Le Festival de création chorégraphique !

DE KEERSMAEKER Anne Teresa Les-six-concertos-brandebourgeois
DE KEERSMAEKER Anne Teresa Les-six-concertos-brandebourgeois © Anne-Van-Aerschot

Le Festival Montpellier Danse voit le jour en juillet 1981. C’est le festival de danse contemporaine de renommée internationale réunissant chaque année à Montpellier des milliers de spectateurs :

  • Le rendez-vous annuel des plus grands chorégraphes internationaux, avec de nombreux spectacles gratuits à Montpellier et dans les communes de la métropole,
  • Plus de 300 compagnies venues du monde entier qui se retrouvent à Montpellier, des dizaines spectacles par jour,
  • Des créations inoubliables, des documentaires sur l'histoire de la danse, des cours de danse en plein air, des apéros-débats sur les spectacles...

Pour sa 39è édition, le festival offre à son public des créations exceptionnelles comme celles de Christian Rizzo, Angelin Preljocaj, Boris Charmatz, ou encore Anne Teresa De Keersmaeker avec des représentations surprises et la présence remarquée du grand chorégraphe américain William Forsythe.

Montpellier Danse va aussi célébrer le génie de Merce Cunningham immense chorégraphe américain qui aurait eu cent ans en 2019.

Quelques spectacles :

  • Ballet de Lyon & Merce Cunningham - Summerspace / Exchange

« C’est l’idée d’espace qui a prévalu pour cette composition, se souviendra Merce Cunningham. Pour chacune des entrées des danseurs de Summerspace, j’avais déterminé des suites de mouvements dissemblables, certaines très élaborées, d’autres répétitives, reliant entre elles ces entrées. En jouant des dés pour laisser la place au hasard, je décidais non seulement l’ordre des trajectoires, mais encore leur vitesse (rapide, moyenne ou lente) ou leur niveau (haut, médium, bas). » Malicieusement sous-titrée « Danse lyrique » en 1958, les danseurs évoluent comme en suspension, « comme les oiseaux se posent parfois puis reprennent leur vol ». Le décor et les costumes pointillistes et fauve de Robert Rauschenberg, qui floutent les danseurs, les éclairages en constante mutation font surgir autant de points mouvants, constellations en mouvement dans un espace-temps infini.

Exchange, créée vingt ans plus tard, est une pièce d’une complexité inouïe, découpée en trois parties, mais « qui n’a pas de fin ». Elle est composée d’une gamme de mouvements qui constituent des « phrases » tirées au sort et reprises partiellement d’une section à l’autre. « Par exemple une phrase dansée avec les pieds parallèles dans la section I pouvait revenir avec les pieds en dehors dans la section II et si elle revenait dans la section III un saut pouvait s’y ajouter… » Jasper Johns crée un fond de scène et des costumes aux couleurs « polluées » pour rappeler l’ambiance urbaine de New York, comme la musique de Tudor évoque les bruits d’une ville industrieuse.

BALLET DE L'OPÉRA DE LYON - MERCE CUNNINGHAM Summerspace
BALLET DE L'OPÉRA DE LYON - MERCE CUNNINGHAM Summerspace / Michel Cavalca
  • Ballet de Lyon & Peeping Tom – 31 rue Vandenbranden – Gabriela Carrizo & Franck Chartier

Évoluant dans une très mouvante zone de confluence entre théâtre et danse, tout en puisant aussi beaucoup à la source vive du cinéma, Peeping Tom explore un univers éminemment singulier qui s’ancre dans le réel pour mieux s’en échapper. Pièce emblématique de la compagnie bruxelloise, 32 rue Vandenbranden met en scène une petite communauté vivant dans une contrée reculée et enneigée, où arrivent un jour deux étrangers… Recréée pour le Ballet de l’Opéra de Lyon, la pièce se transforme pour devenir 31 rue Vandenbranden. Au fil de tableaux vivants remarquablement composés, aussi rigoureux que fantasques, se déploie un récit mouvementé en forme de ballet tragi-comique, traversé par la voix majestueuse de la mezzo-soprano Eurudike De Beul. Jérôme Provençal

BALLET DE L'OPÉRA DE LYON - PEEPING TOM
BALLET DE L'OPÉRA DE LYON - PEEPING TOM / Michel Cavalca
  • Angelin Preljocaj – Winterreise 

Chorégraphe mélomane, en quelques cinquante ballets, Angelin Preljocaj s’est montré inspiré par Mozart, Bach, Vivaldi, Stravinsky, Prokofiev ou John Cage. Winterreise, sa nouvelle création, l’engage à gravir l’un des sommets du chant romantique, sa quintessence peut-être, Le Voyage d’hiver que compose en 1827 un Schubert qui pressent sa mort prochaine. Schubert confie ce monologue déchiré à deux voix entremêlées, celles d’un baryton et d’un pianoforte qui entrelacent les sentiments d’un voyageur errant à travers un paysage hivernal. Preljocaj a opté pour cette version d’origine, donnée en live sur le plateau. Dans l’espace qui se resserre autour du chant et de la confidence, douze danseurs lestent de chair et d’élans déchirés les transes de qui renonce peu à peu au bonheur. A l’unisson, musiciens, danseurs et spectateurs vibrent « dans la charge émotionnelle d’un voyage intérieur », méditation partagée sur la fragilité, la brièveté, et donc le prix inestimable, de la passion et de la vie. Dominique Crébassol

PRELJOCAJ Angelin Winterrese
PRELJOCAJ Angelin Winterrese / Brescia e Amisano Teatro alla Scala Thomas Tatzl e artist del Balletto
  • William Forsythe - A Quiet Evening of Dance – Opéra Comédie

Pour A Quiet Evening of Dance, le chorégraphe retrouve avec gourmandise une technique classique qu’il aura longtemps désossée, fracturée, déstructurée. Et il affirme tranquillement : « Mon but est de mieux faire voir l’art du ballet ». Parti de l’analyse du mouvement de Rudolf Laban, alimenté par les lectures de Derrida, Deleuze ou Foucault et parallèlement à sa complicité avec l’architecte Daniel Libeskind, Forsythe avait entrepris une déconstruction en règle de l’art du ballet depuis ses origines jusqu’à son apogée. C’était aussi l’époque où, directeur du Frankfurt Ballet, il disposait de nombreux danseurs avant de radicaliser son propos à la tête de la Forsythe Company. Mais depuis qu’il est à nouveau chorégraphe indépendant, il est revenu à son langage naturel avec la liberté de l’artiste qui a dépassé le temps des affirmations et n’a plus rien à prouver. Fidèle à sa méthode de travail, Forsythe a donné à ses danseurs des matériaux chorégraphiques que ceux-ci, à leur tour, ont développés. Et ce qui apparaît durant cette « Tranquille soirée de danse », c’est la capacité toute forsythienne à démarrer le mouvement de n’importe quel point du corps, – coude, genou, épaule-, à le faire exploser et à laisser proliférer les résidus en variations nouvelles et inattendues.

Comme l’annonce son titre, la danse est le véritable sujet de cette soirée. Pas de décors, des costumes sobres, mis à part quelques taches de couleurs aux bras et aux pieds, peu de musique, bref, rien qui puisse détourner l’attention requise pour apprécier pleinement ce Quiet Evening of Dance. Production : Sadler’s Wells London

FORSYTHE William A-Quiet-Evening-of-Dance
FORSYTHE William A-Quiet-Evening-of-Dance / Bill-Cooper

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