Un monument de la gastronomie française, le célèbre chef Paul Bocuse, est décédé samedi dans son auberge de Collonges-au-Mont-d'Or, dans le Rhône. Il avait 91 ans.

Paul Bocuse dans les cuisines de son Auberge de Pont de Collonges, dans le Rhône (2012).
Paul Bocuse dans les cuisines de son Auberge de Pont de Collonges, dans le Rhône (2012). © AFP / JEFF PACHOUD

Le pape de la cuisine française n'est plus. Le célèbre chef Paul Bocuse s'est éteint samedi dans la célèbre auberge de Collonges-au-Mont-d'Or. C'est Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, qui a annoncé la mort du cuisinier de 91 ans.

"Monsieur Paul, c'était la France. Simplicité & générosité. Excellence & art de vivre. Le pape des gastronomes nous quitte. Puissent nos chefs, à Lyon, comme aux quatre coins du monde, longtemps cultiver les fruits de sa passion", a écrit M. Collomb sur le réseau social.

Raymonde Bocuse, l'épouse du défunt, leur fille Françoise Bocuse-Bernachon et Jérôme Bocuse, fils de Paul né d'une autre union, ont fait part de leur "peine immense" dans un communiqué. "Notre 'capitaine' s'est éteint ce 20 janvier à 10h, à l'aube de ses 92 ans. Bien plus qu'un père et un époux, c'est un homme de cœur, un père spirituel, une figure emblématique de la gastronomie mondiale et un porte drapeau tricolore qui s'en est allé", ont-ils dit.  

Selon une source proche, Paul Bocuse, qui souffrait depuis plusieurs années de la maladie de Parkinson, "est parti paisiblement" lors de sa sieste matinale dans l'auberge, qui détient trois étoiles au Guide Michelin et où rien ne laissait soupçonner le décès à la mi-journée, le personnel restant souriant. 

"Aujourd'hui, la gastronomie française perd une figure mythique qui l'aura profondément transformée. Les chefs pleurent dans leurs cuisines, à l'Élysée et partout en France. Mais ils poursuivront son travail", a salué le président Emmanuel Macron dans un communiqué, en adressant ses condoléances à la famille et aux proches du défunt, ainsi qu'au monde de la gastronomie française.

Le "cuisinier du siècle", bourreau de travail et globe-trotteur

Apprenti dans le restaurant lyonnais triplement étoilé de la mère Brazier à partir de 1946, le jeune Paul se forme également à l'école de Fernand Point à Vienne, son "maître à penser". Meilleur ouvrier de France en 1961, trois étoiles au Michelin sans discontinuer depuis 1965, il transforme l'auberge familiale des bords de Saône en temple de la gastronomie, devenant au fil des ans et de ses voyages le patron d'un puissant groupe. 

Bourreau de travail et premier chef à quitter ses fourneaux pour s'installer au Japon, au Brésil et aux États-Unis, il joue les globe-trotteurs, entraînant dans son sillage d'autres chefs qui voient en lui leur "père spirituel".  

Le patron du guide Gault & Millau - qui avait élu Bocuse "cuisinier du siècle" en 1989 - Côme de Chérisey, a salué "le grand homme mais surtout celui avec qui Henri Gault et Christian Millau ont lancé la Nouvelle cuisine. Il a été à l'origine de ce big bang dans la gastronomie française et mondiale".  

© Visactu
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.