Le président du Louvre l'a annoncé ce mercredi matin sur France Inter, il y a un projet d'exposition des œuvres de Notre-Dame pour l'automne 2023. Voici les principales pièces que le Louvre pourrait présenter, avant qu'elles ne rejoignent la cathédrale lorsqu’elle sera enfin rouverte au public.

La salle du Trésor de la cathédrale Notre-Dame de Paris avant l'incendie
La salle du Trésor de la cathédrale Notre-Dame de Paris avant l'incendie © .

Pour présenter les œuvres de Notre-Dame, il faudrait vider six salles du Louvre, si l’on en croit la déclaration faite au journal Le Parisien par Laurent Prades, le régisseur du patrimoine de Notre-Dame de Paris. Le Louvre pour l'instant, est le gardien des plus nombreuses et plus précieuses pièces sauvées de l'incendie du 15 avril. 

Des expositions et des projets existent de toutes parts. Le diocèse lui-même voudrait en faire une en 2020 et l'annonce comme telle. Le Louvre, de son côté, a mis cela dans son calendrier, pour l'automne 2023. 

Jusqu'ici, seules ses expositions parcellaires on eu lieu, au ministère de la Culture, ou à la Cité de l'architecture à Paris. 

Actuellement, c'est à Saint-Germain l'Auxerrois, que l'on peut voir la Vierge du Pilier, miraculeusement épargnée par les effondrements de la charpente, ainsi qu'un vendredi par mois, la couronne d'épines, joyau le plus précieux du Trésor de Notre-Dame.  

Voici donc les plus belles pièces que l'ont peut espérer voir de Notre-Dame. 

La vierge du Pilier, féminine et couronnée

La vierge du pilier
La vierge du pilier © AFP / P DELISS / GODONG / LEEMAGE

Saint-Germain l'Auxerrois étant la cathédrale de substitution désormais, peut-on lui enlever sa vierge du Pilier, qui est vraiment le symbole de Notre-Dame, pour faire une exposition ? La réponse est oui, car il existe une copie de cette statue du XIVe siècle, dans un style gothique abouti. Elle a déjà servi d'ailleurs pour le petit sanctuaire qui avait été installé quelques semaines près de cathédrale, pour permettre aux fidèles de se recueillir. 

Pour Frédéric Ferlicot, guide bénévole de la cathédrale, cette statue de pierre est remarquable. "C'est une Vierge dont on devine les formes, elle est très féminine, et couronnée. S_on visage exprime la joie et la gravité. Elle porte les inquiétudes d'une époque, marquée par la Guerre de Cent ans et la Grande Peste". U_n temps installée sur la façade de Notre-Dame, elle a ensuite été posée près d'un pilier au cœur de l'édifice. 

C'est auprès d'elle que l'écrivain Paul Claudel se convertit le jour de Noël en 1886 : "J’étais debout, près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie. Les enfants de la maîtrise étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. En un instant mon cœur fut touché et je crus" écrira-t-il pour évoquer cet instant. 

Le trésor de Notre-Dame, avec sa couronne d'épines et la tunique de Saint-Louis

Les reliquaires de la couronne d'épines et du clou
Les reliquaires de la couronne d'épines et du clou / CC BY-SA 3.0

Le trésor contient quelques 2 500 pièces. Exposé dans une salle dédiée de la cathédrale en temps normal, il est désormais sous la garde du Louvre en grande partie. On y trouve les reliques de la crucifixion de Jésus, ramenées par le roi Saint Louis en 1239. Saint Louis a fait construire la Sainte-Chapelle pour abriter ces reliques, avant de les amener, lui-même, pieds nus, à Notre-Dame. La tunique qu'il portait est désormais conservée dans cet ensemble. La couronne d’épines, supposée avoir ceint la tête de Jésus au moment de sa crucifixion est un cercle de jonc retenu par un fil d’or, enfermé dans un tube de cristal orné d’une pièce d’orfèvrerie représentant les branches d’un arbuste que l’on trouve en Palestine. Cette couronne est présentée à Saint Germain l’Auxerrois tous les premiers vendredi du mois. Le trésor présente aussi un fragment de bois et un clou de la croix de Jésus. Le morceau de croix  mesure 24 cm et le clous 9 cm , ils sont présentés dans des écrins de cristal. 

Détail de la couronne d'épine enfermée dans son tube de cristal
Détail de la couronne d'épine enfermée dans son tube de cristal / Capture notredamedeparis.fr

Le trésor s'est enrichi au fil du temps de présents offerts à la cathédrale. D'autres reliques de saints, d'ostensoir, objets de rituel ou pièces précieuses. 

Le reliquaire de Sainte-Geneviève, première mère de Paris

Sainte-Geneviève est la patronne de Paris. C'est une figure centrale, avec Saint-Etienne, de l'histoire religieuse de Paris. Probablement née en 420 et morte en 512, elle est le symbole de la résistance des Parisiens face aux Huns. Elle a contribué au baptême de Clovis. 2020 sera la 1 600e anniversaire de sa mort, et cela donnera lieu forcément à célébration

Le tapis de chœur

Détail du tapis de choeur
Détail du tapis de choeur / notredamedeparis.fr

Le tapis de chœur est un monument historique. Installé dans la nef de la cathédrale, il est au bons soins du Mobilier National, pour restauration. Il reste encore une année de travail pour le réparer. Il était sorti des ateliers de la manufacture des Gobelins en 1833 et était destiné à recevoir les visite royale à la cathédrale. Il est composé de deux parties, ornées différemment, et il est long de 25 mètres et large de plus de 7 mètres. 

Les tableaux représentant la vie des apôtres

La Lapidation de saint Étienne par Charles Le Brun (1651)
La Lapidation de saint Étienne par Charles Le Brun (1651) / Domaine public

Le parcours du visiteur dans la cathédrale est jalonné de tableaux, pour la plupart du XVIIe siècle. Ils représentent la vie des apôtres et certains sont en cours de restauration. La lapidation de Saint-Étienne de Lebrun a un programme de restauration, décidé avant l’incendie. 

Toutes les œuvres de Notre-Dame sur une carte interactive ici.

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