Si le Michelin a primé quasi quatre fois plus de cheffes dans son édition 2020 qu’il y a dix ans, il n’en reste pas moins que les femmes représentent une infime partie des 630 restaurants sélectionnés par le guide rouge cette année.

La cheffe triplement étoilée, Anne-Sophie Pic.
La cheffe triplement étoilée, Anne-Sophie Pic. © Maxppp / Vincent Isore

Difficile de dire que le Michelin distingue de plus en plus de femmes. Certes, le célèbre guide rouge a attribué au total 36 étoiles à 33 cheffes dans son édition 2020 ; c’est presque quatre fois plus qu’en 2010 (10 étoiles à huit cheffes).

Mais si l’année 2019 avait été historique, avec un total de 27 femmes récompensées (soit le double de l’année précédente), la proportion par rapport au nombre total reste toujours aussi dérisoire. 

Si elles étaient ainsi moins d’une dizaine en 2010, soit à peine 1 % du nombre de distinctions (558 au total), elles ne représentent cette année à peine plus de 5 % des 630 établissements récompensés, comme le montre cette courbe. Il y a donc encore des progrès à faire. 

Lent processus de féminisation du palmarès mais apprentissage tout de même : si les femmes sont encore peu présentes dans les primés 2020, celles qui l'étaient ou qui travaillent avec des chefs masculins ont été très mises en avant lors de la cérémonie de remise des étoiles, lundi soir. 

Surtout des restaurants 1 ou 2 étoiles

Dans le détail, Anne-Sophie Pic est la seule femme à décrocher trois macarons, pour son restaurant drômois, à Valence. Elle détient ces trois étoiles depuis 2007. Elle reçoit aussi une étoile pour son restaurant parisien, La Dame de Pic, près de la rue de Rivoli. Seuls des hommes ont reçu pour la première fois une troisième étoile cette année. 

Une seule femme résiste dans la catégorie “deux étoiles”, c’est Stéphanie Le Quellec. Connue des téléspectateurs de Top Chef, elle a décroché deux étoiles d’un coup pour son restaurant “La Scène”, avenue Matignon à Paris, ouvert il y a quatre mois seulement, en octobre 2019. Quelques mois plus tôt, elle avait quitté un autre établissement doublement étoilé, qui portait le même nom, dans un luxueux hôtel de la capitale. 

Si cette année, le guide a par ailleurs tranché avec les habitudes en retirant l’une des trois étoiles de l’Auberge du Pont-de-Collonges, célèbre restaurant de Paul Bocuse, et en déclassant la Maison des bois de Marc Veyrat, une femme est aussi rétrogradée : Virginie Basselot passe de deux à une étoile pour le restaurant Chantecler de l’hôtel Negresco à Nice. 

Pour le reste, c’est donc dans la catégorie “1 étoile” que les femmes se concentrent avec une trentaine d’adresses. Il faut souligner l’entrée de ces six adresses : 

  • La Flibuste-Martin's à Villeuneuve-Loubet (Eugénie Beziat) ;
  • Les Apothicaires à Lyon (Tabatha et Ludovic Mey) ;
  • Le Faham à Paris (Kelly Rangama) ;
  • L'innocence, à Paris (Anne Legrand et Clio Modaffari) ; 
  • Le Rigmarole à Paris (Jess Yang) ;
  • et le Choko Ona au Pays Basque (Flora Le Pape avec Clément Guillemot) ; 
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