Depuis 40 ans, les artistes multimedia Maria Klonaris et Katerina Thomadaki ont fortement marqué le cinéma expérimental. Une exposition leur est consacrée au Jeu de Paume/ Cinéma.

Depuis les années 1970, les deux artistes Maria Klonaris et Katerina Thomadaki ont marqué profondément le cinéma expérimental , puis mondial, en réinventant le geste de filmer et celui d’être filmée. Théoriciennes autant que techniciennes, elles ont initié le Cinéma Corporel où le corps représenté devient le centre de leur recherche artistique. Corps apparaissant comme singulier, dissident, affirmant son existence autonome en des termes éloignés du langage du cinéma dominant.

Le cinéma de Maria Klonaris et Katerina Thomadaki est un cinéma de rébellion… Entre leurs mains, le cinéma devient un instrument puissant pour subvertir l’imaginaire patriarcal occidental et déstabiliser les normes du corps et de ses représentations

Maud Jaquin

Quarante années de créativité puissante : films d'abord tournés en super 8, restaurés ensuite en format 35mm, bandes son, photographies et débats avec le public autour des œuvres, au total, vous retrouverez dans le programme du Jeu de Paume/Cinéma, une dizaine de rendez-vousanimés par Katerina Thomadaki . Cette rétrospective baptisée Manifeste. Le Cinéma Corporel est dédiée à Maria Klonaris, disparue en 2014.

Double-Labyrinthe
Double-Labyrinthe © Radio France / Klonaris-Thomadaki

L'écrivain Nancy Huston évoque ainsi l'œuvre des deux artistes :

Images d’une beauté envoûtante, aux couleurs tellement riches qu’elles semblent irréelles, enchaînées dans une trame à la fois dense et méticuleuse, faite de répétitions, de lenteurs, de brutalités.

Théâtre du corps, filmé et restitué rituellement, dans le cadre même des salles de projection ou d'exposition, l'expérience de ce cinéma singulier est un ravissement , dans le sens fort du terme.

Il est aussi une célébration du féminin, ce féminin qui n'est pas la féminité, pour faire l'expérience sensible de cette dimension originelle qui devrait être partagée par tous, puisqu'elle existe en chacun de nous.

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