C'est un véritable scandale qui secoue l'institution du Nobel. Cinq académiciens ont démissionné après des révélations dans la presse de harcèlement sexuel perpétré par le mari de l'une des immortelles.

Jean-Claude Arnault, marié à l'académicienne Katarina Forstenson est accusé dans la presse de viols et d'agressions sexuelles.
Jean-Claude Arnault, marié à l'académicienne Katarina Forstenson est accusé dans la presse de viols et d'agressions sexuelles. © AFP / Malin Hoelstad / SvD / TT NYHETSBYRÅN / TT News Agency

C’était en novembre, en pleine effervescence du mouvement #MeToo. 18 Suédoises témoignent dans le quotidien Dagens Nyheter ; elles accusent de viols et d’agressions sexuelles une "personnalité culturelle de premier plan".  Son nom apparaît bientôt dans les médias : Jean-Claude Arnault, 71 ans, époux de la poétesse et académicienne Katarina Frostenson. 

Il dirige le Forum, un lieu de rendez-vous culturel à Stockholm qui a longtemps reçu des subventions de l'Académie suédoise, chargée d'attribuer le prix Nobel de littérature. Il est également soupçonné d’avoir ébruité les noms de certains lauréats du Nobel avant qu’ils ne soient officialisés – sept au total, selon le bureau d’avocat, chargé depuis par l’Académie de mener une enquête interne. 

Démission de cinq immortels

Plusieurs sociétés de paris en ligne ont d’ailleurs annoncé qu’elles allaient analyser leurs données pour voir si les indiscrétions du Français auraient eu un impact sur leurs paris.

Jeudi soir, les académiciens tenaient leur réunion hebdomadaire. À la sortie, la secrétaire perpétuelle, Sara Danius, a annoncé sa démission. "C’était le choix d’une majorité des académiciens", a-t-elle précisé. 

Dans la foulée, la poétesse Katrarina Frostenson a fait savoir qu’elle aussi quittait son fauteuil. Depuis une semaine, cette crise, qui mobilise jusqu'aux plus hautes sphères de l'État suédois, a conduit à la démission de cinq des immortels de l'Académie.

Les académiciens sont membres perpétuels et ne peuvent en principe en démissionner. Ils peuvent laisser vides leurs fauteuils. Sur les 18 sages, sept n'en sont désormais plus des membres actifs, puisque deux autres s'étaient mis en congé il y a plusieurs années.

Ce n'est pas la première fois que l'institution fait face à une vague de démissions : trois académiciens avaient décidé en 1989 de ne plus occuper leur chaire face au refus de l'institution de condamner la fatwa frappant Salman Rushdie après la parution des Versets sataniques. Elle avait fini par la dénoncer 27 ans après. 

Sur le plan judiciaire, le parquet de Stockholm a annoncé mi-mars qu'une partie de l'enquête ouverte contre l'homme au cœur du scandale avait été classée sans suite pour cause de prescription ou faute de preuves. Il s'agit de viols et d'agressions présumés commis en 2013 et 2015.  Les faits non encore classés n'ont pas été divulgués.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.