt - DOUX-AMERExposition présentée à l’atelier des Forges, Parc des Ateliers.

Selon Francine Deroudille : "L’univers que nous dévoile Michel Vanden Eeckhoudt n’est pas gai. […] Il nous parle de nous. De nos enfants, de nos journées, de notre solitude, de nos bouffées d’allégresse, de nos fatigues, de la mort qui rôde, de la curieuse façon dont la terre tourne […]. Il photographie un rêve éveillé, libre à nous d’y associer le nôtre. Le rythme, l’harmonie, le contrepoint, l’accord, la dissonance sont au coeur de ses préoccupations. C’est cela peut-être […] qui rend possible la juxtaposition d’images prises à trente années d’intervalle. C’est cette constance de la composition harmonique qui donne à l’oeuvre une cohérence définitive. Le regard de Michel Vanden Eeckhoudt est aigu et pénétrant, grave, tendre, mystérieux, drôle parfois, c’est le regard d’un homme qui regarde le monde en y trouvant plus de questionnements que de réponses."

Van-Leo - Beauté italienne - Le Caire, Égypte, 1950 - Collection AIF/Van-Leo - Avec l'aimable autorisation de la Fondation arabe
Van-Leo - Beauté italienne - Le Caire, Égypte, 1950 - Collection AIF/Van-Leo - Avec l'aimable autorisation de la Fondation arabe © Rencontres Arles
**STUDIO FOUAD, BEYROUTH - VAN-LEO, LE CAIRE** _Exposition présentée à l’Espace Van Gogh_ __ Peu après sa création en 1997, la Fondation arabe pour l’image a commencé à collectionner des épreuves de photographes anonymes, amateurs et professionnels. Les principales collections dédiées à des photographes travaillant en studio, Van-Leo au Caire et Adib Ghorab à Beyrouth, sont toutes les deux présentées dans cette exposition à travers une sélection de portraits colorisés à la main.Commissariat : Zeina Arida et François Hébel.Exposition produite par la Fondation arabe pour l’image à Beyrouth, en collaboration avec l’Université Américaine du Caire pour la sélection Van-Leo.
Frédéric Nauczyciel, L’Échange (temps de pause 2h45) - Cloître des Célestins
Frédéric Nauczyciel, L’Échange (temps de pause 2h45) - Cloître des Célestins © Rencontres Arles
**FESTIVAL D'AVIGNON, par Stéphane Couturier et Frédéric Nauczyciel** _Expostions présentée au cloître Saint-Trophime_ De 2007 à 2010, un artiste photographe a été invité à poser son regard sur une édition du festival d’Avignon. François Hébel a choisi de montrer deux de ces regards : celui de Frédéric Nauczyciel sur le public ("ceux qui nous regardent") et celui de Stéphane Couturier sur l’architecture et la scénographie au festival ("Melting Point – Avignon"). [Toute la programmation du festival à découvrir ici > ](http://www.rencontres-arles.com/A11/C.aspx?VP3=CMS3&VF=ARL_1024_VForm&FRM=Frame:ARL_1131)
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lien image evenement festival de l'été © Radio France
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