Après le confinement, osez créer votre potager et bénéficiez de son abondance en devenant les jardiniers paresseux du XXIe siècle ! Dans « L’Été comme jamais », Dorothée Barba reçoit des personnalités révélant qu’au jardin comme au potager, la paresse est de mise, il suffit d’observer et de suivre la Nature.

Le Potager du Ferron, en plein cœur de la Bourgogne, c’est aussi une chaîne YouTube à suivre pour créer son propre potager
Le Potager du Ferron, en plein cœur de la Bourgogne, c’est aussi une chaîne YouTube à suivre pour créer son propre potager © Radio France / Julie Iannuzzi

Sur France Inter, dans son émission L’Été comme jamais, Dorothée Barba parle de potager et de jardinage avec des invités, auteurs ou youtubeurs, qui nous donnent envie de nous y mettre… tout de suite !

  • Julie Iannuzzi, heureuse jardinière aux conseils avisés et diffusés sur sa chaîne YouTube, baptisée Le Potager du Ferron.
  • Didier Helmstetter, ingénieur agronome, jardinier et auteur d’un antiguide pour jardiniers libres, Réussir son potager du paresseux, paru aux Éditions Tana. 
  • Philippe Collignon, journaliste et réalisateur, mais aussi auteur de Un potager pour les nuls, publié aux Éditions First. 

Le jardinier et sa paresse

Pour produire des légumes sans engrais, sans pesticides, mais surtout sans trop de travail, Didier Helmstetter nous explique au préalable le terme de jardinier paresseux : « La paresse, c'est réfléchir au fait que ce que je vais faire sera vraiment utile. En fait, en réfléchissant sur le vivant, sur comment fonctionne un potager, on arrive à une évidence. Les plantes étaient là avant nous. Elles ont poussé avec une abondance incroyable alors que l'homme n'était même pas encore sur Terre. Par conséquent, il n'est pas nécessaire de s'en mêler ou en tout cas, de tout secouer, de tout casser ».

C’est là que la notion de paresse prend tout son sens !   

Peut-être qu'en réfléchissant beaucoup et en faisant peu, on obtient des résultats qui peuvent être stupéfiants.

L’ingénieur agronome ajoute qu'en effet, les sols qui s’offrent à nos yeux sont une véritable « construction du vivant »  : une substance étonnamment nutritive emplie de vers de terre, nématodes, bactéries, fourmis, larves d’insectes, champignons, collemboles et myriapodes (le nom savant du mille-pattes), et la liste est longue !

Le jardin du paresseux

Le journaliste, Philippe Collignon, lui, s’avance même jusqu’à affirmer que :

Le jardin du paresseux, on peut l'étendre aussi aux jardins d'ornement, c'est-à-dire de ne plus tondre sa pelouse.

Le conseil est simple : créez juste une petite allée dans votre gazon, ne tondez pas trop court, ou ne tondez pas du tout, laissez pousser les mauvaises herbes avec vos plantes et vos fleurs, et ainsi, vous obtiendrez une belle prairie fleurie. Un espace naturel où vous aurez le plaisir de vous allonger pour y lire ou faire la sieste, le bénéfice du jardinier paresseux !

Le journaliste qui fut aussi professeur en lycée horticole préconise de ne plus remuer le sol, car, là où des bactéries vivent à une profondeur de 25 cm dans la terre, si le labour les remonte en surface, elles meurent et ne peuvent plus accomplir leur tâche fertiliisatrice.

Cela vous laissera du temps pour imaginer votre potager en y plaçant une maison à insectes, des fleurs et des légumes qui se plaisent ensemble, des plantes mellifères. Tout ceci sans épandage de trop de produits phytosanitaires, pour respecter cet équilibre vivant, et pour vous laisser le temps d’observer, d’admirer, et de participer à la création de votre potager !

Julie Lannuzzi, notre jardinière youtubeuse, ajoute un dernier conseil, et non des moindres :

Vous désherbez et vous laissez l'herbe que vous venez d’enlever.

Ainsi, la terre ne sera jamais nue, et surtout au temps chaud, elle souffrira beaucoup moins de la sécheresse et nécessitera moins d’arrosage.

