Comme tous les premiers samedi d’octobre, Paris ouvre ses rues à l’art contemporain pour Nuit Blanche. Petite sélection d’installations qui s’annoncent incontournables.

Un dispositif lumineux accompagnera le bal électro sur le pont des invalides (Romain Tardy, OX, 2015)
Un dispositif lumineux accompagnera le bal électro sur le pont des invalides (Romain Tardy, OX, 2015) © Andréa Aubert. Courtesy de l'artiste et The Absolute Company Creation

La thématique de Nuit Blanche, pour sa 15e édition ce samedi soir, se veut universelle : l’amour. Conçu cette année par le président du Palais de Tokyo, Jean de Loisy, la manifestation parisienne dédiée à l’art contemporain suit le parcours d’un personnage de roman du XVe siècle, Poliphile, dans ses aventures amoureuses à la recherche de sa bien-aimée, Polia.

Autour de ce thème, une quarantaine d’installations, de performances ou de projections sont disposées tout le long de la Seine, de la Gare de Lyon jusqu’à l’Île Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux. Sans compter les dizaines d’oeuvres présentées en “off”, par les galeries et les institutions culturelles de Paris. Pour vous aider à faire votre choix, Franceinter.fr a repéré dix installations qui s’annoncent spectaculaires.

Abraham Poincheval perché sur les hauteurs de la gare de Lyon

L’artiste Abraham Poincheval est connu pour ses oeuvres performatives pour lesquelles il choisit de passer plusieurs jours dans des conditions étonnantes. Après avoir séjourné dans un trou ou dans le corps d’un ours empaillé, pour Nuit Blanche il a choisi de passer cinq jours au sommet d’un mât de 20 mètres, hissé juste à côté de l’horloge de la Gare de Lyon.

Abraham Poincheval s'est installé au sommet de ce mât de 20 mètres lundi
Abraham Poincheval s'est installé au sommet de ce mât de 20 mètres lundi © Radio France / Thomas Padilla

Une référence aux stylites, des ermites qui s'installaient au sommet des colonnes grecques pendant l’Antiquité, pour s’isoler en plein milieu de la Cité. “On a une sorte d’ivresse de la ville”, a-t-il confié du haut de son mât à Isabel Pasquier pour France Inter.

Les parades de Fabrice Hyber et Philippe Quesne

Cette année, deux parades vont suivre le cours de la Seine, l’une sur l’eau, l’autre sur terre. Sur le fleuve, une trentaine de bateaux vont naviguer entre l’Hôtel de Ville et l’Île aux Cygnes. Un ballet aquatique orchestré par l’artiste Fabrice Hyber, qui a imaginé chaque embarcation comme un hommage à un sport, sur lequel les passagers agiteront de grands drapeaux blancs.

Sur la terre ferme, la parade imaginée par Philippe Quesne sera peuplée de… taupes ! Un char investi par des performeurs déguisés en taupes roulera entre l’Hôtel de Ville et les Invalides, s’arrêtant à plusieurs reprises pour accueillir de nouveaux étranges invités.

Pierre Delavie retourne la Conciergerie

Pierre Delavie est connu pour ses interventions gigantesques sur des bâtiments publics, qu’il transforme pour perturber l’oeil du spectateur. Cette fois, son trompe-l’oeil géant (qu’il préfère appeler “mensonge urbain”) sera installé sur la façade de la Conciergerie… et donnera l’impression d’un bâtiment sens dessus-dessous.

Pierre Delavie, L'amour déborde, Conciergerie, Paris. Simulation du projet, Nuit Blanche 2016.
Pierre Delavie, L'amour déborde, Conciergerie, Paris. Simulation du projet, Nuit Blanche 2016. © Courtesy de l'artiste

Vortex sur la Seine avec Anish Kapoor

“Descension” est un tourbillon sans fin, sorti de l’imagination de l’artiste britannique Anish Kapoor, star mondiale de l’art contemporain. Un trou noir à la fois fascinant et inquiétant qui s’est installé à Versailles l’an dernier, et aspirera les eaux de la Seine samedi soir, au bout de l’Île de la Cité.

Anish Kapoor, Descension, simulation du projet Nuit Blanche, 2016.
Anish Kapoor, Descension, simulation du projet Nuit Blanche, 2016. © Courtesy de l'artiste

Le Crazy Horse se déplace au Petit Palais

Aux artistes contemporains s’associe cette année le célèbre cabaret parisien. Dans les jardins du Petit Palais, qui fait face au Grand Palais. Les danseuses du Crazy Horse participent à une performance dans laquelle elles incarnent les nymphes rencontrées par Poliphile dans son périple. Une expérience au plus près des spectateurs.

Bal électro futuriste sur le pont des Invalides

Les amateurs d’art qui sont aussi fêtards vont apprécier cette initiative de l’agence We Love Art (à qui l’on doit le festival We Love Green) : un bal électro en plein air, sur le pont des Invalides. A partir de 23h, plusieurs DJ vont se relayer sur un podium futuriste habillé par les néons de Romain Tardy, qui a créé une installation lumineuse interactive, “OX”.

Estelle Delesalle brise et répare les coeurs

Sur trois points du parcours, les visiteurs pourront participer à une expérience poétique proposée par l’artiste Estelle Delesalle. Quatre bûcherons se relaieront pour fabriquer des petits coeurs en bois à distribuer aux passants au niveau du pont d’Arcole (qui relie la rive droite à l’île de la Cité)... avant des les briser, casser à la hache, détruire. Et plus loin, au niveau de la passerelle Debilly dans le 16e arrondissement, ceux qui ont un coeur brisé pourront aller le faire réparer, au sens propre comme au figuré.

Estelle Delesalle et Jean-Marc Ferrari, "De Amore - 2, l'Ermitage des consolations, 2016"
Estelle Delesalle et Jean-Marc Ferrari, "De Amore - 2, l'Ermitage des consolations, 2016" © Courtesy des artistes

Alain Fleischer, le vent dans les cheveux

C’est une installation fascinante que promet le cinéaste et vidéaste Alain Fleischer pour cette Nuit Blanche : sous les arches du célèbre pont de Bir-Hakeim, un immense ventilateur en marche affichera l’image projetée d’une femme dont les cheveux sont agités par le vent… Une mystérieuse apparition pour symboliser le vent des passions.

Alain Fleischer, Autant en emporte le vent, 1980
Alain Fleischer, Autant en emporte le vent, 1980 © Alain Fleischer

OFF : Le passage piéton culte d’Abbey Road à Paris !

C’est certainement le passage piéton le plus célèbre du monde : celui d’Abbey Road à Londres, adopté par les Beatles pour la pochette de l’album du même nom. Le duo d’artistes Les Nivaux a utilisé une technique innovante pour le déplacer à Paris : le scanner, comme on le ferait avec une photo. Pendant deux nuits, leur scanner a numérisé le passage piéton de long en large. Et cette réplique photographique grandeur nature, imprimée sur un support adhésif, arrive à Paris, près du Centre Pompidou, pour Nuit Blanche.

OFF : Le premier musée dédié au street art

Il s’appelle Art 42 : le premier musée parisien dédié au Street Art ouvre ses portes au public à l’occasion de cette Nuit Blanche, dans les murs de l’école du numérique 42, fondée par Xavier Niel. Cette initiative privée rassemble quelque 150 artistes, dont des grands noms comme Banksy.

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