Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow est mort à l'âge de 81 ans.

Ousmane Sow
Ousmane Sow © AFP / BERTRAND GUAY

Il était grand, et ses sculptures plus grandes que lui encore. Il ne cachait pas son goût pour une forme d’exagération.

Né à Dakar en 1935, Ousmane Sow était kinésithérapeute de formation. Il est ensuite devenu artiste, mais il a continué à s'intéresser aux corps humains, à les sculpter plutôt que de les manipuler. Elu à l'Académie des Beaux-arts de Paris en 2013, il aurait d'ailleurs voulu y enseigner l'anatomie humaine.

Pour les Français, Ousmane Sow est l'homme qui sculpta un Victor Hugo géant dans le centre ville de Besançon sur l'esplanade des Droits de l'Homme. Une rétrospective de son oeuvre avait d'ailleurs montré Zoulou, Masaï, Peulh, Nouba et trois statues des grands hommes (Mandela, de Gaulle, Victor Hugo), ainsi que Le Sage et en exclusivité L'Homme et l'Enfant.

Il est aussi l'auteur d'une exposition sur le Pont des Arts à Paris, vue par quelques 3 millions de passants en 1999. C'est une rétrospective qui comprenait notamment La bataille de Little Bighorn, célébrant la résistance des Indiens d’Amérique.

Un sculpteur d'énergie

Ousmane Sow cherchait à traduire dans ses sculptures une forme de puissance et à faire sentir aux visiteurs un flux d'énergie entre les sculptures et eux.

Ces œuvres représentent des héros humains, des grands hommes d'Etat, des guerriers et des figures de proues. Elles sont là pour témoigner d'une vitalité et d'une force intérieure. Et lors de ces derniers travaux il a représenté des personnalités qui l'ont aidé à se construire, à commencer par son père, ou bien Toussaint Louverture par exemple.

On peut aussi dire qu'il sculptait à son image, il était grand et se voyait grand. Il rêvait d'installer au Sénégal un musée rassemblant son oeuvre.

Ses sculptures sont faites d'un mélange de sables, de paille et de terre, et d'autres produits dont il a gardé le secret. Les dernières années il était passé au bronze.

Une reconnaissance tardive

Arrivé à Paris en 1956 ce n'est que vers 50 ans, qu'il se met à son travail d'artiste. Le Centre culturel français de Dakar expose son travail en 1987. Ces statues Nouba sont emblématiques de son oeuvre.

L'année suivante, le public découvre sa série Massaï, avant les séries Zoulou et Peuls en 1993.

Sa reconnaissance internationale est telle dans les années 90 qu'il est invité à la Documenta de Kassel en Allemagne et à la Biennale de Venise. Le succès de l'exposition aux Pont des Arts à Paris est le point d'orgue de sa reconnaissance par le grand public.

Le président François Hollande a rendu hommage jeudi au sculpteur sénégalais Ousmane Sow, décédé dans la journée à l'âge de 81 ans, saluant en lui "un immense artiste" et "un ami de la France".

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