Ce jeudi, c’est la date limite pour déposer des dossiers de candidature pour la deuxième mouture du “Loto du patrimoine”, patronné par Stéphane Bern. Mais à l’issue de la première édition, plusieurs monuments sont mécontents de la redistribution des fonds.

Les 12 millions de tickets du jeu "Mission patrimoine" ont été vendus
Les 12 millions de tickets du jeu "Mission patrimoine" ont été vendus © Maxppp / Jean-François FREY / PHOTOPQR/L'ALSACE

Dix-huit projets particulièrement emblématiques, et 100 autres projets, plus modestes, seront choisis parmi les dossiers qui peuvent encore être déposés ce jeudi. Ils prendront part à la deuxième saison du “Loto du patrimoine” (et du jeu “Mission patrimoine”), piloté par la Française des jeux (FDJ) sous l’impulsion de Stéphane Bern.  

Jusqu’à la clôture des dépôts de dossiers, il est encore possible de proposer de sauver le monument de son choix. Chacun peut proposer un monument à sauver... à condition de disposer d’informations suffisamment détaillées sur le sujet : le type de bien, un éventuel soutien de la Fondation du patrimoine, sa description historique, son état de péril, et même la nature et le coût éventuel des travaux à effectuer.  

Des financements insuffisants pour une partie des lieux ?

Les projets retenus seront annoncés au mois de mai, pour un Loto du patrimoine qui se déroule au mois de septembre. En 2018, grâce notamment à ce jeu, l’animateur a réussi à collecter “près de 50 millions d’euros, dont 22 millions avec le Loto du patrimoine, quelque 20 millions avec la compensation de ces taxes que l’État voulait prélever, et le reste c’est du mécénat d’entreprise que j’essaie de rassembler” explique Stéphane Bern.  

Sauf que cette victoire avancée par Stéphane Bern est contrebalancée par de nombreuses collectivités dont les sites avaient été retenus par la “Mission patrimoine”. Les 18 sites emblématiques ont bel et bien reçu un financement conséquent : 200 000 euros pour le château de Bussy-Rabutin, en Côte d’Or, par exemple. 180 000 euros pour Fort-Cigogne dans le Finistère, etc. 

Mais la situation est plus complexe pour les 250 autres monuments bénéficiaires du Loto du patrimoine : ceux-ci n’ont touché que des sommes plus faibles. “Nous avons voulu aller au plus vite et privilégier les édifices non protégés, qui reçoivent 40% de leur demande de financement. Les édifices classés ne perçoivent que 10% parce qu’ils vont se voir attribuer une subvention supplémentaire”, a expliqué Stéphane Bern dans Le Parisien, pour apporter une explication à cette déception.  

La faute en partie rejetée sur FDJ

Et ce d’autant plus que ce sont finalement 250 monuments qui ont rejoint cette “mission patrimoine”, contre les 120 initialement prévus. Selon Stéphane Bern, le problème vient aussi de la répartition des gains du jeu : sur les 15 euros que coûte un ticket à gratter, seuls 10% étaient reversés à la Fondation du patrimoine. Il est très possible” que cette part augmente pour la saison 2019 du jeu, a déclaré l’animateur, tout en rappelant que cette décision ne lui appartenait pas.  

"Ce serait une bonne chose que la part qui revient au patrimoine soit un peu plus conséquente, mais il faut que le jeu reste attractif, ne l'oublions pas, c'est un jeu d'argent. On me disait : 15 euros, c'est trop cher. La FDJ en a vendu la totalité, c’est-à-dire 12 millions de tickets. Donc je ne peux pas leur reprocher de ne pas avoir vendu assez, mais je pense que ce serait une bonne chose que la FDJ donne un peu plus", estime-t-il.  

Un tirage le 14-Juillet, deux jeux à gratter

En effet, la Française des jeux à annoncé jeudi les modalités pour la "version 2" du Loto du patrimoine. Alors que l'an dernier, le lancement d'un jeu à gratter et le tirage du "Super Loto" s'était concentré autour des Journées du patrimoine, le tirage exceptionnel du Loto aura cette fois lieu le 14-Juillet pour "en faire un événement plus important", souligne Stéphane Pallez, la PDG de la FDJ. Le jackpot reste inchangé, à 13 millions d'euros. L'an dernier, deux millions de Français y avaient participé, pour 14 millions d'euros de mises, soit 30% de plus que lors d'un tirage moyen de loto. 

En amont des Journées européennes du patrimoine, prévues du 13 au 15 septembre, seront ensuite lancés des jeux à gratter. Le jeu à 15 euros (pour un gain de 1,5 millions d'euros) – un ticket grand format mettant en scène six des 18 "monuments emblématiques" – sera reconduit. Il sera accompagné cette année d'une gamme de douze tickets, présentant chacun un monument, proposés à 3 euros pièce pour un gain possible de 30.000 euros.  L'an dernier, le ticket à 15 euros avait connu "un énorme succès", avec 178 millions d'euros misés par 2,8 millions de clients, "dont 200.000 étaient de nouveaux joueurs", souligne Stéphane Pallez.

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