La saison qui s'ouvre est celle du reconfinement... Mais c'est aussi celle des prix littéraires ! Une coïncidence qui tombe très mal pour les libraires, qui craignent que les lecteurs n'achètent massivement les œuvres des lauréats sur Internet, faute de trouver une librairie ouverte.

Stand lors de la soiree d'ouverture du salon du livre 2019
Stand lors de la soiree d'ouverture du salon du livre 2019 © AFP / Laure Boyer / Hans Lucas

Pour Anne Martelle, présidente du syndicat de la librairie française, ce mois de confinement qui commence "tombe on ne peut plus mal". "Un quart des livres vendus en France se vendent entre novembre et décembre. En moyenne, c'est 25 % du chiffre d'affaires d'une librairie, la fin de l'année", rappelle-t-elle.

"Alors effectivement, il y a peut-être une ouverture dans 15 jours, une réévaluation", reconnait la libraire. "Mais c'est de toute façon une perte d'exploitation et c'est aussi, pendant 15 jours, à la veille de la remise du Goncourt, une porte ouverte royale pour Amazon."

"Les libraires vont pratiquer quand ils le peuvent le "click and collect", mais on n'a pas la puissance de ce géant, qui ne paye pas ses impôts en France."

Novembre, c'est en effet le moment du grand embouteillage de prix littéraires, avec le Grand Prix du roman de l'Académie française qui doit être annoncé ce jeudi, le Femina le 3 novembre, le Renaudot et le Goncourt le 10 novembre, etc.

Pour limiter les dégâts, le syndicat d'Anne Martelle propose de repousser ce qui correspond à un autre pic de ventes : l'annonce des lauréats des prix littéraires, pour attendre que les librairies puissent accueillir ceux qui souhaitent les lire. "Ce ne serait pas stupide comme idée ! Ce serait aussi une manière pour eux de soutenir la librairie indépendante. Que des jurés d'un prix prestigieux remettent leur décision à début décembre, ce ne serait pas une mauvaise nouvelle."