Alors que débutent les événements, sort dans les salles de cinéma le 27 mars 1968, L'Homme qui ment, le nouveau film d'Alain Robbe-Grillet avec Jean-Louis Trintignant. Comme avec le Nouveau Roman, le cinéaste et écrivain cherche à bousculer les manières classiques de la narration.

Le style du cinéaste et écrivain Alain Robbe-Grillet est fait de recherche et de rupture avec le cinéma conventionnel et avec celui de la Nouvelle Vague.
Le style du cinéaste et écrivain Alain Robbe-Grillet est fait de recherche et de rupture avec le cinéma conventionnel et avec celui de la Nouvelle Vague. © AFP / Ulf Andersen/Aurimages

Juste après la Seconde Guerre mondiale, Boris interprété par Jean-Louis Trintignant, homme mystérieux, débarque dans une petite ville. Il apprend qu'un résistant a disparu et décide de se rendre à son domicile. Il y trouve sa femme, sa sœur et une servante. Elles y vivent recluses et se livrent à d'étranges jeux. Boris leur fait croire qu'il a connu Jean.

On trouve dans ce film une certaine fascination de Robbe-Grillet pour l’univers érotico-masochiste, mais de façon disparate. Le style Robbe-Grillet est bien là, fait de recherche et de rupture avec le cinéma conventionnel, et avec celui de la nouvelle vague.

La réinvention du romanesque

Le Nouveau Roman souhaite renouveler un genre qui date de l'Antiquité. Ce renouveau laisse l'intrigue passe au second plan, les personnages deviennent subsidiaires. 

Une recherche de l'organisation d'un récit autour d'un vide.

Pour Alain Robbe-Grillet, elle s'oppose au roman traditionnel du XIXe siècle construit autour "d'un plein", "d'un noyau central dur et plein qui est en général un personnage, le destin d'un personnage".

L'expérimentation stylistique

Chaque auteur classé dans la catégorie du nouveau roman expérimente de nouvelles pistes stylistiques. Pour Beckett, qui reçoit le prix Nobel de littérature en 1969, c'est l'absurde. Pour l'Oulipo de Queneau et de Pérec, il s'agit d'introduire une dose de science mathématique à leur vocabulaire.

Si ce mouvement littéraire assez hétérogène et déstructuré ne s'est pas forcément engagé politiquement dans les événements de mai 1968, sa recherche, depuis la fin des années 50, a participé à la modernisation de la vie culturelle.

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