Le mansudaetak-gut avec Kim Kum-Hwa chamane au Théâtre de la Villedans le cadre du festival d'Automne à Parisest un rituel chamanique de la province de Hwanghae, aujourd’hui en Corée du Nord, d’où est originaire Kim Kum-hwa . On le célèbre pour obtenir longue vie (mansu), prospérité pour la maison (daetak) et aussi une bonne mort afin que l’âme rejoigne l’autre monde sans difficulté. Seules des chamanes d’un très haut niveau d’expérience peuvent célébrer le mansudaetak-gut.

Ce rituel relève de la sphère privée, même si, par son ampleur, il s’apparente aux grands rituels villageois : il peut durer trois et même cinq jours. Les parents, les amis, les villageois et d’autres chamanes y participent. En Corée, ce gut met en œuvre une vaste organisation et requiert de grandes quantités de riz – préparé sous toutes ses formes –, de fruits et de légumes, des alcools, des poissons frais et séchés…

Le rituel mansudaetak que réalisera Kim Kum-hwa à Paris est représentatif d’une des deux grandes lignées de chamanes issues du Nord ; elle en est la dépositaire et a célébré son rituel personnel en 2007, dans son sanctuaire, pour fêter ses 60 ans de chamanisme. Ce rituel ne durera pas cinq jours, mais il permettra de pénétrer les mystères et les plaisirs d’un incroyable spectacle offert durant plusieurs heures aussi bien aux esprits invités qu’aux spectateurs.

Kim Kum-hwa est la chamane la plus vénérée en Corée. Initiée dès l’âge de 17 ans, elle remporte en 1974 le Concours national d’art populaire et est nommée en 1984 « Trésor national vivant ». C’est un tournant dans l’histoire de la Corée, où le chamanisme n’est alors ni un métier respectable ni un art légitime. Mais la spiritualité intense de Kim Kum-hwa, son charisme, manifestent une perfection rare.S’il a foi en des forces naturelles et surnaturelles, le chamanisme coréen tient moins d’une religion que de l’organisation sociale, et se tourne davantage vers les hommes que vers les dieux. Son modèle s’est développé en marge du pouvoir des lettrés, qui en tolérait les expressions locales. Et sa capacité d’adaptation est saisissante, depuis quinze ou seize siècles : des sociétés de chasseurs et de pêcheurs, devant la nature immense, aux éleveurs et aux agriculteurs, soumis aux cycles de la vie animale et des saisons, et jusqu’à la société industrialisée des villes. À travers chants, instruments, danses, parures, décorations et objets rituels (autel, images peintes, offrandes, éventails, sonnailles ou fleurs de papier brûlées), la chamane ne récite pas une prière, ne fonde pas un ordre nouveau, mais répare des désordres.

Avec ses chamanes-assistantes et ses musiciens, Kim Kum-hwa présente au Théâtre de la Ville le rituel Mansudaetak-gut , où se succèdent une purification des lieux, les invocations des esprits de la lune et du soleil, ou des esprits protecteurs du village, un appel aux esprits des « mal morts » (morts sans descendance), le jeu du pilon pour une moisson abondante et le rite du hache-paille.

Distribution

première chamane Kim Kum-hwa chamanes Kim Hye-kyeong, Lee Sun-ae, Kim Mi-kyeong, Kim Ka-geun, Song Hye-suk, Pak Myeong-su, Choe Jeong-won, Kim Dong-ho chants Cho Seong-yeon, Kim Il-Kyeong, Cho Jang-bok musiciens Pak I-Seop, Kim Tae-jin, Ahn Ju-yeong assistants Kim An-su, Cho Eun-hee

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