Effet Covid et culture potagère en France

Depuis la période de confinement, les Français se sont pris d’affection pour leur potager et leur jardin. Déjà un peu avant, en fait, puisque dans l’air du temps, juste avant cet étrange Printemps 2020, passait aussi un intense désir de retour à la Nature, une exigence de traçabilité entre la graine et l’assiette, que confirme le journaliste, Philippe Collignon :

On veut manger des légumes vivants. Quand vous avez consommé une tomate tout de suite après l'avoir cueillie dans un jardin du paresseux, vous sentez une vibration qui vous remplit.

Et justement, le cas de notre Youtubeuse, Julie Ianuzzi, est exemplaire puisqu’elle et sa petite famille visent l’autonomie légumière et fruitière à brève échéance en cultivant dans leur grand potager, les beaux fruits de la Terre si généreuse.

Julie, notre Youtubeuse, et sa petite famille, dans leur potager, cet été 2020
Julie, notre Youtubeuse, et sa petite famille, dans leur potager, cet été 2020 © Radio France / Julie Niel-Villemin

Après avoir passé une dizaine d’années en ville, Julie et les siens ont opté pour un changement de vie. Une envie de gagner en liberté, de manger sainement et de se rapprocher aussi de la vie saine des anciens.

Les erreurs du débutant

Et justement, forte de son expérience, Julie Ianuzzi nous encourage à commencer, sans toutefois se mettre la pression :

Il faut commencer petit au début et pourquoi pas juste cinq mètres carrés.

Vous pourrez ensuite suivre ses conseils sur sa chaîne YouTube, pour développer vos compétences potagères au fil des saisons. Julie partage son expérience et ses questionnements avec d’autres jardiniers de son entourage, elle consulte aussi Internet et des livres sur le sujet.

Pour Didier Hemstetter, la pire erreur de débutant et de croire qu'il faut commencer par tout retourner : « Moi, mon potager. Mes neuf cents mètres carrés sont installés sur une prairie qui n'a jamais été touchée par une bêche, ni par un motoculteur, ni même par une grelinette » (la grelinette est un magnifique outil servant à ameublir et aérer la terre sans la retourner en décompactant le sol avant la mise en culture)

L’ancien ingénieur agronome ajoute qu’il n’existe pas de mauvaises herbes. Cette appellation qualifie seulement des plantes dont l'homme n'a pas encore trouvé l'utilité, mais qui ont leur utilité dans le système

Philippe Collignon, lui, préconise de bien connaître son sol avant de débuter dans le potager. Une analyse de sol coûte une centaine d’euros, pour savoir s’il y a carence de matières organiques, et surtout, rassurez-vous, on peut toujours récupérer une terre.

Si on ne connaît pas son sol, on peut demander au voisin d'à côté, aux anciens, eux, connaissent leur sol. Le jardin, c'est aussi le lien social !

L’émission de Dorothée Barba, extrêmement interactive, permet aux auditeurs d’obtenir une kyrielle de bons conseils sur la façon de relancer la fertilité d’une terre et sur les soins essentiels à apporter au potager pour qu’il resplendisse.

La main verte, une légende ?

En jardinier malicieux, Didier Helmstetter affirme : 

Ne pas avoir la main verte, c’est l'excuse de ceux qui ne veulent pas réfléchir à comment ils peuvent jardiner.

Un encouragement à se remettre en question sur le sujet d’être ou de n’être pas apte à jardiner. Et puis, sur France Inter, sachez que La Main Verte n’est pas du tout une légende puisque c’est le nom d’une émission bi-hebdomadaire, diffusée en matinale, les samedis et dimanches, dès 7h45 et réécoutable ou podcastable à votre gré, surtout si vous avez envie de créer votre potager !

Notre jardinier, Alain Baraton, répond à toutes vos questions de jardinage ou de culture potagère et vous propose également la lecture d’ouvrages sur ces sujets.

Le Potager du Ferron, une expérience partagée
Le Potager du Ferron, une expérience partagée © Radio France / Julie Iannuzzi

Pour terminer cette page en beauté, voici un message de Magali, auditrice de France Inter, qui nous permet de penser que les invités de Dorothée Barba ont bien raison : « J’ai dix mètres carrés de potager en plein centre ville de La Rochelle. Je n'y ai mis que des plants qui n'ont aucun besoin de travail : tomates, courgettes et fraises. J'ai accueilli hérissons, oiseaux, insectes qui font un travail magnifique.  

Comble de la paresse, ces plans se resèment d'une année sur l'autre si on laisse quelques fruits à terre. Quel bonheur de regarder son potager vivre tout seul !

Pour glaner encore quelques fruits délicieux !

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