Comment mesurer l’amour, sans dire « Je t’aime », mais tout en le disant sans le savoir… Denis Cheissoux nous explique pourquoi ce classique de la littérature jeunesse de Sam McBratney et Anita Jeram est incontournable !

Couverture de "Devine combien je t'aime" de Sam McBratney et Anita Jeram
Couverture de "Devine combien je t'aime" de Sam McBratney et Anita Jeram © Coll Pastel

Après 33 ans au compteur de l'émission de littérature jeunesse, L’as-tu lu mon p’tit loup, Denis Cheissoux revisite dans Grand bien vous fasse, les classiques des albums pour enfants, pour constituer une sorte de bibliothèque idéale. 

Les livres permettent aux enfants de se construire. Ceux dont Denis Cheissoux nous parle, ont traversé le temps et sont devenus intemporels. 

Des suggestions d'albums qui ne jaunissent pas avec le temps, qui passeront encore de nombreux hivers et toucheront plusieurs générations

Aujourd'hui : Devine combien je t’aime

Dire "Je t’aime" aux personnes qui nous entourent n’est pas toujours chose facile. Et quand on vit tous les jours ensemble, on s’habitue, on oublie de dire les choses essentielles, les attentions, les cadeaux, les bouquets… que sais je ? 

Avec les enfants, c’est exactement la même chose. Et quoi de plus formidable et enthousiasmant que de s’entendre dire : « Je t’aime » par son enfant. Ne serait-ce que pour lui susurrer au creux de l’oreille :

« Ah bon ! Et tu m’aimes comment ? »

C’est le thème de ce classique publié en collection économique Lutin Poche. 

Pour se dire l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre, Petit Lièvre Brun et Grand Lièvre Brun font un véritable concours

Devine combien je t'aime de Sam McBratney et Amita Jeram
Devine combien je t'aime de Sam McBratney et Amita Jeram / Coll Pastel/Rue de Sèvres

Petit Lièvre – on imagine qu’il est le fils mais il y a un adulte et un enfant - veut que Grand Lièvre l’écoute vraiment :

«  Devine combien je t’aime ?

- Comment veux-tu que je devine cela ? 

- Je t’aime grand comme ça, dit Petit Lièvre en écartant les bras le plus largement qu’il peut.

- Et moi grand comme ceci, lui dit Grand Lièvre en écartant ses immenses bras. Et puis après, les bras à l’horizontale. 

- Et moi, je t’aime haut comme ça ! dit Petit Lièvre en levant les bras au ciel, à la verticale.

Soudain, Petit Lièvre Brun a une idée. Il fait une culbute et appuie ses pattes arrières contre le tronc de l’arbre :

- Je t’aime jusqu’au bout de mes orteils, dit-il, 

Et puis, ils font des bonds :

- Je t’aime aussi haut que je peux sauter !

Et puis, vous avez le très joli : 

- Je t’aime aussi loin que le chemin qui mène à la rivière.

-  Et moi, je t’aime aussi loin que la rivière par-delà les collines.

Et le petit, impressionné, se dit  : "Ça c’est vraiment très loin"

Puis il ne réfléchit plus, car la nuit tombe. Il est fatigué et avant de s’endormir, il dit :

-  Je t’aime jusque la Lune.

Et Grand Lièvre se dit que ça c’est vraiment très, très loin ! »

Comment mesurer l’amour, sans dire « Je t’aime »  mais tout en le disant sans le savoir avec des gestes sans les mots.  

page de Devine combien je t'aime de Sam McBratney et Anita Jeram
page de Devine combien je t'aime de Sam McBratney et Anita Jeram / Coll Pastel/Rue de Sèvres

Mesurer l’amour, l’’exprimer avec son corps dans une surenchère heureuse, comme dans un grand voyage jusqu’à la Lune, avec le billet de retour. 

Vous avez un climat de douceur, de campagne anglaise, avec des traits délicats, des couleurs pastel.

C’est très fatigant, ces élongations, étirements, sauts, pirouettes - le tout sans coach parce qu’aujourd’hui, pour faire la même chose, il faudrait un coach et payer 50 balles - c’est très fatigant, et le petit va s’endormir dans son petit lit de fougères.

C'est un ouvrage essentiellement dialogué et il enchante par sa vivacité du trait qui répond au naturel du texte.

Cet album existe depuis 1994, et il fonctionne toujours 

Car il est drôle et tendre à la fois, très bien construit, avec des illustrations dans la tradition des illustrateurs animaliers britanniques. Il a un petit côté rétro dans les aquarelles de l’illustratrice. 

Et il faut noter son application à représenter vraiment des lièvres et non pas des lapins, faussement humanisés, qui ressemblent à des peluches. Vous ajoutez une mise en page de grande qualité et vos enfants, petits-enfants vont continuer à le réclamer et le liront plus tard à leurs enfants en étant les meilleurs comédiens du monde puisque l’amour circulera au-delà des mots et des images.

Devine combien je t’aime de Sam Mac Bratney et illustré par Anita Jeram,  dès quatre ans, aux éditions Pastel, est un livre anglais de 1994, traduit par Claude Lager.

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