Le dessinateur Nicolas de Crécy s’est rendu à Mexico pour croquer la ville. Il publie un superbe recueil de ses dessins. L’occasion d’une rencontre.

Couverture de "Mexico" de Nicolas de Crécy
Couverture de "Mexico" de Nicolas de Crécy © Travel book Louis Vuitton

► Plus d’informations et quelques images du Travel book de Nicolas de Crécy sur Mexico

Mexico, l’attrait de l’inconnu

Mexico, dessin de Nicolas de Crécy
Mexico, dessin de Nicolas de Crécy © Travel Book Louis Vuitton

Nicolas de Crécy : Je suis à parti à Mexico sans rien en connaitre. Je préfère être surpris. J’ai pensé que la ville m’inspirerait graphiquement. L’idée de départ était de faire des croquis. J’ai dessiné sur place, en rentrant à l’hôtel le soir, ou à Paris à mon retour d’après mes souvenirs et des photos. J’avais en tête les carnets de voyage de Delacroix au Maroc, et ceux d’Auguste Macke en Tunisie. Je comptais m’en inspirer mais, finalement, mon livre n’a aucun rapport. Je n’ai pas le talent de ces peintres, et une fois confronté au réel du Mexique, j’ai fait d’autres choix graphiques. Surtout, leurs carnets étaient effectués dans un contexte différent : les croquis de Delacroix étaient pour lui-même. Leur finalité n’était pas d'être rassemblés dans un livre destiné à être vu. Mes dessins ne pouvaient pas être aussi « libres » que si j’avais dessiné uniquement pour moi.

Peu de similitudes avec le Japon

Nicolas de Crécy : Ma première impression de Mexico ? Je ne m’attendais pas à ce que la ville ait une telle surface. C’est gigantesque. Il y a des choses communes avec le Japon (Nicolas de Crécy a été en résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto). Tokyo et Mexico sont des villes immenses avec un nombre d’habitants impressionnant. Mais sinon, les différences sont criantes. D’un côté, on a un pays latin et, de l’autre, la singularité du Japon.

Mexico a été un étonnement. Mais venant d’un pays latin, j’étais préparé. En plus j’ai passé une partie de mon enfance et de mon adolescence à Marseille dans les années 1980. Et Mexico m’y a fait penser. C’est une atmosphère, plus libre, plus chaotique et plus organique. Je m’y sentais bien en dehors de la pollution un peu difficile à supporter... mais, finalement, pas tellement plus qu’à Paris !

L’altitude de Mexico bénéfique pour le dessin

Dans les rues de Mexico dans le centre historique près du métro Allende
Dans les rues de Mexico dans le centre historique près du métro Allende © Nicolas de Crécy/Mexico, Travel Book, Louis Vuitton

Nicolas de Crécy :Mexico est une ville entre 2200 et 2500 m d'altitude, et ça m’a plu. J’adore la montagne. Dès que je suis à 2000 m, je suis en forme. Pour le dessin aussi, c’est positif : cela donne une lumière particulière. C’est toutefois étrange. C'est une altitude qui correspond à de la haute montagne en Europe. Mais comme on est sur un plateau, et qu’autour les volcans dominent la ville du haut de leur 4500 m, on se croirait presque dans une cuvette. Graphiquement, cette géographie inspire plein de choses et c’est toute la difficulté. Je pense n’avoir réussi à suggérer qu’une seule ambiance. Il y a plein de quartiers différents. C’est donc très difficile de rendre cette variété en quelques dessins. Il aurait fallu deux ou trois volumes !

Une ville chaotique dans laquelle on est vite perdu

Nicolas de Crécy : A Mexico, on est happé par la lumière, les contrastes, l’aspect vivant de la ville. On sent que la végétation n’est pas loin et qu’elle ne demande qu’à pousser. L’urbanisme est assez chaotique. Les choses se sont construites par strates, un peu au fil de l’eau et ça génère du trafic autoroutier un peu anarchique. En tant qu’européen, on a du mal à appréhender tout ça, parce qu’on a une impression de gigantisme. Contrairement à Tokyo, où on a des quartiers très emblématiques et très reconnaissables. Mexico est une ville plus plate. Il y a des quartiers avec des buildings, mais assez peu par rapport à la surface de la ville. Il y a donc peu de point de repères dans l’espace. Au début, j’avais beaucoup de mal à me retrouver. Ça m’a un peu stressé, et je me suis perdu. Mais tant mieux ! Comme ça, j’ai pu découvrir des quartiers que je n’aurais pas exploré sinon.

Nicolas de Crécy : Comment j’ai dessiné « Mexico »

La leçon de dessin :

Mexico, de Nicolas de Crécy est un Travel book édité chez Louis Vuitton

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