Après Netflix jeudi soir, YouTube a annoncé vendredi prendre des mesures pour réduire les débits utilisés par leurs plateformes. Mais que cela signifie-t-il pour les utilisateurs ? Le confinement va-t-il se faire sans services de streaming ? Rassurez-vous : vous allez toujours pouvoir regarder vos séries préférées.

Sur Netflix, le flux de données utilisé devrait baisser d'environ 25%
Sur Netflix, le flux de données utilisé devrait baisser d'environ 25% © AFP / Nicolas Guyonnet / Hans Lucas

Les grands services de streaming ont répondu par l'affirmative à la demande du commissaire européen au Marché intérieur, qui les avait exhortés jeudi à réduire la bande passante qu'ils occupent sur Internet afin d'éviter une saturation des réseaux. Ainsi, Netflix jeudi puis YouTube vendredi matin ont annoncé qu'ils allaient mettre en place des mesures de réduction de la bande passante. 

"Netflix a décidé de commencer à réduire les débits binaires dans tous ses flux en Europe pendant 30 jours", a expliqué l'entreprise américaine, leader du streaming par abonnement. Vendredi, YouTube a annoncé à son tour "basculer provisoirement l'ensemble du trafic dans l'UE sur une définition standard par défaut" - ainsi qu'en Grande-Bretagne, pour 30 jours minimum.

Une baisse de 25% des flux visée par Netflix

Mais concrètement, qu'est-ce que cela signifie ? Rassurez-vous, vous n'allez pas être privé de YouTube ni de Netflix pendant ces prochaines semaines de confinement - du moins pas pour le moment, ces mesures visant justement à éviter tout problème de saturation des bandes passantes. Du côté de Netflix, le changement devrait être le plus transparent possible : il s'agit, selon la définition (HD, 4K, etc.) dont vous disposez, de forcer la plateforme à utiliser le format le plus compressé qui soit. 

Pour cela, la plateforme utilise une technologie qui lui permet de jongler entre plusieurs qualités d'image pour chaque type d'écran différent. Les utilisateurs les mieux équipés, qui ont l'habitude d'avoir une image ultra haute définition sur un écran de grande qualité, verront peut-être une baisse de qualité d'image. Pour les autres, cela ne devrait pas changer grand chose, Netflix étant déjà habitué à adapter la qualité de l'image en fonction de l'occupation de la bande passante. Et malgré tout, cela devrait permettre une baisse de 25% du flux de données exploité par le géant américain - et ce malgré la potentielle augmentation du nombre d'utilisateurs.

Sur YouTube, qualité standard par défaut

Côté YouTube, le changement - qui va se déployer "progressivement" - sera plus visible : chaque vidéo sera paramétrée, par défaut, pour se lancer avec une qualité d'image standard, voire dégradée (au lieu de 720p ou 1080p par exemple, ce sera le plus souvent 480p). En revanche, par rapport à Netflix où le format d'image ne peut pas être changé par l'utilisateur, il sera possible, sur YouTube, de basculer à nouveau la qualité d'image sur un meilleur format - ce qui oblige à une manipulation en plusieurs clics, en pointant la petite molette de réglages présente en bas à droite de la vidéo. 

Pour autant, s'il restera bien possible d'augmenter la qualité de la vidéo YouTube, il est recommandé de ne pas le faire : au total, le streaming représente 60% de la bande passante du web. Accepter de réduire un peu la qualité de ses vidéos, c'est permettre à d'autres utilisations exceptionnelles, notamment pour le télétravail et l'école à distance, de se dérouler sans accroc

Reste à savoir comment la situation va évoluer dans les jours à venir avec l'arrivée de nouveaux services : si Madelen, le service de streaming français lancé par l'Ina cette semaine, ne vise que 50 000 utilisateurs à terme, Disney , dont le lancement est prévu dès lundi en France, pourrait bien se retrouver encombré également... à moins d'opter, dès le départ, pour une qualité d'image moindre le temps de la crise sanitaire en cours. 

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