Matin Brun de Franck Pavloff sera réédité aux éditions Albin Michel en octobre 2014, cette fois-ci illustré avec des dessins de l’artiste de street art et pochoiriste C215 (Christian Guémy).

Matin brun avait été publié une première fois en 1998, aux éditions du Cheyne. C’est une nouvelle, très court texte, qui fait référence aux « Chemises brunes », des miliciens nazis. Franck Pavloff avait écrit ce texte après la révélation d'alliances de candidats de partis classiques avec le Front National au deuxième tour des élections régionales.

C’est en 2002 que le livre a connu un très grand succès (il a aujourd'hui dépassé les 1 500 000 exemplaires ), à l’occasion de l’élection présidentielle, et de l’arrivée au second tour du leader duFront National Jean-Marie Le Pen. Le succès en lui-même n’est pas directement lié aux scores élevés du Front National au premier tour de l’élection présidentielle mais à une chronique que Vincent Josse a faite après lesdites élections.

C 215
C 215 © Radio France

Récit allégorique sur la mise en place d’une dictature (le titre même étant évocateur), celui-ci devient livre sonore en 2002 illustré par Enki Bilal (projet de Vincent Josse avec France Inter). Jacques Bonnaffé et Denis Podalydès ont prêté leurs voix au projet.

En 2005, Matin Brun ayant acquis une notoriété certaine, il sera adapté sous forme d’un court-métrage d’animation par Serge Avédikian.

Le street art contre l'indifférence

En octobre, le texte sera complété par des œuvres de C215 (Christian Guémy) choisies par les éditions Albin Michel. Les œuvres ne sont pas illustratives mais utilisées comme support au texte de Franck Pavloff. C215 dont les sujets de prédilection sont l’enfance, les laissés-pour-compte et les anonymes, travaille en grande partie dans sa ville de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Il peint « à la vandale » (sans autorisation) sur les murs de sa ville qui est devenue capitale du street art. Travaillant au pochoir, C215 réalise des dessins de toutes dimensions du simple portrait à la fresque monumentale sur le boulevard Stalingrad entre Ivry et Vitry. Mondialement connues, ses « graffs » complèteront le récit de Franck Pavloff.

Le récit de Matin Brun en lui-même traite de la mise en place d’une société totalitaire, d’un régime répressif où les instances de la société censées être indépendantes sont mises au service dudit régime pour asseoir son pouvoir sur les individus. Le droit à différence et les libertés individuelles sont proscrits, pensée unique, conformisme, propagande et censure sont de rigueur. Franck Pavloff en écrivant ce récit n’a pas seulement voulu alerter mais aussi voulu exprimer sa colère contre ce qu’il appelle « le repli sur soi » et le « refus de la différence » .

Franck Pavloff (avec Christine Siméone )

Matin Brun
Matin Brun © Enki Bilal
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