blogcs itw automatique... ou pas
blogcs itw automatique... ou pas © Radio France / C Siméone

Maarten Baas est le premier interlocuteur de ce blog acceptant de se prêter au jeu de l’interview automatique… ou pas. Le musée des Arts Décoratifs à Paris lui a donné carte blanche pour exposer « les curiosités d’un designer ». C’est un ensemble de petits décors dans des boîtes noires. Il a installé quelques unes de ses œuvres au milieu d’autres objets. C’est un peu court et frustrant, mais poétiques et ludique.

Photo Les Arts Décoratifs  Luc Boegly
Photo Les Arts Décoratifs Luc Boegly © Photo Les Arts Décoratifs Luc Boegly / Photo Les Arts Décoratifs Luc Boegly

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Baas a réussi dans ces petites mises en scène à montrer ses pièces majeures mais il faut les deviner au milieu de mystérieux décors.

Photo Les Arts Décoratifs  Luc Boegly
Photo Les Arts Décoratifs Luc Boegly © Photo Les Arts Décoratifs Luc Boegly / Luc Boegly- Les arts Décoratifs

Des questions, ses réponses, voici donc l’interview de Maarten Baas, designer allemand. Avec ses lignes courbes, irrégulières, asymétriques ou chaotiques, son travail dénote avec les recherches épurées et le minimalisme de certains designers, sans verser non plus dans le baroque. Mieux vaut aller chercher Baas du côté du surréalisme ou de dada. Il s’est notamment fait connaitre avec une série de meubles dits Smoke. Les meubles de cette série, des pièces de grands créateurs, sont brûlés avant d’être recouverts d’une couche d’epoxy.

1/ Marteen,Intéressons-nous d’abord à la série Smoke. Comment l’idée vous est-elle venue un beau jour de produire un fauteuil calciné ?

Maarten Baas : Smoke est une série conçue pour mon travail de fin d’études. J’ai d’abord réfléchi à ce que nous avions l’habitude de tenir pour certain en matière de beauté. Comment définit-on la beauté? Comment décide-t-on de ce qui est bien ou mal? Je cherchais de nouvelles définitions pour la beauté. Bref, je me posais des tas de questions de cette sorte. C’est comme s’il y avait des règles, que dis-je des lois même, pour savoir comment faire quelque chose de beau.Il y a par ailleurs un désir instinctif à vouloir conserver les choses telles qu’elles sont, mais je pense que c’est contre-nature pour les objets de demeurer en l’état . Les choses ne sont pas comme ça, statiques. Pour la série Smoke, j’ai choisi un siège baroque ultra-connu, et d’autres pièces aussi connues que des icônes, à tel point que les gens savent très bien à quoi elles ressemblent et donc j’ai pris ces objets et je les ai amenés à autre niveau. Le fait de les brûler a pu paraître comme quelque chose de négatif mais je parlerais plutôt d’une libération . Inutile de se cramponner à ce que nous possédons, mieux valait en finir avec ça. Voilà tout ce à quoi je pensais en produisant cette série.

Smoke Chair Photographer Maarten van Houten, www.maartenvanhouten.nl
Smoke Chair Photographer Maarten van Houten, www.maartenvanhouten.nl © Maarten van Houten / Christine Siméone
Smoke Chair  détail Photographer Maarten van Houten
Smoke Chair détail Photographer Maarten van Houten © Radio France / christine simeone

2/ Pourquoi vous en être pris à de grandes signatures du design comme Eames ou Gaudi ?

Maarten Baas : C’était logique, car ces pièces sont immédiatement reconnaissables. Il s’agissait de rendre hommage à mes prédécesseurs, plutôt que de dévaloriser leur travail, contrairement à ce que les gens ont pu croire.

3/ Avant de brûler un siège, aviez-vous connaissance du travail d’Arman (ses combustions, Le Fauteuil d’Ulysse par exemple) ? Que vous inspire le travail de cet artiste ?

Arman, Fauteuil d'Ulysse, 1965,DR
Arman, Fauteuil d'Ulysse, 1965,DR © Radio France / christine simeone

Maarten Baas : Oui, Arman est l’un de mes artistes préférés. Utiliser le feu comme méthode de travail est un point de départ très intéressant. Par ailleurs mes « Hey, chair, be a bookshelf » sont comparables à son travail. Je ne peux pas dire ce qui m’a inspiré, mais je pense que son travail m’a simplement donné un déclic.

Hey chair be a bookshelf  Photo Maarten van Houten, www.maartenvanhouten.nl
Hey chair be a bookshelf Photo Maarten van Houten, www.maartenvanhouten.nl © Radio France / christine simeone

Avec Hey Chair, Marteen Baas s’est aussi amusé à empiler des chaises les unes sur les autres créant le plus grand désordre. On pourrait dire que c’est du Arman sans le sens esthétique et le jeu des formes. Baas a privilégié une forme de chaos.

4/ Donald Judd a dit « une chaise n’est pas une œuvre d’art parce que quand on s’asseoit dessus on ne peut pas la voir ». Qu’en pensez-vous ?

Maarten Baas : Si je m’asseois sur un tableau de Rembrandt, je ne pourrai pas le voir non plus, donc ce ne serait pas une bonne définition. Et je ne peux pas m’asseoir sur une œuvre de Jean Sébastien Bach, je ne peux pas la voir non plus, donc est ce que ça veut dire que ce n’est pas de l’art ? De plus, ça m’est égal que vous appeliez cela de l’art ou pas. Faites ce que vous voulez avec.

5/ Page blanche, à vous de jouer :

Pas de réponse de Maarten Baas.

blogcs signature C Simeone
blogcs signature C Simeone © Radio France / C Siméone

Prenez donc un siège !

La chaise de Donald Judd, photographiée lors de son exposition à la Piscine de Roubaix, en novembre 2011- Christine Siméone
La chaise de Donald Judd, photographiée lors de son exposition à la Piscine de Roubaix, en novembre 2011- Christine Siméone © Radio France / christine simeone

Arman, sans titre, photo François Fernandez
Arman, sans titre, photo François Fernandez © François Fernandez / christine simeone

Au sujet des chaises et fauteuils en feu, un passage par Magritte est indispensable. Arman a pensé à brûler un siège après avoir vu une décharge en Hollande, et il a titré certaines de ses oeuvres en pensant à Magritte.On trouve aussi chez Magritte des fauteuils en flammes.

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blogcs signature C Simeone © Radio France / C Siméone

Le musée des arts décoratifs à Paris, exposition jusqu’au 12 février 2012

Le site de Maarten Baas

Au sujet d’Arman, le site historique

Textes Copyright Christine Siméone.

Photos Copyright Christine Siméone sauf indication autre.

Remerciements à

Valeria Emanuele, au web de France Inter twitter.com/valeriae

Annelise Signoret, du service documentation de Radio France __

Sophie Raimbault, assistance du service Culture de la rédaction de France Inter

Ghislaine Delubac et son équipe de l'agence Apocope

Guillaume Ducongé

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