Cette exposition présente pour la première fois au public français l’art mural du village de Makwacha au sud de la province du Katanga en République démocratique du Congo (RDC). Des femmes du village se réunissent pour peindre à l’aide d’argile et de manioc, de la paume de la main et de pinceaux en crin d’animaux les murs extérieurs de leurs habitations. Cette exposition répond à une attente formulée par les peintres elles-mêmes : elles ont réalisé expressément huit toiles monumentales qui témoignent de la force expressive de cet art. Organisée à l’initiative du fonds de dotation Artistes Africains pour le Développement (AAD), et sous le commissariat d’Hervé Di Rosa , cette manifestation propose  – au-delà d’une exposition – une rencontre avec trois de ces femmes qui ont souhaité faire partager leur passion, leur art, leur culture.À travers cette tradition artistique, les femmes de l’ethnie lamba deviennent les conteuses et dépositaires de l’héritage culturel et historique du village. Exposant les fresques au regard du passant, les femmes de Makwacha défendent et affirment leurs valeurs à la façon du Street Art ou du graffiti antique, les images se faisant voix publique. Renouvelées à chaque saison sèche, elles racontent les activités du village, les événements marquants de l’an passé, mais aussi les signes d’une mondialisation effrénée qui bouleverse leur vie quotidienne .«  Au-delà de la beauté dont elles parent le village, les fresques des femmes révèlent un regard singulier sur leur monde, aujourd’hui en proie à de grandes mutations », souligne Gervanne Leridon, co-présidente d’AAD.Fernande Munsha Sebelwa, Madeleine Mpala Kasongo et Chancelle Febi Kabu, membres de l’association des femmes de Makwacha, seront présentes pour réaliser une fresque sur place et parler des toiles exposées . Des photos et vidéos documentaires du collectif d’artistes congolais PICHA complètent l’exposition.Le commissariat est assuré par Hervé Di Rosa, pionnier de l’art modeste qui depuis la fin des années 80 a enrichi ses pratiques artistiques au contact d’artistes et d’artisans du monde entier. Il est le fondateur en 2000 du Musée International des Arts Modestes (MIAM). Pour lui, le travail artistique des femmes de Makwacha est bien la preuve que « s’il y a un art modeste, il n’y a pas d’artistes modestes ». C’est bien à la rencontre d’artistes exceptionnelles que cette exposition nous convie.

http://www.maisondesmetallos.org

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