À quelques jours des 50 ans des premiers pas de l’Homme sur la Lune, retour sur deux albums d’Hergé, qui anticipaient de seize ans la mission Apollo de Neil Armstrong et de Buzz Aldrin.

Couverture d'"Objectif Lune" et d'"On a marché sur la Lune" d'Hergé
Couverture d'"Objectif Lune" et d'"On a marché sur la Lune" d'Hergé © Casterman

Des cases remarquables avec une magnifique fusée rouge à damiers sur un ciel noir, Tintin, Milou et le Capitaine Haddock en scaphandres orange, les Dupondt avec leurs longs cheveux orange (rechute des cheveux verts de Tintin au Pays de l'or noir)… Ces images des albums de Tintin, Objectif Lune et On a marché sur la Lune, ont marqués plusieurs générations. 

"Sky is the limit"

Après avoir envoyé son reporter sur les six continents, l’espace s’offrait comme un nouveau défi à l’imaginaire d’Hergé. D’autant que, au moment de la Guerre froide, la conquête spatiale est dans toutes les têtes.

Débutées en mars 1950 dans le Journal de Tintin, les aventures qui le mèneront le reporter et ses amis sur la Lune constituaient à l’origine une seule histoire.

Elle voit le jour en deux albums (le 16e  et le et le 17e  de Tintin) : Objectif Lune sort en 1953 et On a marché sur la Lune en 1954. Véritable œuvre de science-fiction, ces tribulations passionnantes emmènent des hommes sur le satellite de la Terre avec un souci de véracité incroyable.

Détail d'un croquis préparatoire d'Hergé à l'album "On a marché sur la lune" dans l'exposition "Hergé, une vie une oeuvre" au Château de Malbrouck
Détail d'un croquis préparatoire d'Hergé à l'album "On a marché sur la lune" dans l'exposition "Hergé, une vie une oeuvre" au Château de Malbrouck © Radio France / AD/FI

Une histoire d’une extraordinaire modernité

Soufflée par Jacques van Melkebeke, un des collaborateurs d’Hergé, l’intrigue a été tricotée par l’auteur de Tintin avec l’appui de deux scientifiques : son ami Bernard Heuvelmans, un zoologue atypique et Alexandre Ananoff, un autodidacte passionné d’aéronautique et auteur de L'Astronautique.

Grace à eux, le souci du détail et du réalisme a été poussé très loin. Les scaphandres sont inspirés de ceux d’aviateurs américains de vols stratosphériques. Une maquette de la fusée a même été réalisée par Arthur Vannoeyen pour aider le dessinateur dans la justesse des plans à l’intérieur.

Si l'on excepte la position inexacte d’Adonis (un astéroïde à quelques millions de kilomètres de la Terre), la forme de la poussière dégagée au décollage (qui devrait prendre une forme plus allongée), et le mode de la propulsion de la fusée (au nucléaire alors qu’elle est « chimique ») tout ce que le créateur de Tintin imagine est juste. Il a même dessiné de l’eau sur la Lune, ce qui a été vérifié depuis.

La rigueur scientifique n’empêche pas l’humour

Pour les images de l’univers spatial, on trouve parmi les influences d’Hergé les dessins de l’illustrateur Chesley Bonestell, mais aussi le film Destination Moon ! d’Irving Pichel, et, c’est moins connu, un film muet de Fritz Lang : La femme sur la Lune

Les Dupondt : 

Dire que nous foulons le sol de la Lune où jamais la main de l’homme n’a mis le pied ! 

Même s’il avait à cœur que le public croit à son histoire, Hergé voulait surtout distraire. L’intrigue des deux albums est finement ficelée. L’atmosphère est assombrie par le suicide de Wolff, mais on rit de voir le capitaine Haddock boire son whisky flottant en boule dans l'air à cause de l’apesanteur, ou quand les Dupondt marchent dans leurs propres pas sur la Lune ! 

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