Son destin a été lié pendant près de 80 ans à celui du Cirque d'Hiver, qu'elle avait acheté en 1934 avec son mari Joseph Bouglione. À 107 ans, la doyenne du cirque a transmis son amour de cet art à cinq générations de descendants, qui le portent encore aujourd'hui.

Rosa Bouglione et son mari Joseph (décédé en 1987) en 1963 à Paris
Rosa Bouglione et son mari Joseph (décédé en 1987) en 1963 à Paris © AFP

Née dans une famille possédant une ménagerie foraine, en 1910, Rosalie Van Been avait eu en 1928 le coup de foudre pour Joseph Bouglione, descendant de gitans italiens montreurs d'ours. Les deux artistes s'étaient ensuite mariés dans une cage aux fauves, avant de partir en voyage de noces avec la mythique troupe du Wild West Show montée par Buffalo Bill en 1904.

Dans le communiqué annonçant le décès de Rosa Bouglione, sa famille évoque "55 petits, arrière et arrière-arrière-petits enfants" à qui elle a "légué l'amour du cirque". Tout ça, sans compter tous ceux qui ont, un jour ou l'autre, gravité autour de la famille Bouglione : des artistes internationaux, des stars (de Joséphine Baker à George Pompidou en passant par Tony Curtis, Maria Callas ou Burt Lancaster), mais aussi le public.

Un public que le couple a su attirer pendant plusieurs décennies. D'abord en personne, au Cirque d'Hiver (propriété de la famille depuis près de 80 ans), mais aussi à distance : après la Seconde guerre mondiale, les Bouglione ont ainsi su tirer partie d'une toute nouvelle technologie, la télévision, pour amener leurs spectacles dans les salons, via l'émission "La piste aux étoiles".

La fin d'une époque (et d'une conception du cirque ?)

Après l'âge d'or, dans les années 80 à 90, le Cirque d'Hiver a surtout hébergé des comédies musicales, voire des meetings politiques. Depuis 1987 et la mort de Joseph Bouglione, ce sont les petits-enfants et arrière-petits-enfants de Rosa et Joseph qui gèrent les affaires du cirque. Mais la matriarche a toujours conservé un lien très fort avec le Cirque d'Hiver, près duquel elle avait fini par s'installer.

Très attachés à la présence d'animaux dans leurs spectacles (Rosa avait elle-même débuté dans la cage aux lions et son fils, Joseph-Eugène, estime que "le cirque sans animaux est un repas sans vin"), les Bouglione ont depuis quelques années fait face à des critiques grandissantes sur la question du bien-être animal, tout comme l'ensemble des cirques traditionnels.

La Ville de Paris, où se trouve le Cirque d'Hiver, a même pris en novembre 2017 l'engagement de devenir une ville sans aucun animal sauvage dans ses cirques.

Les amateurs de cirque sont invités à se recueillir devant le cercueil de Rosa Bouglione au Cirque d'Hiver ce mercredi de 10h à 13h. Elle sera ensuite inhumée au cimetière de Lizy-sur-Ourcq, en Seine-et-Marne, tout comme l'ensemble des membres de la dynastie Bouglione. La troupe avait coutume de s'y arrêter tous les ans.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.