Direction artistique David Bobée et Kirill Serebrennikov Mise en scène David Bobée Chorégraphie DeLaVallet Bidiefono D’après Les Métamorphoses d’Ovide Textes contemporains Valery Pecheykin Avec Nikita Kukushkin, Roman Shmakov, Evgenia Afonskaya, Harald Rosenstrom, Alexander Gorchilin, Alexandra Revenko, Yana Irtenieva, Maria Poezzhaeva, Ilya Romashko, Philipp Avdeev, Artem Shevchenko, Rinal Mukhametov, Artur Beschastny, Svetlana Mamresheva, Ivan Fominov, Ekaterina SteblinaEn écho au Songe d’une nuit d’été, les acteurs du Studio 7 prolongent leur analyse des rapports complexes qu’entretiennent hommes et dieux. Métamorphosis est le fruit de leur troisième collaboration avec David Bobée qui prend ici appui sur le texte d’Ovide pour une fresque entre références mythologiques et regard critique sur la Russie contemporaine.Installé dans un décor de fin du monde, un homme se souvient par à-coups. Des bribes remontent à sa mémoire, histoires fabuleuses qui plongent dans la nuit des temps. Cet homme a tout perdu. En sombrant dans la misère, il a été dépouillé de ce qui le constitue : sa dignité d’homme. Il s’est métamorphosé en un être hybride, entre l’humain et l’animal.

Métamorphosis
Métamorphosis © Alex-Yocu

Des lambeaux de récits traversent son esprit, des passages des Métamorphosis d’Ovide. En abordant ce classique de la littérature, David Bobée et le metteur en scène russe Kirill Serebrennikov ont choisi de l’inscrire dans une configuration apocalyptique en imaginant une version moderne des histoires racontées par Ovide dans laquelle viendrait s’enchâsser le texte original. Créé avec seize comédiens du Studio 7 du Théâtre d’art de Moscou, le spectacle se déploie dans une scénographie inspirée de l’univers des jeux vidéo ; la violence de l’Antiquité rejoint ici celle de la Russie contemporaine. Pour souligner la façon dont différents niveaux de réalité s’entremêlent, David Bobée a fait appel au chorégraphe congolais DeLaVallet Bidiefono qui a contribué à faire de ce spectacle un télescopage étourdissant entre passé et présent, réalisme et fantasmagorie. Le tout sous l’oeil de divinités manipulatrices et peu bienveillantes, qu’elles appartiennent à l’Antiquité ou au monde moderne.Hugues Le Tanneur

Note d’intention

En 2011 Rictus a commencé en Russie un nouveau projet dont la création a lieu l'année suivante, en octobre 2012 : Les Métamorphosis d'après Ovide. Le projet s'est construit en collaboration avec le metteur en scène Kirill Serebrennikov dans le cadre de Platform, lieu dédié à la création contemporaine à Vinzavod, Moscou.Ce projet associe les techniciens créateurs de Rictus, 16 jeunes acteurs du Studio 7 du Théâtre d'Art de Moscou (évolution de la cellule autonome fondée à l'époque par Stanislavski au sein des artistes permanents du Théâtre) et les danseurs congolais de DeLavallet Bidiefono qui co-signe la chorégraphie de ce spectacle.Le spectacle est inscrit au répertoire de ce nouveau théâtre moscovite. Une tournée française est en cours de préparation.

Métarmophosis
Métarmophosis © Alex-Yocu

Russes, Français, Congolais réunis autour de ce grand texte. Les seules traductions russes existantes sont extrêmement académiques, et en respectant sans doute trop la forme en hexamètre d'Ovide, finissent par perdre le poème lui-même et son étonnante modernité.Une nouvelle traduction russe a donc été réalisée pour cette création en s'inspirant des traductions françaises et anglaises écrites en prose . Une sélection d'une vingtaine de fables qui ont été adaptées et montées en collaboration avec l'auteur russe Valery Petcheykin qui propose ici une série de textes originaux dressant le portrait d'une demi-créature, sorte de clochard d'aujourd'hui, narrateur des histoires mythologiques.La scénographie de Métamorphosis s'inspire de l'esthétique des jeux vidéo et des films d'anticipation plaçant la scène d'emblée dans un univers post-apocalyptique . Une décharge de carcasses de voitures, un univers de béton et de métal oxydé. Deux mythologies sont ici reliées : celle issue de l'antiquité et l'autre sortie des romans de science-fiction. Culture « noble » et culture « populaire » entremêlées. Ovide et Mortal Kombat, pourquoi pas ?Ainsi les acteurs et danseurs occupent un espace empli de déchets grisâtres, de voitures carbonisées, fumantes, un monde grillagé où vidéo et virtualité se mêlent aux corps de chair.Une ligne dramaturgique se tisse petit à petit, directement influencée par le lieu de création du spectacle (Vinzavod est une ancienne fabrique de vin située dans un des quartiers les plus pauvres de Moscou) autour de cette figure de sans abri, métamorphose contemporaine par excellence, qui fait le lien narratif entre les différents fragments des Métamorphosis.David Bobée

Métamorphosis
Métamorphosis © Anna Shmitko
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