Des films, une Master Class et même une nuit Nicolas Winding Refn. Le réalisateur de “Drive” est l’invité d’honneur du festival “Toute la mémoire du monde” qui se tient du 13 au 17 mars à la Cinémathèque française. L’occasion d'évoquer avec lui son amour de l’underground et sa plateforme de streaming byNWR.com.

Nicolas Winding Refn fait sa prog à la cinémathèque
Nicolas Winding Refn fait sa prog à la cinémathèque © Radio France / Corinne Pelissier

Le trajet “thanks god” n’a pas été trop long depuis Copenhague. À peine une heure cinquante d’avion et le voilà à Paris, très excité à l’idée de participer à un festival exclusivement consacré aux films restaurés.  

Nicolas Winding Refn est le parrain cette année de la septième édition du festival “Toute la Mémoire du Monde”, organisé par la Cinémathèque française. Il a choisi une partie des films de la programmation et animera pendant cinq jours plusieurs rencontres, autour notamment de sa plateforme de streaming byNWR.com, sur laquelle il diffuse gratuitement des films qu’il a lui-même restaurés. 

La culture pour tous 

On connaissait le réalisateur de Drive collectionneur obsessionnel d’affiches de films de série B, on le découvre aujourd’hui curateur de raretés et mécène, puisque c’est avec l’argent qu’il a gagné en tournant des publicités pour de grandes marques, qu’il s’est lancé l’an passé dans la restauration de films.  

“Cette plateforme est née de l’envie de partager. La culture est sans doute l’une des choses les plus importantes dans ma vie et elle devrait être accessible à tous. C’est pour cette raison que mon projet devait être gratuit. Au début bien sûr, la démarche a surpris beaucoup de monde, mais dans mon esprit il n’y avait pas d’autre option. Quand vous allez sur les plateformes de streaming, tout le monde a le même concept, un cataloguer payant, et le même objectif, le volume. Mais la plupart de ce qu’on nous propose est totalement nul ! Et aujourd’hui sur internet, vous finirez de toute façon par trouver toutes ces références gratuitement. Le modèle a changé, il faut se réinventer. En offrant du contenu, j’offre un échange. Pur et sincère.” 

Cette plateforme est à son image, remplie de bizarreries et inspirée de séries B, des films oubliés à l'atmosphère très pop, qui traitent de sexe ou de violence, en large écho à sa propre filmographie. 

NWR fait sa prog 

Le réalisateur a d’ailleurs conçu dans le cadre du festival un double programme, inspiré de plusieurs films fondateurs que l’on retrouvera peut-être un jour en accès libre sur sa plateforme, “Fat City” de John Huston, “The Maidens of the Fetish Street” de Saul Resnick, ou “Scorpio Rising” de Kenneth Anger. Ses premiers souvenirs de cinéma sont accolés à ses premiers gestes de réalisateur. 

“Fat city est le premier film que j’ai vu. J’avais 5 ans et c’était avec ma mère. A l’époque bien sûr je ne comprenais pas grand-chose mais je sentais que le film remuait des choses en moi, qui font aujourd’hui écho à mon propre cinéma. Tous mes films comportent par exemple une fin ouverte, ça vient de Fat city. Scorpio Rising j’étais plus vieux. Mais ce qui m’a marqué c’est ce côté fétichiste, qui ne m’a plus jamais quitté. L’utilisation de la musique et de toute cette imagerie pop que l’on retrouve énormément aujourd’hui dans l’art, dans les films, dans la pub, ou dans la mode. Tout cet univers a toujours été très inspirant pour moi”. 

Des raretés à petits budgets 

Ce n’est donc pas étonnant de retrouver aujourd’hui Nicolas Winding Refn dans un rôle de passeur, toujours cette même envie de partager qui le guide au quotidien et l’a conduit, pour sa plateforme, à s’entourer des meilleurs. Que ce soit dans la restauration des films ou dans leur curation. 

“C’est comme une chasse au trésor. Ce qui m’intéresse c’est la rareté, ce qui est caché, et globalement tout ce qui échappe au bon goût, qui est pour moi l’ennemi juré de la créativité. Les rédacteurs en chef que je recrute chaque trimestre ont totalement carte blanche. Ils doivent juste mettre en avant la créativité de l’artiste, sans la juger. Vous savez, moi à la base, je n’ai aucun don. Et cela me déprimait beaucoup quand j’étais plus jeune. Je ne savais pas danser, je ne savais pas chanter, ni jouer d’un d’instrument, et en plus je suis daltonien. Mais ça ne m’empêchait pas d’avoir des choses à dire. Le plus important c’est le désir. C’est ce que j’essaie de montrer à travers cette plateforme et tous ces films un peu bizarres. Le moteur, c’est l’envie”. 

Ceux qui ne sont pas bilingues pourront découvrir dès cette fin de semaine la version française de la plateforme, une thématique par trimestre, un film par mois, et beaucoup de contenus, des vidéos, des coupures de presse, des morceaux de musique ou des biographies. 

Le festival toute la mémoire du monde, du 13 au 17 mars à la Cinémathèque française. 

Retrouvez toute la programmation ici

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