La littérature jeunesse est un secteur qui rapporte. Avec + 5,2 % de croissance et 324 millions de chiffre d’affaires en 2016, l’édition jeunesse a le vent en poupe.

Le Salon de la littérature et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis se déroule à Montreuil du 29 novembre au 4 décembre 2017
Le Salon de la littérature et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis se déroule à Montreuil du 29 novembre au 4 décembre 2017 © AFP / CITIZENSIDE / CAROLINE PAUX

Cette bonne santé est en fait le résultat de succès phénoménaux portés par deux titres phares : Astérix, avec 23 millions € de chiffres d'affaire en 2015 et Harry Potter, 33 millions € en 2016. 

En 15 ans l'édition de titres a doublé.  L'an dernier,  16 500 titres ont été publiés. C'est le signe d'une créativité débordante, sur un marché monopolisé par quelques références.

Dans les meilleurs ventes des livres jeunesse en 2016, on retrouve l'incontournable  Harry Potter de J.K. Rowling, et en particulier le tome 1 L'école des sorciers, puis La Couleur des émotions de Marie Antilogus et Anna Llenas et enfin 13 Reasons Why de Jay Asher (adapté par Netflix). 

La littérature jeunesse représente 13,5% du marché de l'édition en chiffres d'affaires, pour 77 millions d'exemplaires vendus. 1 livre  vendu sur 5  est un livre jeunesse. 

Au-delà de ces chiffres par millions, tout le reste de la littérature jeunesse ne présente pas une aussi bonne santé. Le tirage moyen des livres pour enfants est autour de 3000 exemplaires. 

77 M d’exemplaires vendus 1 LIVRE sur 5 vendu est un livre jeunesse Depuis 2000, la production de titres jeunesse à l’unité a doublé : 8 350 en 2000 contre 16 521 en 2016

Quand aux auteur.e.s, ils se mobilisent depuis deux ans pour attirer l'attention sur le fait que, pour eux, les chiffres s'affichent en miniature. Dans leurs tableaux comptables, la littérature n'est pas uniquement faite de poésie et de joie.   

Ils sont vent debout contre la hausse non compensée de la CSG,  la faiblesse des droits d’auteur, moins importants qu'en littérature générale, et la précarisation de la profession. 

Si le livre était une pomme, à l'auteur.e reviendrait les pépins...  

Ce slogan, qui circule dans le milieu des auteurs jeunesse, reflète l'ambiance actuelle.  

L'an dernier à travers une campagne d'affiches humoristiques ils faisaient ainsi leurs comptes :

Il faut vendre 500 livres pour s'acheter une paire de lunettes à  300 euros  ou bien 18 livres pour acheter un poulet fermier à 10 euros.  

C'est avec ce type de comparaison que les auteurs jeunesse ont exposé leur désarroi lors des derniers mois.  

Les auteur.e.s, réunis sous le nom de La charte des auteurs jeunesse ont même lancé cet hiver une web série... à la manière d'une enquête télé, où le commentateur décrit les joies du succès des auteur.e.s - en fait le contraire de la réalité.  

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SALON Rendez-vous au Salon du livre jeunesse à Montreuil (93), du mercredi 29 novembre au lundi 4 décembre 2017

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