C'est l'un des événements du début de l'année sur la planète séries, la sortie de la nouvelle saison de "Sex Education". Avec cette deuxième partie, Netflix édite gratuitement un guide d'éducation sexuelle qui "donne des clés", sans tabou, sur des sujets aussi importants que le consentement, le genre, la contraception.

Plus de 20 000 exemplaires du manuel ont été commandés gratuitement sur le site de la série en une soirée.
Plus de 20 000 exemplaires du manuel ont été commandés gratuitement sur le site de la série en une soirée. © Radio France / X. D.

Les premiers épisodes avaient fait sensation. Rarement la découverte de la sexualité par les ados avait été abordée aussi naturellement. Vendredi, Netflix sort la deuxième saison de sa série Sex Education qui continue donc, toujours sans détour et avec beaucoup d’humour, à explorer sans tabou le large spectre du sujet. 

On retrouve ainsi l’intelligence de Maeve (jouée par la franco-britannique Emma Mackey) ; la maladresse d’Otis ; sa génialissime mère sexologue jouée par Gillian Anderson et le pétillant Éric, meilleur ami d’Otis. 

À travers les huit nouveaux épisodes, la série évoque une nouvelle fois tout un tas de sujets encore très rarement abordés de la sorte dans des fictions : le plaisir féminin, les agressions sexuelles, le consentement, l’homosexualité, ou même l’asexualité. Ainsi, Sex Education s’adresse autant aux adultes qu’aux ados, parle autant aux uns qu’aux autres. 

Au-delà de la série, un manuel pratique

Originalité, un guide - Le Petit manuel de Sex Education - accompagne cette sortie et recoupe une grande partie des thématiques évoquées dans la série. C’est la photographe belge Charlotte Abramow, connue pour ses collaborations avec Angèle, qui en est l’autrice, en collaboration notamment avec l’illustratrice Lisa Villaret et l'animatrice du compte Instragram féministe et sexo @metauxlourds

Cette série est hyper crédible et, comme le Petit manuel, elle s'inscrit dans la mouvance de prise de parole des femmes et des minorités”, constate la photographe.

“C’est l’objet qu’on aurait kiffé avoir à 16 ans”

Toutes les réponses ne sont pas dans le manuel, mais c’est juste l’objet qu’on aurait kiffé avoir à 16 ans pour avoir quelques clés et pas sur un ton culpabilisant et moralisateur”, explique Charlotte Abramow. 

En une soixantaine de pages, agrémenté d’un talentueux travail graphique et photographique, ce guide d’éducation sexuelle balaye effectivement les questions de genre, définit le consentement, décrit l’anatomie, explique la masturbation ; parle aussi des règles, des sécrétions, de la contraception.   

Et là, pas de pincettes dans ce manuel qui se veut toutefois plus artistique que scientifique : il y a du “couilles”, du “baise” et du “branle”. “On a voulu vraiment prendre l’axe décomplexé du plaisir, de la découverte de soi, du respect et du dialogue. Ce sont des portes d’entrée pour une sexualité épanouissante et épanouie”, poursuit-elle. 

S’il est sans aucun doute principalement à destination d'un public d’adolescents et jeunes adultes fans de la série, ce Petit manuel pourra assurément en apprendre aux plus vieux, s'amuse Charlotte Abramow : “Même à plus de 30 ans et dix ans de sexualité derrière soi, on apprend des choses dans le manuel !”.

Ces trois photographies sont utilisées pour la campagne publicitaires de Netflix à l'occasion de la sortie de la saison 2 de Sex Education.
Ces trois photographies sont utilisées pour la campagne publicitaires de Netflix à l'occasion de la sortie de la saison 2 de Sex Education. / Avec l'aimable autorisation de Charlotte Abramow

Campagne de pub et guide 100 % gratuit

Cette semaine, plus de 20 000 exemplaires se sont envolés en une soirée via la commande en ligne sur le site sexeducation.fr. Netflix a prévu d’en distribuer 75 000 au total en France métropolitaine, complètement gratuitement. Le PDF du livre sera lui mis en ligne très prochainement, “pour que tout le monde puisse y avoir accès”. 

Par ailleurs, le géant américain du streaming s’est offert une campagne de publicité à Paris et dans les grandes villes de France, à coups de panneaux 4x3 et aux arrêts de bus. Dans le métro de la capitale, les grandes affiches qui insistent sur le consentement (“Non, c’est non”), montrent un clitoris ou des protections (serviette, tampon, cup mennstruelle) tâchées de sang pour évoquer les règles sont saluées par des internautes, sur les réseaux sociaux. 

Quelqu’un peut saigner du nez mais pas de la chatte, or les règles ça arrive à la moitié de la population”, souligne avec humour Charlotte Abramow qui avoue sa fierté de voir ses photos (“qui restent-là finalement encore assez lisses et publicitaires”) dans le métro. “Ces photos racontent quelque chose d’important, qui me tient à cœur. Dans l’espace public, ça change la donne, c'est au-delà des réseaux sociaux, c’est dans la rue et la dans la vraie vie”, conclut-elle. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.