Michèle Bedos, réalisatrice à France Inter et voisine de bureau, m'avait prévenu : "Il ne faut jamais laisser traîner sur ton bureau, une bd d'Art Spiegelman! Elle disparaît dans la journée." Hélas, j'ai posé sur ma table le dernier opus de l'américain, "Breakdowns", après avoir eu la chance de l'interviewer. On ne me l'a pas volé. Pire, je l'ai prêté. Mais à qui? "Breakdowns" est la BD la plus autobiographique de Spiegelman, après "Maus". Un retour sur soi, sur l'enfance traumatisée par le passé des parents (la déportation, le suicide de la mère dans les années 60), une évocation de sa propre culpabilité et son séjour en hopital psychiatrique. Un livre sur la bd, aussi. Il y a au delà d'un aspect introspectif et autobiographique, des phrases belles et simples sur l'art :"L'art n'existe que pour retrouver la sensation de vivre, pour ressentir les choses. Le propos de l'art est de faire sentir les choses telles qu'elles sont perçues et non pas reconnues".Et puis des commentaires assassins sur Bush :"Le centre moral du pays se situe quelque part entre le téton de Janet Jackson et le clito de Paris Hilton".Sur la première page, à ma demande (midinette, je suis, je l'avoue), le dessinateur américain qui s'était essayé (avec succès) au français durant l'entretien a dessinné son visage, avec une bulle pleine de points d'interrogation, d'exclamation, de suspension... et en dessous, des mots du genre : "to Vincent. I hope he'll forgive my french..."Ah, si je pouvais récupérer ce nouveau chef-d'oeuvre du maître Art Spiegelman...

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