L'étude du Syndicat national de l'édition montre la bonne santé du marché de la littérature en 2017. Pour la première fois, le secteur jeunesse est à la peine.

Les librairies continuent de souffrir de la concurrence des ventes de livres en ligne
Les librairies continuent de souffrir de la concurrence des ventes de livres en ligne © Getty / Luis Alvarez

2017 a été une année présidentielle, ce qui a impliqué une grosse production de livres  et d'essais politiques. Pour autant, cela n'a pas porté le marché lors du premier semestre. La bonne qualité de la rentrée littéraire a permis de relever la barre et faire de 2017 une année en très légère baisse (-1,61 % par rapport à 2016), le chiffre d’affaires des éditeurs s'établissant à presque  2,8 milliards d’euros. C'est ce qui ressort de l'étude annuelle menée pour le compte du Syndicat national de l'édition (SNE). 

Le secteur en plus forte baisse est celui des "Documents, actualités et essais". Il est en chute de 16,7 % par rapport à 2016. Les livres des candidats à la présidentielle, qui s'étaient bien vendus en 2016, ont lassé le public en 2017. 

Trois secteurs éditoriaux ont enregistré une hausse : la littérature, la bande dessinée et les mangas, les ouvrages dits "de documentation" (+17 %). 

Légère baisse du marché de l'édition en 2017
Légère baisse du marché de l'édition en 2017 / Syndicat national de l'édition

Les librairies en souffrance

L'étude du SNE note que, tout comme l'année précédente, l’année 2017 a été difficile pour les librairies dites "de niveau 1". Elles continuent à souffrir de la concurrence des vendeurs en ligne, dont la performance et la qualité de service ne cesse de progresser. 

L’agrandissement du parc de magasins et l’ouverture de grandes surfaces spécialisées (GSS) à proximité des centres-villes ont profité aux ventes de livres sur ce circuit. En revanche, les grandes surfaces alimentaires (GSA) perdent de l'influence sur le marché. 

Le format poche toujours porteur

Les ventes de livres au format poche sont un peu au-dessus de la moyenne de l’activité des ventes tous formats confondus. Elles restent un bon relais de croissance pour l’ensemble du secteur. D'autant que pour les titres phares, la vente du format poche ne vient pas empiéter sur les ventes grand format. 

Au format poche, les plus gros vendeurs sont, dans l'ordre, Elena Ferrante, Paula Hawkins, Pierre Lemaître et Margaret Atwood. 

La littérature tête de pont

Avec un chiffre d’affaires de 602 millions d'euros, la littérature est le plus gros secteur du marché du livre, avec une croissance de croissance de 2,7 % par rapport à 2016. La rentrée littéraire et les prix ont porté les ventes, de même que la période des cadeaux de fin d'année. Les polars gagnent plus de 10 % en chiffre d'affaires. 

Les livres qui dynamisent le marché sont signés Raphaëlle Giordano, Leïla Slimani, Gaël Faye, Michel Bussi, Fred Vargas, Harlan Coben, Camilla Läckberg ou Mary Higgins Clark.

Bonne progression de la BD

La bande dessinée n'est que le sixième secteur en valeur de l'écosystème de l'édition, mais son taux de croissance est de 13 %, notamment sous l'effet d'Astérix. 

Les BD dites "du réel" – reportage, littérature, histoire – ont remporté un beau succès, poussées notamment par le best-sellers comme Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne ou Les Culottées de Pénélope Bagieu. 

Le secteur jeunesse en difficulté

L’édition jeunesse, d'habitude très dynamique, est en difficulté, pour la première fois, avec une baisse de 6,6 % de son activité (en volume et en valeur). Les albums petite enfance, la fiction jeunesse et jeunes adultes sont touchés de la même manière. 

Les jeunes lecteurs aiment néanmoins lire les livres en rapport avec les films ou les séries qu'ils ont aimés ou les textes des auteurs qui se publient sur des plateformes comme Wattpadd.

Mais le secteur jeunesse, particulièrement créatif en France, continue de bien se vendre  l'étranger. 

Le Syndicat national de l'édition espère que le Plan lecture lancé le 12 octobre 2017 par le ministère de l’Éducation nationale, en lien avec le ministère de la Culture ("Ensemble pour un pays de lecteurs") sera un axe de développement positif en 2018.

L'édition universitaire fait grimper le numérique

Le chiffre d'affaires de la branche numérique est en hausse, essentiellement avec l’édition professionnelle et scientifique. La hausse est de près de 10 %, pour un secteur encore très marginal. 

La progression de ce chiffre d’affaires est principalement portée par l’édition professionnelle et universitaire, plus fort segment en poids. La réforme des programmes scolaires des années 2016 et 2017 a eu un effet notable sur la croissance de l’édition numérique scolaire (+38,2 %). L’édition numérique de littérature est en hausse de 5,78 %.  

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