Miró crée à partir de ses rêves et nous ouvre les portes de son univers poétique.

Miro retouchant Bleu II Galerie Maeght Succession Miro Adagp
Miro retouchant Bleu II Galerie Maeght Succession Miro Adagp © Succession Miro Archive

Réunissant près de 150 œuvres dont certaines inédites en France et couvrant 70 ans de création, cette rétrospective Miró au Grand Palais, Galeries nationales retrace l’évolution technique et stylistique de l’artiste. 

Miró transforme le monde avec une apparente simplicité de moyens, qu’il s’agisse d’un signe, d’une trace de doigt ou de celle de l’eau sur le  papier, d’un trait apparemment fragile sur la toile, d’un trait sur la terre qu’il marie avec le feu, d’un objet insignifiant assemblé à un autre objet.  Miró fait surgir de ces rapprochements étonnants et de ces mariages insolites un univers constellés de métamorphoses poétiques qui vient réenchanter notre  monde. 

Pour moi, un tableau doit être comme des étincelles. Il faut qu’il éblouisse comme la beauté d’une femme ou d’un poème. 

Miró  

Cent vingt-cinq ans se sont écoulés depuis la naissance de Joan Miró et trente-cinq depuis sa mort. Pourtant, son oeuvre est de plus en plus apprécié et  sa pensée suscite toujours plus d’intérêt. Considéré comme un « classique contemporain », Miró nous parle de thèmes traditionnels en peinture – le  paysage, les personnages, la nature morte… – et, en même temps, sa façon très personnelle de les traiter fait que l’on sait immédiatement que telle ou  telle oeuvre est de lui, qu’on la juge unique et qu’on lui accorde une valeur atemporelle. 

Miro La ferme 1921 1922 Washington National Gallery of Art don de Mary Hemingway Succession Miro Adagp
Miro La ferme 1921 1922 Washington National Gallery of Art don de Mary Hemingway Succession Miro Adagp / National Gallery of Art Washington

Sa terre natale est le point de départ à partir duquel il a pu  atteindre la dimension universelle à laquelle il aspirait. L’évolution du langage plastique de Miró apparaît clairement dans ses références au paysage,  depuis les influences reçues jusqu’à ce qu’il a rejeté, du plus quotidien jusqu’au plus poétique. 

Dans une scénographie, créée tout spécialement pour les espaces du Grand Palais et rappelant l’univers méditerranéen de Miró, des œuvres majeures  (peintures et dessins, céramiques et sculptures, livres illustrés) se côtoient afin de mettre en lumière cet itinéraire marqué de renouvellements  incessants. L’exposition débute au premier étage, avec les périodes fauve, cubiste et détailliste, suivie de l’époque surréaliste où Miró invente un monde  poétique, inconnu jusqu’alors dans la peinture du XXe siècle. 

Ces périodes fécondes mettent en évidence les questionnements de l’artiste, ses recherches  ainsi que sa palette de couleurs toujours au service d’un vocabulaire de formes inusitées et nouvelles. Ni abstrait ni figuratif, riche de multiples  inventions, c’est dans un parcours poétique que l’on découvre le langage résolument neuf que n’a eu de cesse de développer Miró

Miro Autiportrait 1919 Musée National Picasso Paris donation héritier Picasso Succession Miro Adagp
Miro Autiportrait 1919 Musée National Picasso Paris donation héritier Picasso Succession Miro Adagp / Rmn Grand Palais / Mathieu Rabeau

Son art prend ses sources  dans la vitalité du quotidien pour s’épanouir dans un monde jusqu’alors méconnu où les rêves du créateur occupent une place privilégiée.  

Il me faut un point de départ, ne serait-ce qu’un grain de poussière ou un éclat de lumière. Cette forme me procure une série de choses,  une chose faisant naître une autre chose. Ainsi un bout de fil peut il me déclencher un monde.  

Miró  

  • commissariat : Jean-Louis Prat,  ancien directeur de la fondation Maeght (1969-2004), historien de l’art, membre du Comité Joan Miró et ami de l’artiste. 
  • scénographie : Atelier Maciej Fiszer 
  • Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais. 

Source Grand Palais

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