Bouleversant, l’été 2020 succède au très étrange printemps de confinement et partout, nous sentons bien qu’entre la Nature et nous, quelque chose a changé. Cet été sur France Inter, avec "La Main Verte", Alain Baraton vous donne rendez-vous avec une nouvelle approche et une nouvelle conscience du vivant.

Un concert en tous points extraordinaire, et surtout pour son public !
Un concert en tous points extraordinaire, et surtout pour son public ! © AFP / Lluis Gene

Un concert au public étonnant

Dans sa chronique de fin juin 2020, Alain Baraton nous avait alertés sur ce changement dans nos rapports avec le végétal, changements souvent initiés par les artistes.

Dans le grand opéra-théâtre de Barcelone, le Liceu, l’artiste Eugenio Ampudia avait annoncé un étrange événement, intitulé Concert pour le Biocène, comme :

Un acte hautement symbolique qui défend la valeur de l’Art, de la Musique et de la Nature comme une lettre d’introduction à notre retour à l’activité.

Le concert avait donc eu lieu le 22 juin 2020, juste avant la reprise des concerts du Liceu de Barcelone, l’une des plus importantes salles d’opéra du Monde.

Cette initiative de l’opéra-théâtre avec le génial artiste pluridisciplinaire madrilène, Eugenio Ampudia, en collaboration avec la Galerie Max Estrella et la commissaire Blanca De La Torre, nous mettait en présence du quatuor UceLi, interprétant Crisantemi, composée, une nuit de 1890, par Giacomo Puccini. 

Cette œuvre en un seul mouvement, sombre et belle, est donc jouée par quatre humains devant un public… de plantes vertes, 2 292 très exactement. Un moment d’indicible émotion, car beaucoup de ceux qui ont visionné la vidéo ont pleuré ou ri, ou les deux à la fois, devant cette performance artistique inouïe. 

L'histoire ne s’arrête pas là, puisque les nombreuses plantes vont connaître un destin particulier, celui de rejoindre le quotidien des soignants, eux qui ont tant donné au cours de l’épidémie et qui ont tant besoin de réconfort.

Comme si cet acte artistique posé là conjuguait à lui seul une partie de ce que nous avons traversé lors du confinement. La solitude, l’anxiété, le vide éprouvés par chacun, l’effort soutenu des travailleurs et surtout des soignants, et cette forme de réparation dans l’échange et la promesse d’un lien ancré dans l’émotion.

Des livres-témoignages

Avec cet événement, la musique végétale, genre obscur des années 1970, va pouvoir effectuer un nouveau retour ; ce genre, inspiré du livre de Peter Tompkins et Christopher Bird, publié en 1973, La Vie Secrète des Plantes, où les auteurs soutiennent déjà que les plantes sont des créatures sensibles qui peuvent bénéficier avantageusement de l'écoute de la musique. 

À travers cent récits significatifs, cent révélations qui ouvrent sur les secrets d'un monde vivant, sensible, doué d'intelligence et d'émotion et jusqu'alors demeuré inconnu, ce livre fascinant est le précurseur de ce que nous découvrons aujourd’hui, avec la recherche scientifique.

Si vous pensez ne pas connaître du tout la musique végétale, souvenez-vous, par exemple, de Moss Garden de David Bowie et Brian Eno dans l’album Heroes, sorti en 1977 !

Aujourd’hui, une "floraison d’ouvrages" accompagne cette évolution des rapports entre le végétal et l’Homme, à commencer par celui de l’astrophysicien, Hubert Reeves, J’ai  vu une fleur sauvage. L’herbier de Malicorne, qui évoque l’amour profond pour son petit coin de nature, qu’il décrit avec humanisme et pédagogie. 

En effet, Hubert Reeves nous confie :

Voici l’un des domaines les plus admirables de la nature : celui des fleurs sauvages dans nos campagnes. Des splendeurs à portée de chacun, mais que l’on peut piétiner sans jamais se pencher pour les admirer, passant ainsi à côté de joies, à coup sûr renouvelables chaque année.

Anémone Sylvie, Cabaret des Oiseaux, Bleuet Rose, Étoile d’Or ou Bec de Grue, pour chacune de ces fleurs aux noms évocateurs, Hubert Reeves dévoile une anecdote, une histoire ou un souvenir. Et c’est précisément cela qui se joue dans la relation entre la Nature et l’Homme, ce compagnonnage, cette douce habitude, cette étroite confiance qu’il nous est donné de retrouver enfin !

