Quand le photographe André de Dienes demande à Marilyn Monroe d'exprimer la mort, sur une plage de Malibu, en 1946, elle se met une couverture sur la tête. Pour elle, la mort, c'est « la fin de tout.» Lever de rideau sur cette séance mélancolique.

Marilyn Monroe, 1946
Marilyn Monroe, 1946 © ANDRE DE DIENES, courtesy Galerie de l’Instant, Paris

L'année 1946 marque la transformation de Norma Jean en Marilyn. En attendant de devenir actrice, la jeune fille de 20 ans pose en tant que modèle pour divers photographes. Notamment, devant l’objectif de son ami et confident : André de Dienes . Ils se connaissent depuis un an, il est un peu tombé amoureux d’elle. A la fin de l’été, Marilyn vient de se teindre en blonde et d’adopter son nouveau pseudonyme aux initiales au double M. Quelques semaines plus tard, elle divorcera de son premier mari. Cet été, plus qu'un autre, est une période de transition pour elle.

Aimer cette série réalisée sur la plage de Malibu, c’est aimer toute la mélancolie de Marilyn . Sur cette plage, le photographe hongro-américain et Marilyn lisent ensemble un poème intitulé Lines on the death of Mary (Quelques vers sur la mort de Mary ), tiré d’un bouquin que le photographe vient d’acheter pour 15 dollars, chez un bouquiniste. Marilyn aime ce poème, auquel elle s'identifie.

►►► ALLER PLUS LOIN : Marilyn Monroe, photographiée par Lawrence Schiller sur le tournage deSomething Got to Give

André lui demande ensuite d’interpréter toute une série d’émotions, sans réfléchir : le bonheur, la surprise, la réflexion, le doute, la sérénité, la tristesse, l’angoisse... et la mort. A cette dernière évocation, Marilyn saisit la couverture noire et la met sur sa tête . André de Dienes écrira plus tard :

La mort, pour elle, c'était le noir, la disparition. Je tentai d’obtenir d’elle une autre réaction. La mort était peut-être un commencement, l’espoir d’un au-delà lumineux… Elle secoua la tête : « La mort, pour moi, c’est ça. » Elle m’offrait son visage, désespéré, figé, le regard éteint, la bouche soudain décolorée. Pour elle, la mort était « la fin de tout» ( "The end of everything"). Je classai cette série de photos poignantes avec leur date : 1946. Je les ai oubliées longtemps.

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André de Diene lui demande de s’allonger sur le sable pour voir à quoi elle ressemblerait, sans vie. Il fait encore quelques clichés puis la jeune fille s’énerve: « Va au diable ! Regarde dans quel état sont mes cheveux à cause de toi ! J'ai un rendez-vous ce soir ! » Le photographe tente de la calmer et lui promet qu’il réalisera un album de ces photos, avec les poèmes qu’ils ont lus ensemble. Marilyn lui demande de ne pas les publier tout de suite : « Attends que je sois morte. » Il lui répond qu’il est âgé de 12 ans de plus qu’elle, comment peux-elle savoir qu’elle allait mourir avant lui ? C'est comme ça, elle le sent. La seconde suivante, elle redevient ensuite joyeuse.

►►►ALLER PLUS LOIN : André de Dienes. Marilyn (éd. Taschen)

Obsession Marilyn

Julia Gragnon tient la Galerie de l’Instant , à Paris. Elle fait partie de cette grande communauté de fans de Marilyn Monroe :« J’ai passé mon enfance à regarder ses films, à avoir des posters d’elle partout dans ma chambre… » Elle tente d’expliquer pourquoi, au fond, elle est si touchée par Marilyn :__

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Moins elle en faisait, et plus je la trouve belle.

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Julia Gragnon collectionne les photos de Marilyn :« C’est très rare que quelqu’un qui m’amène une photo de Marilyn et reparte avec ». Julia a une boîte spéciales pour les photographies de Marilyn : dès qu’elle est pleine, elle en fait une exposition . La prochaine se déroulera du 12 décembre au 25 février 2015.

►►►Relire notre dossier réalisé à l'occasion du cinquantième anniversaire de la disparition de Marilyn Monroe

En attendant, Julie a accepté de rechercher la photo de «la mort » de Marilyn, parce qu’elle se souvient que derrière ce tirage d’époque, il y a une inscription manuscrite de son auteur… __

Il y a un truc écrit au dos, de la main du photographe sur ce tirage.

Marilyn Monroe, 1946
Marilyn Monroe, 1946 © André de Dienes, courtesy Galerie de l’Instant, Paris

Julia Gragnon explique qu’il y a une autre photo qui exprime la mort, pour les connaisseurs de Marilyn. Une, où il ne se passe rien : «Au début elle ferme les yeux, et ensuite, elle se met la couverture sur la tête. »

►►► À voir : du 12 décembre au 25 février 2015, l'exposition Inoubliable Marilyn , à la Galerie de l'Instant

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