Ce mardi, la maison de ventes Christie's met aux enchères un pastel signé Edgar Degas, estimé entre 8 et 12 millions d'euros ! A l'honneur dans deux expositions majeures à Paris et Lausanne, ce bâtonnet de couleur est souvent méconnu du public des musées.

Des pastels dans un atelier d'artiste (illustration)
Des pastels dans un atelier d'artiste (illustration) © AFP / Joël Saget

Rappelez-vous votre premier contact avec les pastels, souvent gras, parfois secs : la plupart du temps, c'est la fourniture incontournable que vous demandait votre professeur d'art plastique, celle avec laquelle vous avez réalisé tant d'œuvres, tantôt inachevées, tantôt bâclées, parfois pas si ratées.  

Maintenant, oubliez tout cela, et visualisez une scène, presque une image volée, un duo de spectateurs dans les coulisses de l'opéra. "En coulisses", c'est le titre de ce dessin au pastel d'Edgar Degas, vendu ce mardi aux enchères par la maison Christie's à Londres, et estimée entre 8 et 12 millions d'euros.  

Conditions de conservation drastiques  

Car s'il est surtout connu comme un medium abordable et en apparence facile à prendre en main pour les artistes amateurs, le pastel a aussi été très prisés par les grands maîtres de la peinture, à plusieurs époques. Et en réalité, la technique du pastel, dont les couleurs ne se mélangent pas (contrairement à la peinture) et qu'on ne peut pas recouvrir de blanc, demande beaucoup d'agilité pour être maîtrisée.  

Mais peu d'expositions et de musées le mettent en valeur, pour une raison purement technique : le pastel, friable, est extrêmement fragile. Soumis à des conditions de conservation très strictes en termes d'humidité et de température pour traverser les époques, il est très rarement exposé, et encore moins transporté d'un musée à l'autre.  

Deux expositions pour un panorama du pastel 

Et hasard exceptionnel du calendrier, en ce moment, deux expositions rendent hommage à la beauté et la poésie apportées par le pastel dans l'art, l'une à Paris, au Petit Palais, l'autre à la Fondation de l'Hermitage à Lausanne, en Suisse. La première est consacrée aux artistes de la fin du XIXe siècle, des naturalistes comme Degas aux symbolistes comme Odilon Redon en passant par les naturalistes, Millet en tête, et les impressionnistes.  

C'est en effet à cette période que le pastel, très populaire au XVIIIe siècle puis tombé en désuétude, est revenu à la mode. A tel point que pendant l'exposition universelle de 1889, celle qui a vu naître la Tour Eiffel, un pavillon entier était consacré aux artistes pastellistes. Résultat, pas un grand artiste de l'époque ne s'est dérobé à l'utilisation du pastel, et les plus grands, Renoir, Gaugain, ou Berthe Morisot, s'y sont prêtés.  

La seconde, à Lausanne, s'étend aussi aux artistes modernes et contemporains. Ainsi, aux côtés des artistes précédemment cités, on retrouve aussi les grands noms de l'histoire de l'art du XXe siècle comme Paul Klee, Joan Miro ou Pablo Picasso, et de jeunes artistes contemporains qui utilisent désormais le pastel à leur façon, comme le Suisse Nicolas Party, qui a réalisé pour l'occasion une fresque murale dans les murs de la fondation.  

Pastels du 16e au 21e siècle, Liotard, Degas, Klee, Scully, à la Fondation de l'Hermitage à Lausanne (Suisse), jusqu'au 21 mai 2018

L'art du pastel de Degas à Redon, au Petit Palais (Paris) jusqu'au 8 avril 2018

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