Parmi les belles réussites du printemps en BD, ce superbe hommage à Lucky Luke de Matthieu Bonhomme, un passionné de western. Découvrez quelques pages en avant-première.

L'Homme qui tua Lucky Luke de Matthieu Bonhomme
L'Homme qui tua Lucky Luke de Matthieu Bonhomme © Dargaud

Découvrez quelques pages en avant-première. Ça démarre très fort. Dès la première page, Lucky Luke gît dans la boue, face contre terre. Mort.... Dans la bulle, on peut lire un : « J’ai tué Lucky Luke ! » victorieux. Quelques jours auparavant, le cowboy est arrivé à Froggy Town où il n’a pas été très bien accueilli… Il a dû venir à la rescousse de la population de mineurs qui s’était fait voler son or. Et la ville vit sous le joug d’une certaine famille Bone…

Pour ses 70 ans, l’homme qui tire plus vite que son ombre fait l’objet de multiples hommages : une exposition à la Cité de la BD d’Angoulême, un album dessiné par Guillaume Bouzard (à venir en 2017), un autre dessiné par Achdé avec Jul au scénario, et, pour ouvrir le bal, cette BD de très haute volée. Matthieu Bonhomme (auteur du Voyage d’Esteban ) avoue "une connaissance intime" de Lucky Luke, et ça se sent. Le cowboy, un type malingre qui arrête de fumer, se conduit en véritable héros de western, dans l’action.

L’histoire est très bien ficelée, avec ce qu’il faut de rebondissements pour rendre la lecture jubilatoire. Et, pour amuser le lecteur, elle est truffée de références et de clins d’œil à des classiques du western (L’homme qui tua Liberty Balance, Impitoyable , Règlement de compte à OK corral...) mais aussi à l’univers de Sergio Leone. Graphiquement, comme Morris, Matthieu Bonhomme manie les aplats avec brio, sans les couleurs flashy.

Les cadrages, ultra cinématographiques, sont des hommages au genre western né sur les écrans. Une très belle réussite.

L’homme qui tua Lucky Luke de Matthieu Bonhomme est publié chez Dargaud. Sortie le 1er avril.

Matthieu Bonhomme :

Je voulais vraiment faire un western. J'avais envie que Lucky Luke soit un vrai cowboy parce qu'au fil du temps la série avait surtout fonctionné sur le pied de l'humour...

J'ai des liens intimes avec Lucky Luke. Il a nourri mon amour pour le western. Enfant, c'était même un ami imaginaire. Ce qui me plaît chez lui, c'est que c'est un grand dur, mais au fil des albums on comprend qu'il est très sensible. L'intérêt d'un ouvrage comme celui-ci, c'est bien sûr de le bousculer, mais aussi de boucher les trous. J'ai donc exploré ici la question de son sevrage tabagique...

J’ai dessiné Lucky Luke à ma façon, mais comme j'ai appris à dessiner avec lui, j'ai des réflexes "Morrissiens".

Matthieu Bonhomme commente la planche 31, page 35, présentée ci-dessous

La scène de bagarre dans le saloon est un incontournable du western avec les cowboys et les Indiens ! J’ai essayé de faire en sorte que Lucky Luke et le protagoniste en face de lui aient une discussion qui dégénère. J’ai dont dessiné une grande case avec beaucoup de personnages qui se donnent des coups de pieds, et des coups de poings. Je commence ma séquence par un coup de poing en gros plan, puis un coup d’épaule, puis le panoramique avec des "paf" "paf" dans tous les sens. Comme je voulais qu’on ait la sensation que ça dure un peu , il y a plein de détails pour que l’œil s’attarde un peu. Mais ça peut ne pas suffire, j’ai donc refait des plans un peu plus serrés avec par exemple, au ras du sol, un personnage qui ne supporte pas la bagarre. Puis Lucky Luke à nouveau en gros plan vient interrompre la bagarre en véritable cow boy : il tire un coup de feu et dit : « Ça suffit ! » A la fin, mon méchant propose qu’ils arrêtent de se battre pour s’occuper des Indiens. Dans mon histoire, j’ai voulu montrer que les chercheurs d’or et les Indiens entretiennent des relations conflictuelles. Et que ce sera toujours de la faute des Indiens !

L'homme qui tua Lucky Luke - Page 35
L'homme qui tua Lucky Luke - Page 35 © Dargaud / Matthieu Bonhomme

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