C'est le spectacle le plus détonnant de cette reprise culturelle, une comédie musicale sur le mouvement #MeToo que l'on peut voir au théâtre du Rond-Point à Paris. "Je te pardonne (Harvey Weinstein)" se présente sous la forme d'un procès imaginaire.

Marie Notte, Pierre Notte et Pauline Chagne
Marie Notte, Pierre Notte et Pauline Chagne © Jeanne Didot

Pour la réouverture du Théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes a offert à l’auteur maison, Pierre Notte, la grande salle Renaud-Barrault pour créer sa nouvelle comédie musicale Je te pardonne (Harvey Weinstein), un procès imaginaire sous forme de cabaret féministe totalement débridé. L'auteur et metteur en scène convoque à la barre les prédateurs sexuels, de Harvey Weinstein à Roman Polanski, en passant par Gabriel Matzneff. 

Ils font face à leurs victimes, celles qui ont osé les dénoncer, de Nafissatou Diallo à Vanessa Springora. Les grandes voix féministes sont invitées au procès, de Christiane Taubira à Elisabeth Badinter. "J’aime bien les comédies musicales quand elles vont à l’opposé, explique Pierre Notte. L’idée était de faire le portrait de ce monstre fabuleux, et de tous les types de son espèce. Et de voir comment il réagirait si, tout à coup, il devenait une femme" .

Une femme qu’on insulte, c’est une pute. Un homme qu’on insulte, c’est un fils de pute. C’est toujours la femme qui trinque. 

Pierre Notte parvient à expliquer avec humour comment le mouvement #MeToo a fait changer les lignes dans la société. Comment il fait bouger les mentalités. Sous le vernis des chansons, il pointe les violences faites aux femmes depuis des siècles, des féminicides à l’excision, dans une écriture engagée et féministe qui fait mouche à chaque instant.

Les comédiennes et chanteuses, Pauline Chagne et Marie Notte, autour du pianiste Clément Walker-Viry, mènent ce procès à 100 à l’heure, tandis que Pierre Notte endosse le rôle difficile d’Harvey Weinstein. "Le cabaret permet de tout faire, assure le metteur en scène. On passe du tragique au grotesque à la poésie". Et au moment du verdict, c’est au public de décider du sort du producteur américain.