Le Café de la gare est né après les événements de mai 1968, créé par une bande de copains pour prolonger l'esprit libertaire et pour ne pas laisser retomber le soufflé. Cette génération de comédiens, inconnus à l'époque, a produit les vedettes des années 1970.

Rufus et Romain Bouteille en 1969 dans le feuilleton "Rendez-vous à Badenberg" réalisé par Jean-Michel Meurice.
Rufus et Romain Bouteille en 1969 dans le feuilleton "Rendez-vous à Badenberg" réalisé par Jean-Michel Meurice. © AFP / Georges Galmiche

Avant mai 68, les gens étaient désabusés de manière incroyable, personne n'aurait soupçonné les évènements qui allaient avoir lieu. Tout le monde était silencieux.

C'est ainsi que Romain Bouteille résume l'époque. Avec une bande de copains, il restaure une vieille fabrique de ventilateurs, passage d'Odessa, près de la gare de Montparnasse à Paris. Un chantier collectif où chacun met la main à la pâte. Il y a avec Romain Bouteille, sa femme Sotha, Coluche, Patrick Dewaere, Miou-Miou et Henri Guybet. C'est le noyau dur du Café de la gare, qui ouvre ses portes le 12 juin 1969.

"Le copinage en concubinage"

Le mode de vie de la troupe est "le copinage en concubinage", selon les propres mots de Coluche, qui vit avec Miou-Miou. Le premier spectacle est un ensemble de textes burlesques signés Bouteille, Sotha, Gégé et Dewaere. La salle est inachevée, on peut y lire le slogan : "C'est moche, c'est sale, c'est dans le vent." Et cela le restera pendant de nombreuses années. 

Au Café de la gare, on partage tout, les salaires sont versés au pot commun. Le public tire au sort le prix de sa place à l'aide d'une roue de loterie actionnée par les acteurs. Les plus chanceux ne paient rien, les moins chanceux paient le prix d'une place de cinéma. Au fil des années, la troupe s'étoffe avec Gérard Lanvin, Gérard Depardieu, Renaud, Rufus, Martin Lamotte, Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Anémone, Gérard Jugnot.

Le plus grand café-théâtre de Paris

En 1971, le Café de la gare déménage au 41, rue du Temple, dans le 4e arrondissement, dans un relais de postes du XVIIe siècle anciennement appelé l'Auberge de l'Aigle d'or. Il devient alors le plus grand café-théâtre de la capitale avec une salle de 450 places. Ses illustres créateurs n'y sont plus mais on y joue encore tous les soirs. 

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