Des mooc pour la formation professionnelle, des mooc pour devenir citoyen révolutionnaire ? Les 'massive open online courses', (cours en ligne gratuits) lancés il y a à peine dix ans, montrent aujourd'hui qu'ils ne sont pas la panacée, mais qu'ils ont fait leur place dans le paysage de la connaissance.

Extrait du mooc "Inventer-Inventez" avec Fabrice Hyber pour le Centre Pompidou
Extrait du mooc "Inventer-Inventez" avec Fabrice Hyber pour le Centre Pompidou © Capture d'écran Solerni/ Orange/ Centre Pompidou/

Ces derniers jours les Mooc se sont retrouvés sur le devant de la scène avec le plan pour la formation continue et professionnelle. Le gouvernement a annoncé que "le salarié pourra par exemple, se former directement, en ligne, via les "Mooc", qui seront reconnus comme de vraies formations en tant que telles".  

La France Insoumise, après LREM pendant la campagne présidentielle, a annoncé le mooc Révolution citoyenne. 

La SNCF dit qu'elle espère recruter cette année 1.000 conducteurs de train en CDI, dont 566 d'ici avril, notamment via des programmes de Mooc.  Le Mooc est-il devenu la tarte à la crème, la solution passe partout, la branche de modernité  à laquelle se raccrocher faute de moyens ? 

Bilan mitigé pour les universitaires

Dans l'enseignement et au niveau universitaire, on fait désormais un bilan mitigé de leur utilisation en remplacement des enseignements "présentiels". Si certains avaient pu craindre que les cours classiques seraient remis en cause et dépassés par les Mooc, ils peuvent vérifier que ces cours vidéos sont en fait un complément et un appui à la délivrance de connaissances et à l'apprentissage. C'est un outil de plus. Car les spécialistes de sciences cognitives et ceux qui sont chargés d'enseigner constatent que on apprend mieux quand on agit, quand on est entouré, quand on guidé, et quand on doit faire. Donc les universités, écoles d'ingénieurs, et institution de formation, repensent leur façon de les insérer au sein des cursus. 

Expérience positive pour les acteurs culturels

Quand il ne s'agit pas de suivre un cursus sanctionné et reconnu pour un diplômes, les choses sont plus simples, et la réussites s’engrangent plus facilement. C'est ce que fait la fondation Orange avec les mooc conçus en liens avec de grandes institutions muséales, comme le château de Versailles ou le Grand Palais. 

Christine Albanel, directrice déléguée de la fondation Orange, affirme que "Oui nous allons continuer car au début il y  avait environ 15 000 personnes à les suivre ; désormais il y en a autour de 25 000 ; a chaque fois il y en a plus. Pour la moitié d’entre elles, ce sont des personnes qui vivent en province. 10 % sont des personnes vivant à l'étranger. Donc on va continuer et les multiplier, les faire peut-être un peu plus courts. Ils pourront aussi concernés des événements et des expos hors de Paris. Nous proposerons peut-être à l'avenir des kit pour les animateurs et professeurs,  ce qui permettrait de toucher d’autres publics encore". 

La dernière expérience en date pour Orange et sa filiale dédiée Solerni a été de raconter une histoire de l'art contemporain avec des mots clés, au profit de Centre Pompidou. 

La série de vidéos se termine par un quizz et désormais les mooc sont tous disponibles en permanence sur le site solerni.org.  Car, explique Christine Albanel, "Ça correspond à une attente. C'est un plaisir et un besoin". 

Un besoin pour qui ? Les statistiques de fréquentation montrent que dans 7 cas sur 10 ce sont des femmes qui suivent les Mooc. Les adeptes des Moocs culturels ont entre 45 et 65 cas dans 52 % des cas. Ce sont visiteurs d exposition. 

Orange proposera à la rentrée un très beau Mooc sur l’histoire de la photographie à l'occasion d'une exposition à Paris au Grand Palais à l'automne. 

Articles liés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.