L'Edito des Suds

Y’a t’il trop d’étranger dans le monde ?

Dans une Europe où la peur de l’Autre encourage le sectarisme et le repli sur soi, ce sophisme de Luis Rego sonne comme un encouragement pour un festival qui revendique comme un credo, l’accueil de centaines d’étrangers sur son territoire pendant toute une semaine.

Les plus connus seront là : Goran Bregovic, Melody Gardot, Miguel Poveda, Rokia Traoré, Alela Diane, Didier Awadi . Et, comme depuis 18 ans maintenant, notre festival qui célèbre la diversité des cultures et des musiques, fera aussi la part belle aux découvertes : Sílvia Pérez Cruz, Moh !Kouyaté, Baloji, Lindigo , etc.

Des artistes venus de l’Orient Extrême ou du continent américain, d’Afrique, d’Europe, de Méditerranée mais de notre Sud provençal ou languedocien, et d’autres régions de France : Moussu T, Lo Cor de la Plana, Saboï, El Pulpo, Du Bartas, La Horde, Imed Alibi Project, Fanfaraï et Mazalda .

En effet, les musiques du monde célèbrent la dimension patrimoniale singulière de ces musiques de tous les pays, et aussi du nôtre. Elles nous permettent d’interroger l’Histoire et l’influence sur la création artistique des migrations anciennes, de l’esclavage, des échanges commerciaux, du colonialisme, du passage du monde rural au monde urbain, et maintenant, de la mondialisation.

Elles éclairent nos identités culturelles, qui puisent depuis toujours dans leurs multiples racines. C’est ce qu’illustrent particulièrement En Chordais, Wanlov, Sam Lee ou Jadayel . Ce sont des musiques porteuses de sens pour « dire le monde » d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Si nous réunissons ici les artistes les plus talentueux, c’est aussi pour valoriser chaque individu, qui va donner au public le meilleur de lui même et au-delà, de sa culture d’origine. Transcendant les notions de frontières et de nationalités, nous savons aussi que toute œuvre de qualité, tout ce qui est beau, est structurant pour l’esprit.

A l’issue de cette semaine de communion entre les artistes et le public, nous vous proposons [la Nuit], un nouveau rituel poétique ; et c’est la cité d’Arles, la tête d’affiche. Elle invite sur ses places, dans les cours, les cloîtres et les patios, dans ses monuments romains, romans ou du XVIIème, 200 musiciens pour 30 concerts, de 19h le samedi 13 juillet jusqu’au dimanche 14 juillet à 7h du matin avec aussi, les musiques de l’aube.

Pendant la semaine des Suds, et surtout à l’occasion de cette [Nuit], le public découvrira de nombreuses créations. Plusieurs partenaires ont souhaité vous donner le plaisir de l’innovation et de la découverte : la SACEM avec Moussu T et Lo Cor de la Planasur un air de Trenet , le Plan Rhône avec Brama Biòu de Saboï et Rhapsodie 4 pour continuer à interroger « Deltas et Nomadisme » et, le Parc Naturel Régional de Camargue avec le Philharmonique de la Roquette ... Il y aura également beaucoup de formations inédites : Rocío Molina et sa performance flamenca dansée, Imzad du sud algérien, Acoustic Africa … et des rencontres exceptionnelles : Bumcello et ses invités.

Le public est au centre de ce projet artistique exceptionnel coréalisé avec MarseilleProvence 2013. Tous ces concerts sont gratuits, parce que Suds est un projet politique, au sens premier du terme bien sûr - qui concerne le citoyen ; et [La Nuit], l’occasion de le vivre passionnément.

En ces temps de grandes mutations, nous vous proposons une semaine d’émotions musicales, d’harmonie, de découvertes, de fête et d’espérance, où nous pourrons tous ensemble imaginer et commencer à inventer d’autres mondes possibles.

MARIE JOSÉ JUSTAMOND Directrice de SUDS, à ARLES

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