Des botanistes heureux

Hubert Reeves nous parle de son coin de Nature qu’il adore, et nous savons de quoi il s’agit, nous avons, nous aussi, notre lieu préféré, notre lieu de ressourcement, notre jardin, enfin déconfiné ! 

Le renouveau du lien avec la Nature est tel que nous devenons très nombreux à chercher à savoir, à connaître, pour mieux aimer les plantes ou les arbres. Dans sa chronique de fin juin, Alain Baraton évoquait le bonheur des botanistes qui ne se promènent pas le nez en l’air, mais les yeux rivés au sol, pour découvrir la richesse végétale des prés et des champs et leur diversité.

Parmi les botanistes, citons François Couplan, qui sillonne toute la planète et nous informe régulièrement sur France Inter de ses découvertes, de son émerveillement et de son intense connexion avec la Nature. L’ethnobotaniste était récemment l’invité de l’émission Grand Bien vous fasse.

Christophe de Hody, botaniste de terrain, nous emmène souvent en balade, en vrai ou sur sa chaîne Youtube, bien nommée Le Chemin de la Nature et il nous aide, non seulement à identifier, mais aussi à déguster les plantes aux vertus gastronomiques.

Dans sa chronique, La Main Verte, en hommage à Guy Bedos, Alain Baraton, qui a rencontré l’artiste pour évoquer ses jardins, nous confie toutes sortes d’anecdotes émouvantes qui montrent que, comme l'humoriste, nous aimons rire tout en étant intimement liés au rythme des saisons et aux vibrations de la Terre et que peu de choses égalent la contemplation d’un arbre ou d’une fleur.

Festival Jardins Ouverts

Et justement, ce premier week-end de juillet, le Festival Jardins Ouverts vous emmène à la rencontre de jardins patrimoniaux, de fermes urbaines, de jardins sur les toits, de jardins partagés, familiaux ou privés, pour de jolies balades à n’en plus finir, pour vous gorger de Nature, en toute sécurité sanitaire.

Cette année 2020, en raison de la pandémie,le festival vit une 4e édition extraordinaire qui se tiendra plus tôt dans l’année ; l’événement passera à l’heure d’été en se déroulant de manière inédite du 4 juillet au 30 août 2020 avec un premier week-end particulièrement riche en initiatives, celui des 4 et 5 juillet.

Vue sur le château de la Roche-Guyon depuis un potager fruitier, l’une des destinations du festival
Vue sur le château de la Roche-Guyon depuis un potager fruitier, l’une des destinations du festival / Emmanuelle Bouffé

Des événements culturels, originaux et pour la plupart gratuits : théâtre, danse, cirque, concerts, expositions, installations artistiques, mais aussi ateliers pédagogiques et gastronomiques.

Premier rendez-vous, ce samedi 4 juillet, à 15h, à la Fondation GoodPlanet (Paris, 16e) pour admirer les installations sonores et oniriques autour des chants d’oiseaux signées par l’artiste et chercheur, Christian Delécluse

Puis les jardins du musée départemental Albert-Kahn à Boulogne-Billancourt, où la céramiste-plasticienne, Murielle Joubert, présentera jusqu’au 19 juillet plusieurs de ses œuvres mettant en scène la beauté et la fragilité de la nature.

Pour en savoir plus

LIRE : La Vie Secrète des Plantes, de Peter Tompkins et Christopher Bird, publié aux éditions Trédaniel.

ÉCOUTER : L’émission d’Alain Baraton, La Main Verte du 30 mai 2020, Hommage à Guy Bedos.

SURFER : Le site de Jardins Ouverts, 4e édition du festival organisé par la Région Île-de-France.

LIRE : Une publication France Inter : "Sans les plantes, nous n’existerions pas !" - François Couplan, ethnobotaniste

ÉCOUTER : L’émission d’Alain Baraton, La Main Verte du 27 juin 2020, Un opéra pour les plantes et un festival des jardins !

SURFER : Sur YouTube, la chaîne de découverte des plantes, Le Chemin de la Nature, du botaniste, Christophe de Hody, une référence si vous cherchez à mieux les connaître. 

LIRE : J’ai  vu une fleur sauvage. L’herbier de Malicorne, d’Hubert Reeves, publié aux éditions du Seuil.

ÉCOUTER : L’émission d’Alain Baraton, La Main Verte, du 28 juin 2020,Les botanistes heureux regardent toujours le sol !

SURFER : Sur le site compagnon du livre d’Hubert Reeves, vous pouvez retrouver en complément plus de 600 photos originales, à toutes les saisons et sous tous les angles.

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